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[Questions de Gestion] 2021 : année de relance, de dettes élevées, de gouvernance économique en mutation

L'économie mondiale va rebondir d'environ 5,4 % l'année prochaine après la plus forte contraction de l'après-guerre d’environ 4 % en 2020, mais la reprise sera inégale dans un contexte de surendettement mondial, selon l'analyse de Scope Ratings.

Le rythme de la reprise sera asymétrique d'un pays à l'autre. La Chine, où le coronavirus a frappé en premier en décembre dernier, sera en tête de la reprise mondiale avec une forte croissance de 9,9% l'année prochaine - représentant plus d'un tiers de la croissance mondiale de 2021, les autres grandes économies mondiales enregistrant des reprises de : 4% aux États-Unis, 5,6% dans la zone euro, 3% au Japon et 6,6% au Royaume-Uni.

« Nous nous attendons à ce que la reprise se renforce d'ici le début du printemps 2021, à mesure que les vaccins seront mis à la disposition des individus à risque, que de meilleures conditions météorologiques ralentiront la transmission du virus et que les gouvernements assoupliront les restrictions sociales et économiques, déclare Giacomo Barisone, responsable des notations souveraines chez Scope. « La normalisation économique complète en 2021 et au-delà restera toutefois vulnérable aux revers, en partie à cause du risque d'une nouvelle vague d'infections dans les pays qui assouplissent trop rapidement les restrictions - comme par exemple avant les vacances de fin d’année ».

Les perspectives mondiales pour 2021 comportent des risques tant à la hausse qu'à la baisse, alors que ne Scope prévoyait qu’un risque à la baisse au début de 2020. « La dette publique mondiale est proche d'un record de 100% du PIB, tandis que les trajectoires de la dette publique ne devraient pas s'inverser de manière significative après la crise dans le cas de nombreux emprunteurs publics, poursuit Giacomo Barisone. « Cela représente une contrainte pour les perspectives de notation souveraine. L'endettement croissant des ménages et des entreprises, en outre, a des implications sur la stabilité financière. Les prêts non performants et les défauts de paiement pourraient augmenter alors que le soutien extraordinaire apporté pour protéger les ménages, les emplois et les entreprises se réduit à mesure que la crise s'atténue l'année prochaine ».

Les banques centrales ont atténué les risques immédiats de liquidité souveraine dans les économies avancées. Grâce à l'action des banques centrales, les taux de financement des gouvernements des pays développés ont baissé par rapport aux niveaux d'avant la crise, malgré un endettement beaucoup plus important. Cependant, toute mesure de normalisation des politiques des banques centrales pourrait entraîner une réévaluation des risques. Dans les économies émergentes, les contraintes de financement sont plus importantes car l'augmentation de la dette a aggravé les crises de change et d'endettement public.

Dix gouvernements souverains notés par Scope sur un portefeuille de 36 pays ont une Perspective Négative, dont le Royaume-Uni et le Japon, tandis que l'Irlande, la Grèce et la Lituanie ont une Perspective Positive. « Les actions de notation en 2021 dépendront de l'impact de la crise et de la vigueur de la reprise ; de l'efficacité des réponses de politique monétaire et budgétaire ; ainsi que des profils de crédit souverain à un niveau de notation donné ».

Les stratégies budgétaires des gouvernements après la crise se concentreront sur le maintien de politiques favorables à la croissance pour assainir les comptes publics, plutôt que d’adopter l'austérité comme ce fut le cas après la crise financière mondiale. « Cela comporte ses propres risques à long terme ». Si une croissance durablement plus élevée ne se matérialise grâce aux dépenses d'investissement au cours des prochaines années, les déficits importants pourraient se traduire par une dynamique d'endettement insoutenable, obligeant les banques centrales à intervenir de manière plus permanente ?

La politique monétaire restera très accommodante. Les révisions des politiques des banques centrales dans le contexte des achats d'actifs et les ambitions de soutenir les transitions vertes pourraient transformer les politiques monétaires mondiales dans les années à venir.

Le dollar reste la monnaie mondiale dominante, l'euro étant toujours loin derrière. Néanmoins, les développements récents - notamment l'élargissement du pool d'actifs sûrs de la zone euro avec l'UE qui émet des dettes pour financer la relance - pourraient renforcer le rôle de devise de réserve internationale de l'euro et contester la domination du dollar à long terme, avec des implications positives en matière de notation pour les émetteurs souverains de la zone euro au fil du temps. Les émissions de l'UE pour financer le Plan de relance pour l’Europe ainsi que les achats d'actifs de la BCE marquent une transition fondamentale dans les cadres budgétaires et monétaires de l'UE vers une union budgétaire et monétaire implicite plus étroite. Il s'agit de développements positifs même si le l'architecture future de l'UE après la crise reste floue.

« Nous attendons également des gouvernements, des régulateurs et des investisseurs qu'ils accordent une attention croissante à l'interaction entre le crédit et les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance, en partie en raison des perturbations causées par Covid-19 », conclut Giacomo Barisone. La méthodologie de notation souveraine de Scope tient désormais compte explicitement des risques de crédit environnementaux via trois facteurs : les risques de transition, les risques de catastrophes naturelles et la richesse écologique.

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