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Le rebond surprenant des actions américaines  

Ces derniers jours ont vu les marchés actions mondiaux reprendre des couleurs. Mais ce rebond est-il durable ? Le pire de la correction est-il derrière nous ?

Par Florent Delorme, Stratégiste chez M&G Investments

L’hypothèse d’un rattrapage rapide du PIB perdu pendant l’année 2020 paraît optimiste, même avec les plans de soutien annoncés un peu partout dans le monde. Les chiffres cumulés de ces plans de secours sont d’environ 5% du PIB mondial. La plus importante contribution provient des USA avec une stimulation à hauteur de 9,3% du PIB américain soit 2,31% du PIB mondial. En dépit de l’importance de ces stimulations budgétaires, le PIB américain à la fin de 2021 pourrait être de 4% inférieur au niveau qu’il aurait atteint sans l’épidémie Covid-19 selon les économistes de la Deutsche Bank.

Aux USA la violence du choc économique est saisissante. Plus de 22 millions de personnes ont fait une demande d’allocation chômage au cours des quatre dernières semaines, du jamais vu dans l’histoire économique américaine de l’après-guerre. Le rapport de l’emploi du mois de mars, établi sur la base de données datant d’avant le déploiement des mesures de confinement, fait déjà état d’une destruction de plus de 700 000 emplois, dont 450 000 dans les domaines de l’hôtellerie et des loisirs.

Cette situation économique aux USA est-elle cohérente avec la baisse des valorisations depuis le début de l’année (de l’ordre de 13% pour le S&P 500) ? Les reprises avortées des marchés sont courantes dans les périodes de récession économique.

Selon le consensus, les bénéfices du S&P 500 ne seraient amputés que de l’ordre de 3 à 4% au 1er trimestre 2020 (source Morgan Stanley). Au 2ème trimestre, ils ne seraient inférieurs que de 6 à 7% à ceux du 2ème trimestre 2019. La croissance des EPS (Earning Per Share) repartirait dès le 4ème trimestre 2020. C’est sur cette base, et avec l’idée que le rattrapage du PIB perdu sera rapide, que les valorisations reprennent. Or lors de la grande crise financière des années 2007/2008, les prévisions bénéficiaires à 12 mois n’ont cessé de se dégrader pendant 19 mois après leur plus haut jusqu’à atteindre une baisse de 40%, baisse effectivement constatée sur les bénéfices de 2008 par rapport à 2007. La baisse anticipée par le consensus de l’ordre de 10% des bénéfices de 2020 comparés à ceux de 2019 peut donc surprendre. Pendant la Grande Crise Financière, un recul de 2% du PIB aux USA a provoqué une chute de 40% des bénéfices. Cette fois-ci, comment un recul de près de 6% du PIB américain (scénario du FMI) peut-il ne se solder que par une baisse des EPS de l’ordre de 10% en 2020 ? Et ce alors que les programmes de rachat d’actions sont attendus en baisse ?

Ajoutons que lors des crises de 1990, 2001 et 2008 les P/E du S&P 500 ont chuté jusqu’à atteindre des niveaux respectifs de 10,1 ; 13,8 et 10,2, à comparer au chiffre de 20 actuellement constaté.

Décidemment ce fort rebond du marché des actions américaines est surprenant.

 

 

 

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