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ER - Analyses de marchés
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[Point de vue] Doit-on privilégier les les actifs risqués ?

Dans un environnement inédit dans lequel plus de la moitié de la dette souveraine en zone euro et 20% de celle des entreprises sont en taux négatifs, AllianzGI appréhende le 2ème semestre de manière prudente. Après une détérioration continue au premier trimestre et un léger rebond au second, la croissance mondiale devrait continuer à ralentir, mais selon un rythme ordonné et légèrement inférieur au potentiel. Les risques baissiers persistent et s’installent dans la durée, tant en raison de l’escalade de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine que de la persistance des incertitudes politiques en Europe. Enfin, la baisse de l’inflation et des anticipations d’inflation, qui atteignent un niveau historiquement bas, restent un défi pour les banques centrales, qui se tiennent prêtes à intervenir encore davantage si nécessaire.

« Nous sommes dans un univers de taux bas pour longtemps et le « zéro » n’est plus une limite pour les rendements obligataires. Ce contexte inédit va accélérer la quête de rendement des investisseurs, qui devront se tourner vers les actifs risqués », commente Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires chez AllianzGI. « Sur les marchés de taux, il s’agira de maintenir une exposition de neutre à longue en duration, sachant qu’il est encore trop tôt pour shorter le Bund ».


Marché du Crédit

Sur le marché du crédit, les banques centrales sont plus que jamais à la manœuvre, les investisseurs se reportant sur les obligations d’entreprises dans un contexte de taux souverains toujours plus bas. D’autant que « les fondamentaux du marché du crédit demeurent satisfaisants et le risque correctement rémunéré », explique Vincent Marioni, directeur Europe de l’investissement crédit d’AllianzGI. Grâce à la baisse des coûts de financement, la génération de cash-flow est satisfaisante, tandis que le risque de liquidité reste convenable en Europe. Enfin, la rareté de l’offre face à l’augmentation de la demande, renforcée par  la baisse du volume des opérations de fusions et acquisitions, soutiendra le marché du high yield. « Nous profiterons ainsi de prochaines périodes de volatilité pour accroître notre exposition », ajoute Vincent Marioni.

Il faudra toutefois rester sélectif : avec la décélération de la croissance mondiale, le marché ne suffira pas à maintenir en vie les entreprises en difficulté et le nombre de défauts devrait continuer à augmenter. Il faudra se tenir à l’écart des entreprises les plus endettées et des secteurs exposés à des risques structurels (automobile, distribution) ou conjoncturels (chimie, transport). A l’inverse, le secteur de l’immobilier, nouveau venu sur le marché du crédit, devrait  offrir des opportunités.


Marché Actions

Les marchés actions, plus que jamais soutenus par les politiques accommodantes des banques centrales, semblent avoir atteint leur pic du fait du ralentissement macroéconomique et de l’essoufflement des locomotives de ces dernières années, notamment les Gafam et le segment des moyennes et petites valeurs. Les valorisations sont tendues, particulièrement sur le marché américain. Les actions continuent toutefois à offrir un rendement relatif attrayant dans un contexte de taux bas, pour peu que l’on soit attentif aux thématiques. Les entreprises globalisées restant vulnérables aux guerres tarifaires compte tenu de leurs chaines de distribution, il conviendra de privilégier les secteurs domestiques et défensifs et les valeurs liées à la grande consommation, les services aux collectivités (utilities), la construction, l’assurance, l’immobilier coté et le luxe.

Le bien-être alimentaire et la diététique, au cœur de la stratégie des grands groupes mais aussi de certaines start-up, devraient devenir une thématique intéressante pour les investisseurs. Il faut enfin noter que les critères ESG prennent une importance croissante pour ces derniers, les cours de Bourse des sociétés pâtissant de facteurs ESG négatifs, même lorsque leurs performances opérationnelles restent bonnes. « Le monde évolue rapidement, et il faut rester à l’affût des bouleversements que peuvent entrainer l’innovation, les nouvelles tendances de consommation, mais aussi les risques liés aux facteurs ESG, et notamment le coût du capital naturel », remarque Catherine Garrigues, Directrice de la gestion actions Europe, stratégie conviction. « Ce sont à la fois des thématiques d’investissement pour certaines entreprises et des facteurs d’alerte pour d’autres ».

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