Connexion
/ Inscription
Mon espace

L’Italie affole les marchés ; La BCE devra bientôt monter au créneau

ER - Analyses de marchés
ABONNÉS
Par Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France

Le sort de la Grèce à peine réglé, les marchés mettent maintenant la pression sur l’Italie. Le taux des emprunts d’Etat italiens à 10 ans est passé au-dessus de la barre fatidique des 7%, tandis que l’écart avec l’emprunt allemand de même maturité dépasse 570 points de base. Or, selon des données compilées par Bloomberg, les pays qui ont dû se résoudre à un plan de sauvetage ont vu leur taux se tendre progressivement jusqu’à 6,5% puis en moyenne passer les 7% après une moyenne de 16 jours. Pour l’Italie, cela a été encore plus rapide puisque les taux italiens sont passés de 6.6% lundi à plus de 7.5% mercredi 10 novembre. Avec 1600 milliards d’euros de dette, la dette italienne surpasse celle de l’Espagne du Portugal et de l’Irlande cumulées. C’est ce qui met le feu aux poudres aujourd’hui et entraîne la chute des indices partout en Europe.

Le signal est clair : l’Italie, désormais dans la zone rouge, suit le même chemin emprunté par la Grèce, le Portugal ou l’Irlande quelques jours avant d’être contrainte à demander l’aide internationale. D’autant que le pays doit encore refinancer 37 milliards d’euros jusqu’à la fin de l’année et 307 milliards d’euros en 2012. Avec un coût moyen à 4.15% de sa dette actuelle, les seuls intérêts se montent déjà à 12.7 milliards. Avec un taux à 7%, la charge de la dette s’alourdit de 8.7 milliards.

Seule la BCE est en mesure de contenir l’incendie. Elle est déjà passée à l’action cet été, en rachetant des titres de dette souveraine à une cadence de 7 milliards par semaine. Mais face à une telle défiance des investisseurs, Mario Draghi devra sans doute hausser le ton et montrer plus de détermination à racheter agressivement de la dette italienne.

Ce sera le premier pas vers une monétisation de la dette européenne, situation jusqu’ici toujours refusée catégoriquement par JC Trichet et par l’Allemagne.

Le mécanisme du FESF n’ayant pas convaincu les marchés – il n’a péniblement levé que 3 milliards face à des investisseurs étrangers réticents- la BCE devra tôt ou tard se résoudre à assumer son rôle de prêteur en dernier ressort. La réalité est que la Banque centrale européenne est en fait le seul prêteur capable d’assumer la dette européenne, maintenant que les pays cœur, aujourd’hui l’Italie, demain la France, sont attaqués. Le plus tôt sera le mieux.

Lire la suite...


Articles en relation

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Annonces présidentielles : quelles conséquences fiscales et budgétaires ?

Suite à l'intervention télévisée du Président de la République le 10 décembre dernier en réponse aux protestations du mouvement des gilets jaunes, Eric Pichet, Professeur et Directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier (IMPI) à KEDGE, analyse les conséquences fiscales et budgétaires de ces annonces. « Les mesures de soutien au pouvoir d'achat des actifs dès le 1er janvier 2019 s'inscrivent dans la droite ligne du projet présidentiel pour faire en sorte que le travail paie sans...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les marchés face à une liquidité réduite et à une volatilité augmentée La direction des marchés ne correspond pas toujours à celle qu'attendent les investisseurs. Avec l'accalmie sur le front de la guerre commerciale sino-américaine, un mieux semblait se dessiner, mais l'arrestation de la directrice financière de Huawei a jeté le trouble. Le groupe chinois serait soupçonné d'avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran… Des actifs pestiférés « Deux préoccupations majeures se sont...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Les conséquences du Brexit pour le secteur financier français et européen

Extrait du discours de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France et Président de l'ACPR. Mesdames et Messieurs, … Je salue l'accord qui a été trouvé la semaine dernière entre les négociateurs européens et britanniques et nous espérons tous que celui-ci franchira les prochaines étapes jusqu'à sa finalisation. Mais dans un contexte encore incertain, la prudence s'impose : même si nous ne la souhaitons pas, nous devons aussi nous préparer à faire face à une situation...

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
[Les entretiens d'Esteval] Bruno Colmant, Degroof Petercam

« Nous devons retrouver une économie solidaire et basée sur l'intérêt général » Débats télévisés, émissions de radio, couvertures de presse : le livre de dialogue entre Bruno Colmant, chef économiste de Degroot Petercam, et le prêtre Eric de Beukelaer, ancien proche collaborateur du cardinal Lustiger à Rome, fait un carton en Belgique (1). Il est vrai que leur conversation aborde des sujets qui nous concernent tous, au croisement de la morale et de l'économie. « Le capitalisme anglo-saxon...