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[Questions de gestion] « Le temps, c'est de l'argent »

Par Tomas Hildebrandt, Gérant Senior en charge de la gestion institutionnelle d'actifs français chez Evli Fund Management Company.


Une reprise en V

Le marché actions a rapidement rebondi vers la fin du mois d'avril après les creux du 23 mars. L'indice MSCI World a maintenant augmenté de 29% et a comblé plus de la moitié de l'écart qui s'était formé après le pic de février.

Cette forte hausse reflète la baisse du nombre d'infections et de la mortalité liée au coronavirus dans les pays occidentaux ainsi que les efforts déployés pour lever les restrictions de circulation et les effets positifs des mesures de relance. L'espoir de trouver un vaccin a également stimulé positivement les attentes des marchés.

Le marché boursier fait toutefois peu de cas des mauvaises données économiques et de l'effondrement des bénéfices des entreprises. Les économies américaines et de la plupart des pays européens ont plongé d'environ 5% au premier trimestre, et le deuxième trimestre sera probablement encore pire, car la plupart des économies ne rouvriront pas avant mai et même à ce moment-là, cela se fera progressivement.

Les résultats des entreprises s'effondrent en effet. Selon les prévisions du consensus IBES, aux États-Unis, les bénéfices des entreprises du S&P 500 ont chuté de 15% au premier trimestre et on s'attend à ce qu'ils chutent encore de 36% au 2ème trimestre. En Europe, les chiffres correspondants pour les entreprises de l'indice Stoxx 600 sont de 25 et de 40%.

Si et quand le cauchemar du coronavirus prendra fin, les bénéfices pourraient rapidement rebondir de plus de 10%, et la tendance pour les bénéfices de l'année prochaine devrait être à nouveau positive.


L'importance des flux de trésorerie

La performance des flux de trésorerie et l'adéquation de la trésorerie seront des facteurs essentiels pour la pérennité de nombreuses entreprises dans les mois à venir. La crainte d'une augmentation des faillites est justifiée et le risque lié à l'émetteur est valorisé de manière au moins aussi pessimiste sur le marché des obligations corporate que lors de la crise financière.

L'effondrement des prix du pétrole brut en avril a également suscité des craintes quant aux perspectives des entreprises du secteur de l'énergie, en particulier aux États-Unis. Bien que la demande mondiale d'énergie ait considérablement diminué, le pétrole bon marché représente un facteur positif pour tous les pays consommateurs d'énergie, tout comme pour les entreprises et les consommateurs.

Cependant, selon la plupart des perspectives, il est préférable pour les économies d'éviter les faillites, notamment pour des questions d'emploi. Aux États-Unis, le nombre de chômeurs est passé à 30 millions, atteignant presque 15%. Dans le pire des scénarios, ce chiffre pourrait même doubler.

Dans de nombreux pays, divers dispositifs ont été rapidement mis en place pour fournir des financements à court terme aux entreprises afin de gagner du temps. Et des capitaux ont été alloués à des industries considérées comme vitales, telles que l'industrie du transport aérien et de l'énergie.

À long terme, cependant, la volonté des financeurs à maintenir leurs investissements sera cruciale pour les entreprises. Et comme « le temps, c'est de l'argent », les pays du monde entier sont en train de réfléchir à un assouplissement rapide mais contrôlé des restrictions.


Ce rallye peut-il s'inverser ?

Les autorités sanitaires de différents pays ont mis en garde contre une deuxième vague de la pandémie. Comme l'éradication du virus n'est pas considérée comme possible avant la découverte d'un vaccin, les options restantes sont l'immunité collective ou le contrôle strict des infections. Si la stratégie d'immunité collective échoue, elle pourrait entraîner un effondrement des services de santé. Quant aux contrôles et restrictions stricts, ils limitent la croissance et la reprise économiques. Seul le temps nous dira laquelle de ces deux stratégies est la meilleure solution. Certains pays tentent toutefois de trouver un juste milieu.

Les incertitudes et les risques liés au développement de la pandémie vont probablement se poursuivre. Cela maintient la pression sur la poursuite à long terme des mesures de relance et même sur l'adoption de nouvelles mesures si la situation s'aggrave. Les banques centrales ont en effet indiqué qu'elles étaient prêtes à prendre des mesures sans restriction.

Selon nous, il y a 5 facteurs clés liés à l'évolution de cette crise auxquels il faudra prêter une attention particulière :

1) la fin et le contrôle de la pandémie,

2) l'impact des mesures de politique monétaire et fiscale sur l'économie, les entreprises et les consommateurs,

3) la reprise et le développement de l'activité économique en Chine,

4) la volatilité et la liquidité des marchés et

5) l'évolution du sentiment des investisseurs.

 

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