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[Interview] « Nous sommes entrés en déflation »

Jean Pierre Rondeau, ancien « Para » dans sa jeunesse, acteur emblématique de la gestion de patrimoine, a débuté sa carrière dense de banquier à Paris, pour ne plus quitter la finance.
Aujourd'hui Président d’honneur de la Compagnie des CGPI-CIF, homme de valeurs, il donne sa vision de la gestion de patrimoine dans cette période compliquée, via l’interview de Bertrand Dubourg, fondateur de Dubourg Capital Partners.


1/ Tu es une voix très écoutée dans le milieu de la gestion de patrimoine.
Que révèle pour toi cette crise du coronavirus d'un point de vue philosophique et économique ? Plus largement, quelle est ta vision sur l'avenir de notre planète ?

JP.Rondeau : Écouté, parfois, et plutôt pour mes coups de gueule, ma veille et mes alertes. Quant à mon point de vue philosophique ! Voilà néanmoins ce que je répondais à un ami qui m’adressait le texte d’un grand « sait tout » prévisionniste qui aurait pu répondre à ta question. Il concluait comme suit : « Nous étions en train de perdre notre humanité, un virus d’un millième de micron vient de nous la rendre. ». Que c’est beau !

Je disais : « J’espère que la masturbation lui fait du bien. Tout au plus, des politiciens vont sauter. Il y aura même des procès identiques aux derniers scandales de santé (Le Distilbène, traitement conséquences chez les enfants ; l’hormone de croissance ; le chlordécone, un insecticide ; le scandale du sang contaminé ; l’amiante ; l’Isoméride, coupe-faim ; le Mediator, un médicament, centaines de morts, la https ; Dépakine, traitement, graves handicaps chez les enfants), une économie de m… durable, mais que nous aurions dû subir depuis longtemps, masquée et soutenue par "la planche à billets". "Ils" auront cette fois une excuse.

"Ils" vont freiner un peu sur les migrants, mais peu, le temps que les banlieues se calment. "Ils" mettront en avant la Vierge de l’écologie et ses gourous : « le coronavirus c’est la Nature qui se venge » ! Les immensément riches, SOROS et consorts, vont se faire encore plus de pognon, les "innocents" parmi les gilets, appelés par nos élites les "sans dents", revenus à la "Guerre des classes" voteront pour les programmes les plus à gauche et les bourgeois pour la fausse Droite. Et puis on attendra la prochaine crise, avec des classes moyennes encore plus appauvries et de plus en plus de chômage.

D’autant qu’il y a la robotisation et tout le reste qui faisaient que tous les emplois répétitifs disparaitraient dans les 10/15 ans à venir. Le plein emploi c’est fini depuis longtemps, d’où la peur des politiciens quand les populations le comprendraient, d’où le "Revenu universel".
Et puis les philosophes et "droits-de-l’hommistes" les plus fervents, l’extrême gauche, les écologistes, etc. nous annoncerons « le Grand soir » ou le Paradis sur Terre, en fait la Révolte des cloportes, à laquelle je ne crois pas.

Par contre, il faudra vivre dans des quartiers, villes et régions hyper sécurisés, comme déjà dans les grandes cités du Tiers monde (Le Caire, Brésil, Afrique du Sud, etc.), avec sa sécurité privée, ses écoles privées, sa santé privée et surtout assez d’argent.


2/
Comment vois-tu l'impact de cette crise sanitaire à court, moyen et long terme sur l'économie du pays ?

JP.Rondeau : Plus généralement, je suis de ceux qui pensaient depuis 2007/2008 que nous étions entrés dans une période de 10, 20, 30 ans de déflation. Nous étions (économistes, analystes, gérants et conseillers) au maximum 20% à le dire. Je l’écrivais dans toutes mes lettres de patrimoine. Comme je l’ai dit plus haut, et comme chacun le sait, nous avons vécu depuis grâce à la "planche à billets". Je fais exprès d’employer ce terme désuet plutôt que "quantitative easing", car il ne cache pas la réalité sous un terme "scientifique".

Je disais aussi que les pointes d’inflation que nous connaissions n’étaient dues qu’à des rémissions comme dans les grandes maladies, dues à des évènements politiques ou des craintes de guerres et tensions internationales ponctuelles. L’inflation structurelle n’existe plus : hausses des salaires des décades précédentes (dont vs la sous-traitance), réductions des stocks (à flux tendus) grâce à la mondialisation et aux transports, etc.

De plus, il existe des cycles économiques que gérants et conseillers suivent depuis toujours : reprises, ralentissements, sous formes d’ondes (hauts et creux de vagues) tirées par les USA, suivis, dans l’ordre selon les cycles, par le Japon ou l’Europe. Juste avant l’épidémie, nous allions entrer dans un cycle de ralentissement. Les signes étaient évidents aux USA, même si TRUMP était prêt à soutenir au maximum l’Économie jusqu’à sa réélection, mais aussi en Europe et au Japon. Je suis donc écœuré par tous ces commentateurs qui nous disent que cela ne va durer que quelques mois et va repartir après la crise sanitaire.


3/
Tu as des opinions tranchées sur le marché de l'immobilier depuis de nombreuses années. Est-ce que l’avènement du coronavirus confirme ou infirme tes intuitions ?

JP.Rondeau : Je me répète, comme pour la bourse, le marché a été entretenu par la "planche à billets". Et puis par ces taux historiquement bas ! Et puis cette « vis sans fin » que constitue l’achat à crédit permanent pour continuer à déduire fiscalement les intérêts et charges des loyers !

- Le marché résidentiel.
Il a aussi été entretenu par des niches fiscales polluantes, dont je ne citerai pas les noms, qui sont celles des ministres surtout soucieux d’inscrire leurs noms. Les premiers acheteurs ont fait de bonnes affaires. Puis le foncier disponible se tarissant, les maires de petites villes, sans espoir de développement et sans transports, ont accordé des projets à des promoteurs qui vendaient sur plans à des clients qui ne se dérangeaient même pas pour voir l’emplacement. C’est pour cela que l’on voit 2 marchés en France : celui des grandes villes ou de certaines très touristiques qui a monté, et puis les autres dont les prix n’ont pratiquement pas bougé depuis les années 80.
Mais ceux qui ont acheté récemment dans ces grandes villes risquent aujourd’hui de voir baisser les prix pour quelques années. S’il s’agissait d’y habiter, ce n’est pas trop grave, même si ce n’est pas une bonne affaire. Pour ceux qui ont acheté pour investir à crédit et surtout avec plan d’amortissement serré, c’est un vrai problème. Encore plus avec le risque de locataires au chômage. Quel tribunal, quel préfet expulseront après le Covid 19 ?
Et quand on a fait ces opérations de défiscalisations dans des villes moyennes et petites de Province, le chômage y sera certainement plus fort. Enfin, ne parlons pas du risque de requalification !
A noter : cette bulle est insupportable pour les jeunes seuls ou en ménages, tant pour acheter que pour louer.

- Le marché des SCPI.
J’ai suivi avec effroi la hausse de ces dernières années, la vente effrénée par les promoteurs et conseillers, les conseils de certains journalistes. J’ai la chance d’avoir connu la crise de l’immobilier 1989-1996. Des clients (623 000) prêts à vendre à n’importe quel prix. Impossible, y compris en contrats d’assurance. La baisse au bout du compte (moins 40%), ce que l’on a toujours caché dans les tableaux qui ont suivi. La fusion des SCPI et leurs changements de noms empêchaient de vérifier réellement à quelle date les clients allaient retrouver leurs valeurs d’avant 1990. Il est pratiquement impossible de retrouver l’évolution d’une SCPI depuis 1989 à aujourd’hui, et c’est la baisse de 40% de leur valeur à l’époque qui a permis d’afficher plus tard des rendements de 8% pour les nouveaux acheteurs. En réalité, le prix de 89 ne fut récupéré qu’il y a seulement 7 ou 8 ans. Avec un revenu moyen pendant ces années-là de 4,5 à 5% pour celui qui avait acheté avant 1990. Ce taux peut paraitre intéressant aujourd’hui, mais ce n’est pas mirobolant au regard des 30 années passées. A noter : les propriétaires de parts étaient à l’époque beaucoup moins endettés qu’aujourd’hui.

De plus, il faut noter les deux phénomènes suivants au regard de leur investissement obligatoirement à long terme. Rappelons le caractère « immobile » de ce placement et ces frais allant jusqu’à 12%, plus une fiscalité très lourde.

- I - Les besoins en bureaux diminueront. Préalablement, bien que ce ne soit pas le même marché, ce marché subit une crise quand l’immobilier résidentiel en subit une. Ensuite, le mode de travail était en train d’évoluer vers moins de besoins. Pour se libérer des charges sociales par la sous-traitance, les entreprises poussent une partie de leurs salariés à s’établir en auto-entrepreneurs. Elles créent aussi le télétravail (l’appétence va être développée avec la crise sanitaire) et le partage de bureaux entre plusieurs entreprises, le coworking. Elles réduisent les postes de travail pour les commerciaux de terrain. Et puis elles licencient : technologie, robotisation, intelligence artificielle, etc.

- II - Les modes de commercialisation se modifient. Il suffit de constater les centres-villes et leurs boutiques fermées, les achats par Internet, les achats en centres commerciaux. Pas sûr que les tentatives de certains maires pour redynamiser les centre villes réussissent.
Et puis, les centres commerciaux, à leur tour. Dans quelques temps, nous nous ferons livrer de plus en plus à domicile (l’appétence avec la crise sanitaire). Ou nous commanderons et irons retirer un panier dans un coffre situé dans un mur, grâce à un numéro donné par Internet, et nous le chargerons dans celui de notre voiture.
Les entrepôts ? La rapidité des transports permettait les flux tendus, ce qui est bon pour la société qui n’est pas obligée d’entretenir des stocks et donc moins de besoin de stockages. Certes, la relocalisation potentielle de quelques entreprises, après cette crise, fera peut-être que l’on aura moins besoin de réduire, mais ... Et puis les entrepôts n’ont pas une très grande valeur.

Alors les nouvelles modes par la diversification ? L’étranger ? Sur le plan économique et des besoins précités, je ne vois pas réellement l’intérêt avec peut-être demain des risques politiques pour certains pays européens (L’Europe ?). Les Ehpad et autres ? Les coûts, déjà lourds, vont peser encore plus après la crise santé (salariés, matériels).

Enfin, notre Président et notre gouvernement ont demandé de ne pas faire payer de loyers le temps nécessaire aux entreprises en difficultés, aux PME, PMI, Commerçants et Indépendants, ce qui est compréhensible. On a même vu les associations représentant les propriétaires faire de même (je suis administrateur de l’une d’entre elles). Les locataires vont s’engouffrer dans la brèche, demandant un report ou plus souvent une annulation et une réduction des loyers. Illustration aujourd’hui même : le scandale allemand, ADIDAS et H&M, qui ne sont pourtant pas des PME, ne veulent pas payer les loyers de leurs magasins ! Dans tous les cas, les locataires des SCPI et des bureaux et locaux commerciaux discuteront les loyers au moment du renouvellement des baux.
Comment vont faire les acheteurs de parts à crédits à qui les banquiers ont prêté parfois au-delà du raisonnable ? Seront-ils, eux aussi, compatissants ? D’autant que pour nos élites gouvernementales, les propriétaires immobiliers vivent de leurs rentes et sont corvéables à merci, car « indignes de toucher des revenus sans risques » ! Alors qu’en ne demandant pas de logements pour eux-mêmes ou en en mettant à disposition pour d’autres, ils rendent autant de services à autrui, à la France et à ses gouvernements que les actionnaires et porteurs obligataires.


4/
Quelle attitude selon toi faudra-t-il adopter vis à vis des marchés ces prochaines années ? Quelle allocation à privilégier en 2020/2021...

JP.Rondeau : Difficile de se projeter à moyen terme avant la fin de la crise et, qui plus est, sans connaitre le client, son patrimoine et ses attentes, mais … Surtout pas d’obligations, y compris en OPCVM ou UC. Historiquement, nous sommes au plus bas des taux. On peut gagner si les taux baissent encore. Mais s’ils baissent, c’est que la situation s’empire. Prêteriez-vous à la France sur 10 ans à 0,01%, 20 ans, 30 ans, pour arriver à 50 ans : 0,76% ? Que va-t-il se passer d’ici là, même si la France était en bon état aujourd’hui, ce qui n’est pas le cas, avant même le Covid 19 ? Et même à l’Allemagne à moins 0,22% sur 20 ans ? A 1,41% aux USA à 30 ans ? Et à l’Italie à 1,93% ou à la Grèce à 2,02% à 20 ans !
Si les taux baissent encore assez pour espérer une plus-value significative, c’est que l’Économie va encore plus mal. Alors, pourquoi prêter aux États ou entreprises ?
Si les taux sont stables, il n’y a rien à gagner en plus-values et les coupons sont ridicules. Ne pas toucher aux High Yield (pays et entreprises moins bien notées) pour tenter d’avoir de meilleurs taux.
Si les taux montent, on a un krach. Dites-vous bien que certains gérants se croient assez malins pour sortir à temps avant toute remontée des taux. Mais ce n’est pas avec leur propre argent qu’ils jouent. Il en va de même de ces acheteurs mondiaux qui ont fait remonter les bourses actions ces dernières semaines de façon éhontée.

Aucun intérêt aux fonds monétaires (qui vous couteront les frais de gestion) et aux livrets boostés.

Seuls les livrets règlementés (oui, c’est bien !). Et le fonds euros.

Ne pas avoir honte de perdre un peu vis-à-vis de l’inflation, ce qui n’est même pas sûr, elle va baisser. Laisser dire les donneurs de leçons : « Les cons cela ose tout ! ». Si on veut la sécurité, il vaut mieux avoir perdu même 1% plutôt que 20 ou 30%. Dans les grandes crises tous les biens perdent de la valeur, même l’immobilier. Ceux qui ont poussé leurs clients - banquiers, assureurs, conseillers et journalistes - à arbitrer sans discernement des fonds euros vers les UC auront certainement des comptes à leur rendre. Seuls, nos Dirigeants s’en tireront encore une fois, comme pour le scandale d’État que fut l’affaire Fourgous. Par contre, comme après toutes les crises, les clients grugés auront du mal à revenir en bourse !

- Comment je viens de réagir à titre personnel ? J’étais investi à 10% en actions, 90% en Fonds euros. J’ai acheté 10% de fonds indiciels au plus bas (A environ moins 40%). Mais pas en trackers. La gestion passive est moins intéressante que la gestion active quand la bourse baisse, mais elle l’est plus quand elle remonte. Et puis du TOTAL. Si on rebaisse, j’investirai peut-être encore 10% en actions pures. Les grandes crises c’est moins 40%. J’ai connu depuis la première concernant le pétrole. Et celle d’aujourd’hui, c’est la pire depuis la guerre. Je serai donc alors investi à 30%. Mais, attention, je suis un investisseur dit « averti » !

- Allocation que je conseillerais à un ami, hors immobilier, et sous réserve d’achat au creux ? Après, ce serait du cas par cas.

Sécurité : Actions 0%, mais tenter de le convaincre d’investir 10%, le reste en trésorerie et A.G.
Acceptant le risque : Actions 20%, le reste en trésorerie et Support Euros.
Dynamique : Actions 30%, le reste en trésorerie et Supports Euros.

Ne pas investir en locatif et SCPI avant quelques temps.

Surtout ne pas toucher aux produits dits bien réels ou de diversification. Pas de Bitcoin et autres monnaies virtuelles scandaleuses. Pas de Forex et attention aux arnaques.

L’OR, on peut en avoir. Physique. Attention aux trackers. Les mines, cela suit beaucoup la bourse et d’autres critères. On voit bien que l’OR ne joue pas réellement son rôle de valeur refuge. Les besoins de l’industrie et de la bijouterie vont être encore plus réduits. L’équilibre achats/ventes se fait entre les États. La hausse de ces dernières années a permis d’aller chercher et d’améliorer l’extraction. L’OR est maintenant pas mal imposé. Il n’offre pas de revenus. Je ne croirai réellement au retour de l’Or que lorsque je croirai au retour durable de l’inflation. Maintenant, si l’on est survivaliste et si on croit à la « La Traversée de Paris » avec de Funes, Bourvil et Gabin, on peut acheter des pièces.


5/
Faut-il réellement conserver une poche Fonds euros importante dans son assurance-vie ?

JP.Rondeau : OUI, cela vaut de l’OR ! C’est ce qu’il y a de plus sûr en termes de placement financier, y compris par rapport à un compte courant ou un livret A, puisqu’il y a des valeurs même dépréciées accumulées, même si le portefeuille n’est pas cantonné. Dans le cas de la banque, votre argent est prêté par celle-ci à d’autres (sauf dépôts banque centrale), mais il n’y a rien en face, sauf la sécurité de l’établissement. Je ne dis pas cela pour affoler. Après 2008 et la faillite de Lehman Brother, aucun État développé ne laissera plus disparaitre une banque, ni une compagnie.

J’en profite pour dire de ne pas écouter ces "escrocs" qui, pour se faire valoir ou pour vous vendre des produits pourris, vous conseillent de placer vos liquidités dans plusieurs banques. Le fonds de garantie des banques, comme celui des compagnies, est ridiculement bas et serait mangé à la première grande faillite de grand établissement. Or, si un tel incident survenait, nous serions dans un choc systémique et ferions face à plusieurs faillites en chaine. Si c’est un petit établissement, il sera repris par un grand, si c’est un grand, il sera nationalisé. Sinon, quel que soit le placement, les billets sous le matelas, le bien, le pays, … ! Mais je n’y crois pas et mes fonds sont seulement dans deux établissements bancaires et deux compagnies, mais pour d’autres raisons.
Par contre, attention aux arbitrages. Les compagnies risquent de tenter de vous refuser le retour vers le fonds euros. Il se pourrait même que l’État autorise une modification des conditions générales.

En attendant une compagnie ne pourrait pas vous refuser le retour. Mais elle ou son représentant pourraient tenter de vous faire croire qu’elle en a la possibilité ou vous faire trainer. Penser à vérifier que vous détenez les conditions générales d’origine de votre contrat.


6/
Quelle sera la pertinence d'avoir recours à un CGPI après la catastrophe ?

JP.Rondeau : La pertinence d’avoir recours à un CGPI est la même après qu’avant. Elle est dans ses qualités : libre de proposer ses solutions (pas de campagnes imposées), libre de choisir ses produits (pas de produits maison), il a la possibilité d’exercer cinq activités - CIF, courtier d’assurance et IOBSP (ces trois premières étant à vérifier sur le site de l’ORIAS), et Immobilier et CJA- il témoigne d’un ou plusieurs diplômes, d’une réelle expérience. Il vous a souvent été recommandé, il est proche (pas obligatoirement, physiquement), disponible, à l’écoute, réactif, dévoué, aimant son métier, curieux sur les marchés, se formant en permanence, règlementairement membre d’une association qui le contrôle, il se veut conseiller et pas vendeur.


7/
Quelle attitude devra adopter le conseiller en gestion de patrimoine dans ce changement de paradigme ?

JP.Rondeau : S’adapter, se renseigner, se former, écouter ses clients, vérifier que leurs attentes et projets sont restés les mêmes.

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Jean-Pierre Rondeau conclut

Contrairement à ce qui peut se dire dans certains médias, si les clients des CGPI sont plutôt sereins ces derniers jours, ce n’est pas parce « qu’ils comprennent que s’ils ont de lourdes pertes, c’est la faute à la crise du Coronavirus ! » C’est parce que beaucoup d’entre eux ne subissent pas ces lourdes pertes.

En effet, Beaucoup de CGPI ont plutôt modéré les investissements risqués et les OPC et UC des portefeuilles et contrats d’assurance. Plus proches de leurs clients, n’ayant pas subi les campagnes de leurs établissements, ils ne se masquaient pas que les bourses, comme l’immobilier, ne montaient que par les "planches à billets" des banques centrales, que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel », que l’Économie mondiale subit des cycles et que, justement, celle-ci était entrée (USA, Japon, Chine, Europe) dans celui du ralentissement.

Ils avaient limité les investissements Sicav et UC de leurs clients, malgré les pressions de l’État et de certains Partenaires, devant braver les "bons amis" qui expliquaient que « l’on perdait de l‘argent contre inflation » en restant en sécurité, alors que le devoir du conseiller était d’expliquer à son client que, dans cette période troublée depuis 2008, il fallait avant tout protéger son patrimoine plutôt que de tenter de faire beaucoup mieux que l’inflation !

 

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