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[Questions de gestion] Une reprise en U ?

La société de gestion Columbia Threadneedle s'attend à une reprise de l'activité économique mondiale en U qui ne se matérialisera pas avant la fin 2020 au plus tôt.

L’activité devrait reculer fortement au second trimestre (baisse à 2 chiffres), demeurer faible au trimestre suivant, et peut-être rebondir au 4ème trimestre. « Une mise à l’arrêt de l’économie plus durable pourrait prolonger la récession jusqu’en 2022 », écrit Paul Doyle, responsable marché actions d'Europe continentale chez Columbia Threadneedle Investments dans un commentaire récent. « Cette récession est de nature événementielle et ne présente pas de caractère systémique, et bien que le choc initial pourrait s’estomper rapidement, un cercle vicieux risque de s’installer. »

Selon Paul Doyle la reprise sera conditionnée par les avancées médicales qui permettront de ralentir ou d’enrayer la propagation du virus et, partant, la levée progressive des mesures de confinement et le retour à une certaine normalité de la vie économique. « Cela doit se produire rapidement pour que le ralentissement ne se transforme pas en une récession autoalimentée », explique Paul Doyle. « Néanmoins, si le confinement est levé trop hâtivement, les infections pourraient à nouveau s’orienter à la hausse. »

En tout état de cause, selon les experts de Columbia Threadneedle, la crise de Covid-19 aura de multiples conséquences à long terme.

Selon Paul Doyle : « Les perturbations au niveau de la chaîne d’approvisionnement provoquées par les fermetures en Chine renforceront l’opinion selon laquelle le transfert de la production vers les pays à bas coûts est allé trop loin. » A titre d'exemple, 80% des antibiotiques utilisés aux Etats-Unis proviennent de Chine. « Quel que soit le vainqueur de l'élection présidentielle américaine, les pressions politiques et sociales pour inverser le processus de délocalisation seront intenses. »

En Europe, le système Schengen d’ouverture des frontières a été démantelé. « On ne sait pas quand les contrôles qui ont été réinstaurés seront levés, la libre circulation des personnes étant censée être une pierre angulaire de la philosophie communautaire. Les règles de discipline budgétaire du traité de Maastricht ont été mises au placard. »

Columbia Threadneedle considère comme un risque l'augmentation de la dette publique due à d'importantes mesures de soutien fiscal. Les déficits budgétaires au sein de la zone euro atteindront entre 10 et 13% du PIB cette année. Sous l’effet conjugué de la hausse des dépenses et du recul de la production, les ratios dette/PIB vont grimper entre 20 et 40 points de pourcentage. « Cet accroissement pourrait être tolérable pour l'Allemagne dont la dette atteignait 60% de son PIB en 2019 », écrit Paul Doyle. « Mais un niveau d’endettement de 170% ou plus constituerait une menace sérieuse pour l’Italie. »

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