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La Française passe à la vitesse supérieure

ER - Acteurs du secteur financier
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Xavier Lépine, président du directoire de La Française, et Patrick Rivière, directeur général de la maison, sont sereins : la crise semble leur apporter davantage d’opportunités que de difficultés ! En 2012, ont-ils précisé lors de la conférence de presse du 23 avril sur leur stratégie corporate (à laquelle, fait rare, une vingtaine de journalistes se sont rendus), la collecte, qui a porté sur plus de 1,6 milliard d’euros, s’est distribuée en parts à peu près égales entre les valeurs mobilières et l’immobilier. Au premier trimestre 2013, la collecte avoisine 300 millions d’euros, émanant entièrement de l’international (un peu plus de 500 millions d’euros l’an dernier hors de l’Hexagone).

Plateforme sélective

« Nous n’avons pas de réseau implanté à tous les coins de rue, a indiqué Xavier Lépine. Nous devons donc nous différencier, par les services que nous proposons et une typologie de produits, créés en interne ou en partenariat, assortis d’une valeur ajoutée qui ne soit pas la même que celle de nos concurrents. » La gestion privée avec Cholet Dupont, le private equity avec Siparex, le property management avec Nexity ou les actions asiatiques (hors Japon), puis le fixed income, avec JKCapital Management, par exemple, montrent que le groupe sait aller de l’avant en se diversifiant.

UFG Courtage et Cholet Dupont Partenaires vont se rapprocher, donnant naissance à CD Partenaires, ensemble qui présentera une offre globale en architecture ouverte dédiée aux indépendants du patrimoine, avec, toutefois, un nombre limité de fournisseurs. « La plateforme ne sera pas ouverte à tous les vents », a souligné Patrick Rivière. Autre projet : la création de Next Advisor, pour accompagner des acteurs de la distribution indépendants, français ou étrangers.

 

Troisième pilier

Les dirigeants de La Française veillent aussi à ce que de bonnes performances soient délivrées : « Vous pouvez avoir les meilleurs vendeurs et le meilleur marketing, mais,  font-ils observer, si vous n’avez pas les performances, cela ne marche pas ! »

En dehors de l’état lieu classique, le temps fort a été la présentation d’un nouveau métier,dans le cadre de La Française Global Investment Solutions (LFGIS), troisième pilier du groupe (qu’il détient à 65 %), qui emploie déjà vingt-cinq personnes. « Nous allons, expliquent ses responsables, fabriquer des solutions sur-mesure adaptées aux différents contextes de marché, avec un intégration des cadres réglementaires et comptables, par le biais d’expertises à la lisière de l’asset management et de la banque de financement et d’investissement [BFI]. »

Sofiène Haj Taieb, directeur général « Global Investment Solutions », n’a pas de doute sur la capacité de son équipe à procurer (grâce à une connaissance des produits dérivés, des stratégies d’arbitrage et de décorrélation, de la gestion quantitative et du contrôle du risque) un rendement de 4 % à 4,5 % en moyenne par an à de larges clientèles. Une réponse a priori adéquate, innovante, aux contraintes de passif des institutions financières. « Aujourd’hui, précise le professionnel, la gestion traditionnelle ne suffit pas. Il faut chercher des performances absolues, peu volatiles, en s’appuyant sur des stratégies cross asset avec, le cas échéant, une liquidité moindre. » A noter enfin qu’une banque, La Française Bank, a été dernièrement agréée pour la structuration d’Euro Medium Term Notes (EMTN).

 

Quelques rappels

L’UFG a été créée en 1975. En 2009, la société devient actionnaire à 100 % de La Française des Placements. En 2011, UFG-LFP devient La Française AM et, début 2013, le groupe a décidé, en toute simplicité, de s’appeler La Française. En 2008, les encours atteignaient près de 27 milliards d’euros. Quatre ans plus tard, ils s’élèvent à plus de 37 milliards. D’ici à 2015, l’objectif est de franchir la barre des 50 milliards d’euros. Ce qui, les synergies aidant, ne paraît pas irréaliste.

Cette progression maîtrisée s’articulait autour de deux grands axes : valeurs mobilières et immobilier, auxquels il faut ajouter le déploiement international, sous la houlette de Philippe Lecomte. En plus de l’activité d’incubation (NExT AM), fortement renforcée (grâce au rapprochement avec NewAlpha AM, une entité d’OFI AM), il convient désormais de prendre en considération les ambitions du groupe dans la nouvelle activité de solutions d’investissement. Le pôle récemment créé – avec le recrutement de trois spécialistes ayant auparavant exercé leurs talents à la Société Générale – devrait en trois ans contribuer pour près de 40 % à l’augmentation attendue des encours.

La Française – qui entend s’affirmer comme un leader parmi les asset managers multispécialistes – est détenue à 85,8 % par le Crédit Mutuel Nord Europe (CMNE), le solde (14,2 %) étant réparti entre ses salariés et ses dirigeants. Un modèle qui n’a pas d’équivalent en Europe continentale. Et, surtout, qui fonctionne !

 

Michel Lemosof

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