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ER - Analyses de marchés
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Instabilité à vernir sur les écarts obligataires espagnols ?

L’analyse de Paul Brain, Directeur de la Gestion Obligataire chez Newton IM (BNY Mellon IM), en vue des élections législatives en Espagne.

Ce mois-ci, l'Espagne tiendra des élections législatives pour la 3ème fois en moins de 3 ans et demi. Les sondages suggèrent que les votes pourraient être partagés entre les partis de gauche/droite existants et le nouveau challenger de droite, Vox. Encore une fois, il semble peu probable qu'un parti obtienne une majorité claire, avec le résultat probable d'un gouvernement de coalition.

Toute coalition créerait une incertitude initiale pour les investisseurs, jusqu'à ce que ce sur quoi les deux partis seraient prêts à faire des compromis pour pouvoir travailler ensemble devienne plus clair. L'insatisfaction électorale continue a permis la création de deux des partis les plus récents, Unidas Podemos et Ciudadanos, et aujourd'hui Vox émerge également. Nous nous attendons à ce que ce mécontentement se poursuive comme tendance globale.

La tendance des partis populistes à promettre à l'électorat des politiques fiscales plus souples (qui peuvent conduire à des déficits budgétaires plus élevés) aura des conséquences pour les marchés obligataires. En outre, des répercussions pourraient également découler de l'incapacité des partis à fournir suffisamment d'assouplissement budgétaire pour satisfaire une partie de l'électorat, ce qui conduirait par la suite à la création de nouveaux partis populistes d'extrême gauche et d'extrême droite.

L'augmentation continue du nombre de partis dilue le vote global, les gouvernements de coalition ont donc une capacité limitée d'effectuer tout changement significatif. Il ne s'agit pas uniquement d'un problème espagnol - les élections législatives italiennes de l'an dernier et le changement de cap d'Emmanuel Macron par rapport à la politique monétaire de la BCE en France ont montré à quel point cela peut être inquiétant pour les investisseurs obligataires. Le fait que d'autres pays soient confrontés à des désirs similaires d'affaiblir leur position budgétaire signifie que l'Espagne ne devrait pas être trop durement pénalisée par les investisseurs obligataires pour tout dérapage budgétaire modeste ou suite à une incertitude post-électorale.

Le contexte économique pour l'Espagne reste favorable (contrairement à l'Italie), ce qui devrait soutenir les écarts obligataires. Une fois que les élections seront passées et qu'il y aura une coalition opérationnelle, nous nous attendons à ce que les écarts se stabilisent. La demande d'une reprise des rendements reste forte, surtout si la BCE poursuit sa politique négative en matière de taux d'intérêt. Cette demande, conjuguée à l'amélioration sous-jacente de la qualité de crédit de l'Espagne, devrait progressivement se traduire par l'émergence d'une prime sur les obligations espagnoles par rapport aux bunds allemands.

 

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