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[Initiatives] Concours Général Agricole

Pratiques Agro-Écologiques (CGA PAE) : ce qu’il faut retenir pour l’édition 2026.

 

À l’issue d’une pré-sélection territoriale conduite en 2025, 38 agriculteurs, 23 en Prairies et Parcours et 15 en Agroforesterie, sont finalistes du CGA PAE 2026.


Les lauréats nationaux seront dévoilés le 25 février 2026 au Salon International de l’Agriculture.

 

À l’heure où l’agriculture française est confrontée à des défis majeurs tels que le changement climatique, préservation de la biodiversité, renouvellement des générations et souveraineté alimentaire, le Concours Général Agricole – Pratiques Agro-Écologiques (CGA PAE) confirme en 2026 son rôle de révélateur et d’accélérateur de solutions portées par les agriculteurs sur les territoires.

 

L’édition 2026 illustre une transition agricole déjà engagée, en phase avec les attentes sociétales actuelles.

 

Et si les prairies naturelles étaient la solution ?

 

Face au changement climatique, les prairies naturelles apparaissent comme une solution efficace pour renforcer la résilience des systèmes agricoles. Les récents travaux de l’INRAE montrent que la diversité des prairies améliore la résistance aux aléas climatiques, en particulier aux sécheresses, notamment dans les régions les plus chaudes. En diversifiant les espèces végétales et les usages, ces prairies constituent un levier stratégique d’adaptation des exploitations agricoles.

 

Les finalistes 2026 de la catégorie Prairies et Parcours prouvent que des prairies bien gérées sont une réponse clé aux défis climatiques, tout en préservant la biodiversité et la performance des exploitations.

 

Le GAEC des Fontalleries, exploité par Damien et Laëtitia Berthomier (Vienne -Nouvelle-Aquitaine) en est une illustration concrète, où la diversité des prairies, entre zones humides et sommets plus secs, permet d’adapter le pâturage au fil des saisons et de renforcer la résilience du système face aux épisodes de sécheresse liés au changement climatique.

 

À Saint-Plaisir (Allier), l’élevage Krios de Simon Rouault illustre l’adaptation des systèmes herbagers au changement climatique grâce à une parcelle ombragée et pâturée en rotation. Cette gestion assure pâturage estival et foin hivernal, tout en préservant la biodiversité et le bocage.

 

Réduction des phytosanitaires : l’apport décisif des prairies dans les rotations

 

La réduction de l’usage des produits phytosanitaires constitue un autre atout majeur des prairies dans les systèmes de production. Une synthèse du réseau DEPHY confirme que leur intégration dans les rotations permet de diminuer significativement le recours aux traitements, avec une réduction de l’Indice de Fréquence de Traitements pouvant atteindre 37 %. Ces pratiques s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la planification écologique et contribuent à des modèles agricoles plus durables.

 

Les exploitations finalistes traduisent directement ces constats, en plaçant les prairies naturelles au cœur de systèmes de production performants et durables.

 

À l’image de l’exploitation de Denis Billod (Doubs, Bourgogne-Franche-Comté), engagée en MAEC (Mesure agro-environnementale et climatique) PRA1 – Surfaces herbagères et pastorales, où ses prairies naturelles illustrent pleinement ces bénéfices, reposant sur le maintien d’un couvert herbacé riche en plantes indicatrices, sans fertilisation azotée minérale ni recours aux produits phytosanitaires.

 

La SCEA de Beaumer, exploitée par Benoît et Diane Maquigny (Somme, Hauts-de-France), en est une autre illustration, avec une prairie permanente gérée depuis plus de 35 ans sans produits phytosanitaires ni fertilisation, intégrée à un système de polyculture-élevage diversifié favorisant l’équilibre agroécologique et la réduction des intrants.

 


Les haies, une ressource économique et énergétique pour les territoires

 

Au-delà de leurs bénéfices environnementaux, les haies représentent aujourd’hui une opportunité concrète pour les agriculteurs et la transition énergétique des territoires. Bien gérées, elles contribuent au revenu de la ferme grâce à la valorisation du bois qui en est issu.

 

La valorisation du bois de haies permet :

•   de renforcer l’autonomie énergétique des exploitations

•   de contribuer au développement de filières locales et durables de bois énergie.

 

Selon Réseau Haies France, une exploitation valorisant 3,5 km de haies gérés durablement peut générer une marge de 4120€ par an, en combinant autoconsommation (chauffage de bâtiments) et vente à des filières locales bois-énergie.

 

De nombreux finalistes du CGA PAE 2026 ont déjà franchi le pas :

GAEC Prié Fils, Bretagne – Côte d’Armor :  les haies de la ferme fournissent 90 m³ de bois issus de leurs haies alimentent la chaufferie de leur cidrerie, deux maisons et leur magasin de vente.

 

Florian Coutard, Pays de la Loire - Mayenne : Grâce à ses haies, produit du bois pour sa ferme, la vente aux particuliers, et pour SCIC Mayenne Bois Énergie, qui alimente des chaufferies sur le territoire.

GAEC de Velle, Bourgogne-Franche-Comté, Nièvre : grâce au bois de ses haies, Frank Sévinier chauffe sa ferme et deux maisons du hameau grâce au bois de ses haies.

 

Les Haies : des bénéfices chiffrés pour la production et le bien-être animal Et si les prairies

 

Les études se multiplient pour objectiver les effets positifs de l’agroforesterie. Le projet de recherche Resp’haie montre ainsi qu’une parcelle de cultures entourée de haies en bon état peut enregistrer jusqu’à 11 % de rendement supplémentaire par rapport à une parcelle sans haies, grâce à l’effet brise-vent et au rôle des auxiliaires de culture.

 

En élevage, les haies jouent également un rôle clé pour le bien-être animal, en apportant ombrage et protection. Certaines études font état de températures jusqu’à 7°C inférieures lors d’épisodes de fortes chaleurs, un enjeu majeur face à l’intensification des aléas climatiques.

 

L’ensemble des lauréats du CGA expriment l’importance de ces services économiques rendus par les haies, par exemple Etienne Debardot, qui replante des haies pour créer de l’ombre, bénéfique pour le bien-être animal de ses brebis.

 

 

 

Une dynamique collective pour la transition agroécologique

 

Ce concours est le fruit de la collaboration de deux structures co-organisatrices majeures :

 

• Chambres d’agriculture France qui représente les 100 Chambres d’agriculture et accompagne les agriculteurs et les territoires dans leurs projets, en favorisant la performance économique, sociale et environnementale des exploitations, le développement de l’entrepreneuriat agricole et le développement durable des territoires ruraux, tout en représentant la profession auprès des pouvoirs publics.

 

• Réseau Haies France, association reconnue d’utilité publique, dont la mission est de promouvoir, accompagner et mettre en œuvre des politiques globales de développement de l’arbre hors-forêt. Le Réseau Haies est constitué d’une association nationale tête de réseau, de neuf réseaux régionaux et de plus de 460 organisations membres.

 

Un comité d’orientation (COR), regroupant des experts du monde agricole, des ministères concernés, ainsi que des organisations environnementales, assure la bonne conduite et le suivi du concours.

Ce comité comprend des partenaires tels que l’INRAE, l’Office Français de la Biodiversité (OFB), Scopela, ComeXposium ou l’Institut national de l'origine et de la qualité (INAO).

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