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Arptrice by Art Market : les enjeux géopolitiques de la 15ème Biennale de Lyon

Du 18 septembre 2019 au 5 janvier 2020, une cinquantaine d'artistes ont été commissionnés pour produire une œuvre in situ dans les anciennes usines Fagor de Lyon. 29 000 m² situés à quelques encablures de cet endroit hautement symbolique, où la Saône se jette dans le Rhône, ont été investis pour la première fois par la Biennale de Lyon.

"Là où les eaux se mêlent", titre d'un poème de l'écrivain américain Raymond Carver, a été choisi comme thème de cette édition 2019, confiée à la jeune équipe de curateurs du Palais de Tokyo.

La Biennale de Lyon, événement majeur pour l'Art Contemporain international, doté d'un budget en conséquence, a le devoir de faire briller la culture française et de montrer tout son rayonnement. Une tâche délicate, qui nécessite une nouvelle renaissance tous les 2 ans, un défi pour la nouvelle directrice Isabelle Bertolotti.

thierry Ehrmann, Président et Fondateur d'Artprice, tient à rappeler : « Créée en 1991 par Thierry Raspail, la Biennale de Lyon s'est imposée de manière mondiale comme l'une des plus remarquables manifestations culturelles de son genre. J'en veux pour exemple l'édition mythique de 2000. A cette occasion Jean-Hubert Martin avait réussi un véritable tour de force avec sa biennale « Partage d'exotisme », un événement d'une cohérence et pertinence exceptionnelles, directement placé sous le signe de son exposition fondatrice « Les Magiciens de la Terre », présentée en 1989 au Centre Pompidou.
Portée par Thierry Raspail pendant près de 30 ans, la Biennale de Lyon s'est taillé une réputation à l'échelle mondiale et a été soutenue notamment pour « Partage d'exotisme » par son partenaire institutionnel Artprice et le Musée d'Art Contemporain l'Organe, gérant la Demeure du Chaos / The Abode of Chaos. Au fil des ans elle a pris l'ascendant sur la Biennale de Paris, fondée par André Malraux en 1959 et dont la dernière édition s'est achevée en 2008. »

La Biennale de Lyon se trouve aujourd'hui à un moment crucial, avec le premier changement de direction de son histoire, et l'arrivée d'Isabelle Bertolotti à sa tête, la nouvelle directrice du Musée d'Art Contemporain de la ville de Lyon. Celle-ci doit donner une nouvelle voie à la Biennale, et son premier projet se veut ambitieux : « Cette 15e édition de la Biennale d'art contemporain de Lyon est conçue comme un écosystème, à la jonction de paysages biologiques, économiques et cosmogoniques. Elle se fait ainsi le témoin des relations mouvantes entre les êtres humains, les autres espèces du vivant, le règne minéral, les artefacts technologiques et des histoires qui les unissent. »

Par ailleurs, les contraintes fixées aux curateurs et aux artistes sont particulièrement nombreuses. D'abord celles imposées par le lieu lui-même : une immense usine implantée en dehors du centre-ville et conservée dans son état, avec son balisage d'origine, sa machinerie abandonnée et toutes les traces d'usure.
Les artistes, pour la plupart très peu exposés en France et souvent sans cote en ventes publiques, comptent un tiers de ressortissants français, respectent scrupuleusement la parité homme-femme et ont dû faire appel, pour la production de leurs œuvres, aux artisans du bassin rhodanien.

La Biennale ne se cantonne pas au vaste espace Fagor et se déploie sur l'ensemble du territoire régional. Ce nouveau modèle s'organise autour de 4 plateformes complémentaires : le Musée d'art contemporain de Lyon, qui constitue une excroissance de l'exposition principale avec une demi-douzaine d'artistes dont le célèbre duo Gregory & Daniel Gicquel & Dewar ; la Jeune Création Internationale qui s'installe comme par le passé à l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne ; Veduta qui favorise la rencontre entre les artistes et les habitants de la région ; enfin, un large programme d'expositions associées dont des expositions en Résonance avec la Biennale dans diverses galeries et lieux culturels de la région. Cette mobilisation d'envergure met en évidence 150 lieux couvrant non seulement le champ de l'art contemporain mais aussi de la littérature, de la danse, du théâtre, de la musique ou du cinéma.

Temps fort de l'actualité artistique internationale, la Biennale d'art contemporain de Lyon compte parmi les 5 biennales les plus importantes après celle de Venise. L'édition précédente avait rassemblé plus de 300 000 visiteurs, le plus grand succès public de l'histoire de la biennale jusqu'à présent. L'édition 2019 passe de nouveaux caps avec des espaces plus vastes, la promesse d'installations ambitieuses, l'intensification du maillage régional, et des passerelles inédites entre le monde de l'art et celui de l'entreprise.

Pour comprendre la Biennale de Lyon, le propos de Thierry Raspail, dans une discussion avec thierry Ehrmann en 1999, résumait à lui tout seul la place des Biennales dans le monde : « Les biennales sont un acte géo-politique. Elles marquent le territoire, là où il y a tout, ou là il n'y a rien. » Cette phrase abrupte explique avec une rare clarté, le mécanisme primaire et caché des biennales.

 

 

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