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12 PDG Français dans le classement Harvard Business Review

Étude comparée des profils de PDG en Europe et aux États-Unis

Cette année, 12 PDG français y sont classés, (1 de plus qu’en 2018), dont :
François-Henri Pinault (Kering), Bernard Arnault (LVMH), Bernard Charlès (Dassault Systèmes), Benoît Potier (Air Liquide) et Jean-Paul Agon (L'Oréal) figurent dans le Top 20. En moyenne, les PDG de ce classement ont accédé à leur poste à l’âge de 45 ans, et l’occupent depuis 15 ans.

Ce classement fait écho aux résultats de la 5ème édition de l’étude « Road to the Top » 2018 du cabinet Heidrick & Struggles* comparant les profils et parcours des PDG des entreprises cotées françaises (SBF 120), anglaises (FTSE 100), allemandes (DAX 30 et MDAX 50) et américaines (Fortune 500). Le cabinet étend cette année son panel à 9 nouveaux pays européens : Danemark (OMX Copenhagen 20), Finlande (OMX Helsinki 25), Italie (FTSE MIB), Pays-Bas (AEX), Norvège (OBX), Portugal (PSI-20), Espagne (IBEX 35), Suède (OMX Stockholm 30) et Suisse (SMI Expanded).


I - Le PDG-type, un homme de 56 ans : moyenne sur l’ensemble des 13 pays

Un chiffre qui varie peu d’un pays à l’autre. Il est à noter que ces derniers ont en moyenne 50 ans lors de leur nomination. Le plus jeune CEO - 29 ans - est allemand tandis que le plus âgé - 88 ans - est américain. En France, l’âge moyen des PDG est de 58 ans, avec une pyramide des âges qui se situe entre 41 et 72 ans. Parmi l’ensemble des PDG en poste en 2017, les fondateurs ou co-fondateurs d’entreprise sont en moyenne plus jeunes que les autres (41 ans), avec une moyenne plus basse en Espagne (33 ans) et bien plus haute en Norvège (56 ans).

Concernant la mixité, seulement 1 CEO sur 20 est une femme : même si ce chiffre est en progression, force est de constater qu’il y a encore des progrès à faire en faveur de la parité. Le Royaume-Uni est le meilleur élève avec 8,2% de femmes dirigeantes (6% en 2016), suivi de la Finlande et de la Norvège, à 8%. La France se situe dans une moyenne européenne, avec 5,8% de dirigeantes contre 2% en 2016. En queue de peloton, l’Italie et le Danemark pointent à 0% et l’Allemagne à 1,2%.


II - Encore une frilosité à rechercher des profils en externe

Les entreprises se tournent en effet toujours vers l’interne en priorité à l’heure de nommer leurs PDG, avec 67% d’entre eux promus de l’interne. Ce chiffre est néanmoins à nuancer, tant on observe de fortes disparités d’un pays à l’autre : les États-Unis plébiscitent les promotions internes à l’entreprise à 84%, là où le Portugal est plus mesuré avec une proportion équivalente de PDG recrutés en externe et de PDG promus de l’interne (50%).
En moyenne, les dirigeants nommés en interne le sont après 14 ans passés au sein de l’entreprise, un chiffre qui monte à 18 ans pour les États-Unis et le Danemark, là où en Grande-Bretagne les CEO mettent 11 ans à accéder au sommet.

Les CEO étrangers ne sont que 22% sur l’ensemble des 13 pays : la Suisse est le seul pays avec une majorité de PDG étrangers (52%). Suivent le Royaume-Uni (43%) et les Pays-Bas (40%), relativement loin derrière. Parmi les plus mauvais élèves : le Portugal (0%), les États-Unis (10%), la France et l’Espagne (11%).

Près de la moitié des PDG de ces 13 pays (48%) ont travaillé précédemment dans au moins 2 pays différents du leur. 78% des Néerlandais ont une expérience à l’étranger, suivi des Suisses (74%) et des Suédois (67%). Cette tendance est totalement inverse chez les américains, où seulement 23% des PDG sont dotés d’une expérience à l’étranger.


III - Le niveau d’études est encore et toujours un critère de sélection

La majorité des PDG en poste dispose d’un niveau d’étude élevé, et notamment dans les pays nordiques : 92% d’entre eux en Finlande, 89% au Danemark. La France (83%, en 3ème position) est toujours attachée au diplôme, même si cet attachement est en net recul de15 points.

Plus que jamais, le MBA n’a plus la cote, avec seuls 3 CEO sur 10 qui en sont titulaires, y compris aux États-Unis, où le nombre de détenteurs d’un MBA est désormais de 34% contre 49% il y a 7 ans. Seul le Portugal y accorde encore une attention toute particulière (47%), tandis que l’Italie (13%) et l’Allemagne (16%) sont loin de lui accorder les mêmes faveurs. En France, 26% des PDG en sont titulaires.


IV - Les anciens financiers à l’honneur

La moitié des PDG dispose d’une expérience précédente soit dans des fonctions financières (27%) soit de management (22%). Le Portugal (35%), ainsi que l’Italie et la Suède (33%) sont les pays qui privilégient le plus cette expérience financière dans le choix de leurs dirigeants, expérience qui arrive en tête des expériences recherchées dans l’ensemble des pays étudiés sauf la France (23% ont une expérience dans des postes de management contre 16% pour la finance) et les Pays-Bas (28% dans des postes de vente et de marketing contre 20% pour la finance).

47% des PDG européens et américains ont par ailleurs une expérience précédente à un poste de direction, un chiffre qui monte à 63% aux États-Unis. Ce chiffre est beaucoup plus faible en Norvège (28%) ou encore en Suède et au Danemark (32%). 46% des CEO ont une expérience précédente en tant que CFO ou COO. En France, 31% des PDG ont été précédemment COO et 17% CFO.


V - Quid des administrateurs ?

Heidrick & Struggles publie également le profil des administrateurs en France, au Royaume-Uni et en Allemagne (CAC 40 / FTSE 250 et DAX 30). Sur les 301 nouveaux sièges pourvus en 2017 sur ces 3 pays (57 en France), la moyenne d’âge est de 58 ans. 58% sont d’anciens CEO ou CFO (70% en 2016) et 66% ont déjà été administrateurs, contre 76% en 2016.
Ils sont principalement nommés dans les secteurs de la finance (36% au Royaume-Uni et en Allemagne, 18% en France) et industriels (51% en France, 36% en Allemagne et 29% au Royaume-Uni).

1 seul sur les 301 a une expérience en cyber risques et seulement 10 dans les domaines digitaux ou social media, au cœur des problématiques stratégiques actuelles des entreprises. 35% sont étrangers (versus 48% en 2016) un chiffre qui monte à 40% pour la France.

37% sont des femmes contre 44% en 2016, malgré les politiques incitatives mises en place dans ces 3 pays. La France compte 42% de femmes administratrices, un chiffre à peine au-dessus des quotas imposés par la Loi Copé-Zimmermann, tandis qu’elles sont 35% au Royaume-Uni et 41% en Allemagne (38% aux États-Unis). En termes de secteurs concernés, les administratrices sont plutôt représentées dans les secteurs des biens de consommation (70%) et des Life Sciences (67%).

« Cette année encore, on constate que les profils de dirigeants évoluent peu, ou lentement. On note une volonté d’aller vers plus de diversité dans les talents pour s’adapter aux nouveaux enjeux économiques qui impactent directement la stratégie des entreprises (hyperconnectivité, accélération de la performance, internationalisation, éthique & compliance…), mais dans les faits, les chiffres ne sont pas encore au rendez-vous. Or, ce sera un enjeu clé de top management dans les années à venir afin d’anticiper les grandes mutations qui touchent les entreprises et l’économie mondiale », commente Sylvain Dhenin, Managing Partner Europe & Afrique, responsable du département CEO & Boards chez Heidrick & Struggles.


Carte d’identité du PDG français en 2017
- un homme (94,2% versus 98% en 2016)
- de 58 ans (+1 an)
- de nationalité française (89%, similaire à 2016)
- avec un niveau d’étude élevé (83 % versus 98% en 2016)
- et une expérience précédente à un poste de management (23%) ou de haut fonctionnaire (18%)

Carte d’identité de l’administrateur français en 2017
- un homme (58%)
- de 58 ans
- de nationalité française
- actuel ou ancien PDG (52%)
- ayant déjà été membre d’un board (68%)
- dans le secteur industriel (51%)

*Heidrick & Struggles, cabinet de conseil en recherche de dirigeants et en leadership.

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