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L’impact économique de la pandémie demeure très délicat à estimer

Par Nicolas Blanc, Responsable de l’allocation chez ELLIPSIS AM

Après la chute de février et mars, la performance des marchés a été spectaculaire en avril. Les actions américaines ont rebondi de près de 13%, deux fois plus que leurs homologues européennes, effaçant quasiment les deux tiers de la perte enregistrée depuis les plus hauts du début d’année. Sur le high yield, le segment européen réalise plus de +6% en Europe, soit la moitié de la perte maximum de cette année, et environ 3% aux US.

Pourtant, les données économiques témoignaient dans le même temps d’un effondrement de l’activité, directement causé par les durées de confinement. En Chine, où il a pesé sur la majeure partie du premier trimestre, la croissance séquentielle - non annualisée - a été de -9,8% au T1. En Europe, où seul le mois de mars a été vraiment touché, la baisse est de 3,8% tandis qu’elle s’élève à « seulement » 1,2% aux US, où la contamination est apparue plus tardivement.

Pour les trimestres à venir, l’impact économique de la pandémie - même dans l’hypothèse où les mesures actuelles réussiraient à la vaincre - demeure très délicat à estimer. Si l’on se restreint aux cinq premières banques commerciales américaines (classées par les « League table »), leurs estimations de la croissance américaine cette année s’étagent de -2,6 à -6,4%. Il va sans dire que cet écart devrait se traduire en performance des actifs avec un multiplicateur élevé. En Europe, les plus pessimistes voient la croissance 2020 de l’ordre de -10%.

L’inconnue tient notamment à la capacité de rebond post-confinement, que pourrait limiter la forte dégradation des finances des ménages et des entreprises ainsi que la diminution de la main d’œuvre en activité. La hausse du chômage, particulièrement aux US, est en effet spectaculaire, avec plus de 30 millions de demandes d’indemnisation en seulement six semaines. Si des mesures de soutien ont probablement significativement amorti le choc pour les ménages et les entreprises, les comportements d’épargne et d’investissement pourraient rester durablement affectés par la crise.

Face à ces risques, les banques centrales ont joué un rôle majeur, qui a permis de contenir l’aversion aux risques et de maintenir les flux de financement bancaire et de marché. Leur engagement a été réaffirmé en avril, avec notamment une série de mesures complémentaires de la Fed, de la BCE et de la BoJ.

Pour conclure sur une note plus optimiste, il est à noter que l’activité chinoise s’est nettement relevée dès que les contraintes sanitaires ont été assouplies. Ainsi, la production industrielle a progressé de 32% en mars, après une baisse historique de 25% le mois précédent. Toutefois, le niveau somme toute modéré des derniers PMI montre que le rattrapage peut facilement s’essouffler, notamment en raison de la baisse synchronisée de la demande extérieure, résultant du caractère global du choc.

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