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Questions de gestion
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[Question de Gestion] Faire face aux défis macroéconomiques par la gestion obligataire Value

Par Matthieu Bailly, Directeur Général Délégué, Gérant chez Octo AM  

Remontée des taux, inflation durable, tensions géopolitiques à l’origine de nombreuses incertitudes : ces facteurs continuent de paralyser les investisseurs. Un environnement perturbé dans lequel il est difficile de s’orienter entre les différentes classes d’actifs et stratégies de gestion. Moins connue que sa contrepartie action, la gestion Value obligataire présente à cet égard des atouts forts pour tirer son épingle du jeu.

Le contexte macroéconomique fait la pluie et le beau temps

Sous l’effet conjugué des tensions économiques de sortie de crise sanitaire et des pressions autour du conflit russo-ukrainien, l’inflation globale a été propulsée à des sommets inédits depuis les années 1970. Le risque de stagflation et les perspectives de fort ralentissement de la conjoncture mettent les entreprises à rude épreuve. Pour autant, même dans un contexte aussi dégradé, certaines entreprises sont en mesure de performer. L’exemple de la société moldave Argavi/Transoil, spécialisée dans la transformation de grains et oléagineux, est éloquent. Si dès le déclenchement de la guerre en Ukraine les obligations de l’émetteur se sont fortement décotées en raison de la proximité géographique et des liens économiques de l’entreprise avec la zone de conflit, le groupe n’en a pas moins affiché de très bons résultats opérationnels, soutenus par une position de leader régional d’autant plus incontestée que les grands groupes de négoce internationaux sont historiquement absents de cette région. Ses résultats préliminaires publiés fin juillet au titre de l'exercice clos au 30 juin 2022 affichent ainsi une progression de 96.5% de ses revenus consolidés en glissement annuel.

Un exemple particulier qui permet déjà d’entrevoir l’intérêt d’une gestion obligataire Value à l’heure où le marché obligataire, dans chacun de ses segments (et particulièrement le segment émergent) a pâti de la dérive négative des perspectives géopolitiques, macroéconomiques et sanitaires, et alors que le recours aux obligations indexées inflation est inopérant.

La gestion obligataire Value : une approche décorrélée de ces risques

Par sa définition même, la gestion obligataire Value s’appuie sur l’analyse crédit avec pour objectif la recherche de primes de rendements injustifiées sur un plan fondamental. Elle repose sur une sélection de titre à fort alpha, structurée autour de scénarios idiosyncrasiques, non corrélés entre eux. Un process qui permet d’éviter l’écueil d’une exposition prononcée non seulement aux mouvements macroéconomiques, mais à des problématiques géopolitiques, sanitaires et autres qui dépassent de très loin le cadre financier sur lequel une gestion peut avoir prise. Contrairement aux principes qui prévalent à la constitution des benchmarks, les actifs retenus ne sont jugés qu’à l’aulne de leur prime de rendement, et non pas de critères de taille globale/d’endettement de leur émetteur. Une approche qui, en d’autres termes, permet tout à la fois aux portefeuilles de réduire assez considérablement leur sensibilité aux taux et d’afficher un portage supérieur au marché dans son ensemble.

Sans compter qu’elle permet d’aborder avec davantage de sérénité les perturbations macroéconomiques à l’horizon, l’analyse crédit fondamentale restant la meilleure manière d’évaluer la résilience d’un portefeuille dans chacune de ses composantes aux risques inflationnistes et de récession. Elle seule permet en effet de mettre à jour la diversité des réalités entrepreneuriales qui permettent à certains corporates de résister face à l’adversité – entre exposition à des secteurs particuliers, tels le pétrole au S1-22 et pricing power établi… La compagnie pétrolière Tullow Oil a ainsi bénéficié d’un refinancement de son bilan et poursuit une trajectoire ambitieuse de désendettement. Une situation de crédit qui devrait bénéficier de puissants leviers de croissance en termes de développement commercial au Ghana, Kenya et Guyana. Des fondamentaux qui rassurent, doublés d’une prime en hausse de 9,75%. Picard et Douglas sont pour leur part de bons exemples de pricing power, et de son effet renforçant sur cette période.

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