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ER - Analyses de marchés
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[Questions de gestion] La propagation ondulatoire des dommages initiaux est incalculable

 

 Billet mensuel du docteur Leber, fondateur d’ACATIS, société de gestion indépendante allemande.

 

La reprise des marchés boursiers a été presque trop rapide. À un moment où l’évolution épidémiologique de la pandémie est encore incertaine (y aura-t-il une deuxième vague ?) et l’effet économique encore moins clair, les cours devraient être plus pessimistes et inférieurs aux niveaux actuels.

 

Nous pouvons fort bien imaginer à quel point la recherche intensive, mondiale et d’une rapidité époustouflante peut engendrer des nouvelles possibilités de vaccination et de traitement à court terme. Mais nous ne pouvons pas encore estimer clairement le calendrier d’ici là. Et nous savons très peu de choses sur les caractéristiques du virus : pourquoi les courbes d’infection sont-elles similaires dans tant de pays différents, comment l’infection fonctionne-t-elle réellement et quel est l’effet mortel du virus ?

 

Partant de l’épicentre - soit seulement environ 20% de l’activité économique, dans les secteurs des voyages, de la gastronomie et du commerce de détail - les dommages s’étendent avec un certain décalage sur le reste de l’économie. Ces secteurs - voyagistes, compagnies aériennes ou restaurants - sont traditionnellement vulnérables en raison d’un manque de fonds propres. En général, les vides créés par les faillites se comblent assez rapidement.

 

La propagation ondulatoire des dommages initiaux est incalculable. Nous ne savons toujours pas aujourd’hui quels pans de l’économie ne pourront pas se redresser, combien de personnes se retrouveront sans emploi après la période de chômage partiel, quels crédits ne seront pas remboursés, quels biens immobiliers seront saisis et quelle banque se trouvera en difficulté. Quel équipementier automobile fera faillite et qu’arrivera-t-il à leurs fournisseurs et à leurs banques attitrées ? Nous ne savons pas si les gens seront assez confiants pour dépenser généreusement leur argent après l’été, ou s’ils accumuleront craintivement leurs économies. Nous ne savons pas si les compagnies aériennes et les hôtels augmenteront massivement leurs prix ou braderont leurs produits.

 

Nous ne le savons pas. En fait, personne ne le sait. Normalement, les incertitudes quant à l’évolution d’une situation entraînent des baisses de cours. Or, ce n’est pas ce que nous observons pour l’instant. Les cours boursiers restent stables. Des entreprises problématiques affichent des pics de hausses. Nous enregistrons des afflux de fonds, et les temps d’attente d’ouverture de comptes de nos partenaires commerciaux sont de plusieurs semaines. Par conséquent, nos perspectives pour les mois à venir sont plutôt prudentes - trop d’acteurs du marché se montrent trop détendus, voire trop optimistes. Nous nous attendons à de nouvelles baisses de cours au troisième trimestre et espérons une reprise d’ici la fin de l’année.

 

Nous sommes fondamentalement optimistes quant à la reprise de l’économie, parce que nous croyons aux puissants pouvoirs d’auto-guérisson de l’économie de marché et parce que les politiques et les banques centrales font tout ce qu’ils peuvent pour soutenir l’économie. Et nous ne pensons pas que la crise actuelle soit la plus importante depuis 100 ans ; il y a eu des événements et des détresses bien pires. Après la crise, le monde ne sera pas fondamentalement différent de ce qu’il est aujourd’hui. Notre comportement va changer sur certains points, l’économie sera plus concentrée, mais la vie continue.  

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