« Regards sur un entrepreneuriat d’utilité économique, sociale, territoriale et environnementale. »
Guidé par la volonté de
comprendre en quoi l’entrepreneuriat peut être aujourd’hui un levier concret de
transformation de notre société, l’Observatoire de l’Utilité d’Entreprendre
consiste en :
- Un
baromètre établi avec l’institut OpinionWay, dédié à confronter les
perceptions d'un panel de
1 000 Français, 500 Entrepreneurs et une centaine d'associations, autour du rôle de l'entrepreneuriat dans notre société. - Une enquête qualitative menée par la Fondation Entreprendre et OpinionWay auprès de 25 acteurs associatifs de l'accompagnement entrepreneurial.
Cette première édition,
qui a nécessité près de 13 mois de travail, a permis à la Fondation
Entreprendre de dresser plusieurs constats, mais également d'identifier de
nouvelles pistes d’intervention pour que l'entrepreneuriat puisse agir
comme un réel levier de transformation positive de notre société, au service de
l’intérêt général.
Le volet barométrique sera édité tous les deux ans et
l'enquête qualitative sera enrichie régulièrement au regard des avancées du
secteur associatif.
Les 10 principaux
enseignements issus de l’Observatoire
- L’entrepreneuriat :
avant tout un moyen de donner du sens à son action.
Si la dimension
économique de l’entreprise occupe une place prépondérante dans les
considérations des entrepreneurs, ils sont 89% à faire de la quête de sens le
moteur principal de leur démarche. Une dimension partagée par l’opinion
publique qui voit à 96% l’entrepreneuriat comme un moyen de trouver et de
donner du sens à son travail. Dans cette même logique, 91% des porteurs de
projet considèrent qu’entreprendre leur permet d’aligner valeurs personnelles
et travail.
- La
création d’entreprise est plus accessible qu’on ne le croit.
Là réside une
divergence de point de vue entre les entrepreneurs et le grand public :
55% des citoyens surestiment la difficulté d’entreprendre et jugent
l’entrepreneuriat difficile d’accès, contre seulement 27% des entrepreneurs.
Une preuve de la persistance du stéréotype de « l’entrepreneur élite »,
et de la nécessité de « démystifier » et de montrer qu’il est, contrairement
aux idées reçues, à la portée d’une grande diversité de profils.
- L’entrepreneuriat :
une aventure collective plutôt qu’individuelle.
La création
d’entreprise est avant tout considérée comme une aventure collective où
l’épanouissement des individus en central : 75% des jeunes entreprises
interrogées mettent en place des politiques RH axées sur le bien-être au
travail, le développement des compétences et l’égalité salariale. Les
entrepreneurs souhaitent également impliquer davantage leurs collaborateurs
dans les décisions, avec des employés consultés dans 57% des cas. Pour autant,
la gouvernance de l’entreprise demeure centralisée : 2 entreprises sur 5
seulement partagent le pouvoir décisionnel avec leurs salariés.
- La
force de l’ancrage et de la coopération territoriale.
En écho à une volonté
soutenue par l’opinion publique (à hauteur de 89%), les porteurs de projets
sont de plus en plus impliqués dans leurs territoires : 71% d’entre eux
s’estiment assez ou très ancrés localement. Un ancrage qui se traduit de
plusieurs manières : la création d’emploi (pour 86% des entrepreneurs),
ainsi que le recours à des fournisseurs locaux (84% des entreprises interrogées
y font appel). L’entrepreneuriat s’avère être un catalyseur de coopération sur
le territoire, et contribue par-là même à sa (re)vitalisation.
- L’engagement
social et environnemental des entrepreneurs est en hausse.
Les porteurs de projet
estiment d’ores et déjà répondre positivement aux enjeux sociaux, sociétaux,
environnementaux et économiques : 76% des répondants considèrent que leur
entreprise a impact social positif modéré à significatif, 69% un impact positif
sociétal, 66% un impact positif économique, 51% un impact positif
environnemental. À noter, ce dernier aspect constitue une préoccupation
grandissante chez les entrepreneurs puisque 68% d’entre eux pensent que
l’entrepreneuriat devrait jouer un rôle important ou essentiel pour résoudre
les enjeux de la transition écologique (34% se fixent des objectifs concrets
pour y parvenir). Du côté de l’opinion publique, les jeunes (18–24 ans) sont
les plus exigeants : 59% pour d’entre eux souhaitent que l’activité même de
l’entreprise soit axée sur un enjeu social ou environnemental.
- De
nouvelles formes d’entrepreneuriat se développent.
Pour l’opinion publique
comme pour les entrepreneurs, « l’entreprise » demeure la structure
entrepreneuriale de référence. À ceci près que la forme de l’entreprise connaît
une évolution profonde, tout particulièrement chez les entrepreneurs de moins
de 30 ans. Ils sont de plus en plus nombreux à adopter ou vouloir adopter de
nouveaux modèles socio-économiques (social et solidaire pour 63% ;
collaboratif pour 62% ; circulaire pour 55% ; régénératif pour 52%)
ou bien à opter pour des modèles d’entreprises engagées (l’entreprise à mission
pour 59% ; B-Corp pour 44%). Des chiffres qui illustrent le volontarisme
des entrepreneurs à renforcer l’utilité sociale et environnementale de leur
projet.
- Le
secteur associatif joue un rôle unique dans la création d’entreprise.
Les conclusions
quantitatives et qualitatives illustrent la place majeure occupée par les
réseaux d’accompagnement associatif dans le processus de création d’entreprise.
Tout d’abord parce que les associations sont les partenaires de proximité des
entrepreneurs par leur ancrage local, mais également en ce qu’elles sont en
capacité d’accompagner des publics fragiles, de favoriser l’accessibilité de
l’entrepreneuriat et d’intégrer les 4 dimensions de la création d’entreprise.
- Pour
être utile, l’entrepreneuriat doit respecter 4 impératifs.
Les résultats de
l'enquête terrain montrent que, pour constituer un levier de transformation
positive de notre société et de notre planète, l’entrepreneuriat doit intégrer
4 dimensions à part égale. La première consiste en la « posture » de
l’entrepreneur et sa capacité à vouloir faire ensemble, un critère
indispensable. La deuxième concerne « l’intention » de
l’entrepreneur, soit la démarche qui transforme une envie en un objectif
concret et un projet viable. Le « projet », dans un troisième temps,
qui se doit d’être incarné et pensé dans la longévité. Finalement, la « coopération »
est la source même de l’entrepreneuriat : un entrepreneur n’est pas seul
et n’a jamais vocation à l’être.
- L’entrepreneuriat
est source d’effets positifs massifs.
Au-delà de
considérations strictement macroéconomiques l’entrepreneuriat se distingue par
sa capacité à créer de la valeur socio-économique (l’ADIE estime que 1€ investi
dans une entreprise permet une création de valeur de 4,94€) ; à favoriser
le retour à l’emploi durable ; et à contribuer à la vitalité et
l’attractivité des territoires. Le processus de création entrepreneuriale est
également vertueux en ce qu’il favorise l’insertion professionnelle, augmente
la pérennité des entreprises et renforce les compétences techniques ainsi que
relationnelles des porteurs de projets.
- L’entrepreneuriat :
un levier au fort potentiel … mais qui nécessite un meilleur déploiement.
L'Observatoire
identifie plusieurs freins à la démocratisation de l’entrepreneuriat : une
culture entrepreneuriale limitante ; un manque de reconnaissance et des
financements moindres pour les acteurs associatifs de l’accompagnement ;
un entrepreneuriat parfois trop cloisonné et trop centralisé dans le
fonctionnement des pouvoirs publics ; une offre d’accompagnement qui ne
rencontre pas toujours son public et un manque d’ingénierie.
Thibault de Saint Simon, Directeur Général de la Fondation Entreprendre, conclut : « L’Observatoire de l’utilité d’entreprendre a pour objectif d’explorer ce que représente l’entrepreneuriat en France aujourd’hui : ses perceptions, ses motivations, ses impacts. Il met également en lumière le travail de terrain des structures associatives, qui aux côtés des porteurs de projets, activent tout le potentiel de l’utilité d’entreprendre. Elles renforcent la dimension collective de l’entrepreneuriat, de son impact économique, social et environnemental. Grâce à cet Observatoire, nous souhaitons démontrer de façon objective et pragmatique que l’entrepreneuriat est un réel levier de transformation positive de notre société et de notre pays. Un levier qui rassemble économie et intérêt général, entreprise et citoyens. »


