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Les dividendes mondiaux face au Covid-19

Analyse de Jane Shoemake, Directeur des Investissement de l'équipe Global Equity Income Team chez Janus Henderson.

La pandémie du virus Covid-19 est une crise humanitaire face à laquelle les gouvernements du monde entier s’efforcent tant bien que mal de ralentir la propagation. Cela a entraîné un choc de l’offre et de la demande dans l'économie mondiale, dont les conséquences pour la croissance du PIB et pour les bénéfices et les dividendes des entreprises seront considérables. Les mesures de confinement mises en place par les gouvernements du monde entier ont fortement frappé les secteurs des loisirs, du tourisme, du transport aérien, de la distribution et de la construction. Les entreprises de toutes tailles ont dû s’adapter à la hâte à un environnement évoluant rapidement et à une perte brutale de chiffre d’affaires.

Compte tenu des pressions exercées sur les chiffres d'affaires, les flux de trésorerie et les bénéfices, un certain nombre d’entreprises ont déjà annoncé qu’elles gèleraient les versements de leur dividende cette année, et d’autres devraient emprunter la même voie. Un grand nombre de réductions de dividende ont été observées au Royaume-Uni et en Europe hors Royaume-Uni, deux des régions du monde ayant le plus fort rendement du dividende, tandis que les régions ayant un rendement moins important, telles que les États-Unis, le Japon et l'Asie, sont jusqu’à présent relativement peu impactées. Les États-Unis représentent près de 40% de tous les dividendes versés à l’échelle mondiale, c’est pourquoi la prochaine période de publication des résultats aux États-Unis constituera un indicateur majeur des conséquences de la crise sur le cycle trimestriel de versement des dividendes américains. 

Les précédents résultats de l'étude Janus Henderson Global Dividend Index, portant sur les tendances en matière de dividendes à l’échelle mondiale, montrent qu’environ 60% des entreprises mondiales versant des dividendes sont cycliques et que les dividendes payés par ces types d’entreprises seront mis sous pression. Toutefois, près de 40% des entreprises dans le monde sont positionnées dans des secteurs plus défensifs, ayant de ce fait des dividendes qui devraient mieux résister malgré cet environnement difficile. Ces secteurs sont ceux des services aux collectivités, de la consommation de base, des services de communication, de la technologie et de la santé.  

Pendant la crise financière mondiale, les dividendes internationaux ont chuté de presque 30% (entre le pic et le creux), et les bénéfices d’environ 60%. Cela s'est produit sur une période de 15 à 18 mois, tandis qu’il a fallu à peine 3 mois depuis le premier cas signalé en Chine fin 2019 pour que la crise actuelle se développe. Selon nous, le consensus sur les prévisions de bénéfices et de dividendes à l’échelle mondiale reste trop optimiste et fera l’objet d’importantes révisions à la baisse ces prochaines semaines. Les réductions de dividendes ou les suspensions de leurs versements devraient se poursuivre, les entreprises cherchant à conserver des liquidités pour tenter de se maintenir à flot. En Europe, les reports des assemblées générales annuelles ainsi que les préoccupations réglementaires, politiques et sociétales exercent une pression sur les versements de dividendes encore jamais observée.

Ces derniers jours, un certain nombre de cas ont été observés où les entreprises ont gelé les versements de leurs dividendes, et ce même si elles disposaient d’un solide bilan et de suffisamment de liquidités pour les payer. Cela met en évidence les préoccupations sociales et politiques avec lesquelles les conseils d'administration et les directions sont actuellement aux prises. Dans certaines régions du monde et dans certains secteurs, il pourrait s'avérer compliqué pour les entreprises de justifier un versement de dividende aux actionnaires tout en bénéficiant de prêts pour soutenir l’activité ou de régimes d’indemnisation des salariés financés par les gouvernements. La question essentielle sera de savoir dans quels délais les entreprises pourront recommencer à verser des dividendes une fois la crise passée. Un nombre considérable de mesures de relance ont été mises en œuvre dans le monde entier de manière bien plus précoce que lors de la crise financière mondiale, et, dans certains cas, les entreprises ont réduit leurs dividendes par prudence et par préoccupation politique plus que par réelle nécessité. 

Compte tenu de l’instabilité de l’évolution de la situation, il est encore difficile de prévoir avec précision l’ampleur probable des réductions de dividendes à l’échelle mondiale en 2020. À plus long terme, les versements de dividendes pourraient reprendre en 2021 dans un certain nombre de secteurs (quoiqu’à des niveaux de départ inférieurs), à condition que la croissance du nombre d’infections au coronavirus atteigne son pic, que les gouvernements mettent fin aux mesures actuelles de confinement et que l'économie mondiale recommence à fonctionner et entame une reprise. Les investisseurs à la recherche de revenus devraient plus que jamais privilégier la diversification à la fois géographique et sectorielle.

L’équipe Global Equity Income de Janus Henderson continue d’évaluer le flux de trésorerie disponible dans chaque entreprise et sa capacité à payer son dividende. Les chutes des cours de bourse observées récemment offrent actuellement des rendements de dividendes élevés, mais, dans un certain nombre de cas, ceux-ci semblent irréalistes, car le marché s'attend déjà à une réduction des dividendes. Il sera donc essentiel pour les investisseurs d'éviter ces pièges « Value » et d'adopter une approche active en matière de sélection des valeurs.  

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