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Banking Trends 2019 : fin de l’euphorie ?

La 8e édition des « Banking Trends », réalisée par Deloitte, dépeint un secteur bancaire fragilisé sous l’effet conjugué de taux bas, de coût d’investissements et d’exploitation toujours élevés, et d’une pression réglementaire accrue. Ainsi, les acteurs traditionnels continuent à transformer leur modèle opérationnel, tandis que les nouveaux entrants peinent à émerger.

Deloitte revient sur les grands enjeux auxquels les banques sont confrontées et réaffirme la nécessité d’opérer des changements structurels et opérationnels pour réussir la transformation nécessaire du secteur.
Selon Frédéric Bujoc, Associé Risk Advisory chez Deloitte : « En pleine révolution technologique et réglementaire, le secteur bancaire va rester sous pression en 2019. Les institutions financières doivent poursuivre et amplifier leur transformation, multiplier les partenariats avec les acteurs entrants, afin notamment de répondre aux nouveaux comportements des consommateurs impulsés par le digital. »


Des banques sous-pression en effet

L’année 2018 a été marquée par un contexte géopolitique toujours incertain avec un risque élevé de hard Brexit et la persistance de différends commerciaux entre les Etats-Unis et le reste du monde notamment la Chine. Sur un plan macro-économique, la croissance reste fragile, l’environnement des taux bas se poursuit et la dette publique si elle recule majoritairement dans la zone euro, ne cesse d’augmenter dans l’hexagone.

Dans ce contexte morose, le secteur bancaire est fragilisé par des marges d’intérêts faibles et des charges opérationnelles à un niveau très élevé. Cette situation se traduit notamment par un résultat net cumulé en baisse de près de 7% pour les 5 premiers groupes bancaires. Le quatrième trimestre 2018 est, quant à lui, marqué par les mauvaises performances pour le secteur de la banque de marché.


Un cadre réglementaire renforcé en 2019

L’attention des législateurs se focalise actuellement sur les risques non financiers, les problématiques de conformité et les risques climatiques, avec une pression règlementaire accrue dans ces domaines. Ces nouveaux points d’attention augurent de nouvelles évolutions législatives en 2019.

Par ailleurs, l’amélioration des gouvernances pour endiguer le blanchiment de capitaux et la criminalité financière constituent des enjeux majeurs pour les acteurs du secteur bancaire. L’appétence aux risques doit désormais être contrôlée, diffusée et intégrée aux processus décisionnels. Au niveau européen, les réflexions concernant la mise en place d’un organe de lutte contre le blanchiment de capitaux restent plus que jamais d’actualité. Dans le même temps, en France, L’Agence Française Anticorruption devrait approfondir ses premiers contrôles.

« Dans un contexte d’innovation technologique et d’intégration du RGPD et PSD2, l’exigence de la surveillance et la protection des données demeurent également au cœur des changements et de la modernisation des infrastructures. En ce sens, les débats réglementaires concernant les implications éthiques de l’utilisation des données et les contrôles continueront à animer l’année 2019 », insiste Nicolas Fleuret, Associé Risk Advisory chez Deloitte.

Enfin, le devoir de transparence des produits et services financiers est renforcé pour assurer une meilleure protection des clients comme des institutions financières. Dans le cadre d’une politique de cyber résilience, des premiers tests de cyber attaques seront déployés dès 2019.


L’IA au cœur du nouveau modèle opérationnel

La transformation du modèle opérationnel des banques vise 3 objectifs :

- La maîtrise des coûts, une priorité pour l’année 2019, qui se traduit notamment par une robotisation croissante, l’externalisation des fonctions supports, la digitalisation des processus, la mutualisation des moyens et la réduction du nombre d’agences.
- L’optimisation de la rentabilité par la diversification du portefeuille des activités, une cession de ceux qui sont les moins rentables au profit d’un recentrage sur les plus profitables.
- La conquête de nouvelles opportunités avec le développement d’une offre d’outils et de solutions digitaux pour gagner en parts de marché et en valeur. Un vecteur de croissance multidirectionnelle se dessine

L’IA, catalyseur de la transformation digitale du secteur bancaire, est au cœur du nouveau modèle opérationnel des banques : intégration dans les processus Front to Back avec l’émergence de solutions communautaires ou la mise à disposition de services utilisant l’IA, développement des partenariats avec les tiers pour avoir accès à plus de données, opportunités pour les nouveaux acteurs avec une capacité agile d’innovation de se différencier par rapport aux acteurs traditionnels, enjeux relatifs au développement de nouvelles compétences. En matière de gestion des crédits, l’IA permet ainsi d’accélérer l’entrée en relation et la souscription ou de minimiser ou mieux prédire le risque de défaut.


La lente mais progressive percée des nouveaux acteurs

La révolution numérique a transformé le secteur bancaire. Ainsi, l’adoption par les consommateurs des néo-banques, bien qu’encore marginale (7%), devrait progresser dans les prochains mois. Parallèlement, les Fintechs et InsurTechs qui ont révolutionné les services financiers dans leur ensemble, gagnent progressivement des parts de marché notamment pour tout ce qui concerne les contrats d’assurance auto, habitation, santé et prévoyance.

Enfin, la construction de la crypto économie se précise même si elle reste encore lente à se mettre en place. Le lancement de cryptos coins propriétaires et de services crypto, ainsi que l’intégration dans les plates-formes techs témoignent d’une progression qui devrait se poursuivre tout au long de l’année 2019.

Toutefois, ces modèles novateurs ne remettent pas en cause les acteurs traditionnels. La banque reste l’acteur de confiance dominant et la mieux placée pour proposer de nouveaux services. Une tendance, qui encourage le développement de l’Open Banking, avec de plus en plus de partenariats entre les banques et les nouveaux entrants. 
Dans ce sens, après la Fintech, le secteur bancaire se prépare déjà à la TechFin. Et Julien Maldonato, Associé Industrie Financière chez Deloitte, de conclure : « Face aux nouvelles attentes des Français, qui recherchent des services leur simplifiant la vie, et à l'émergence de nouveaux comportements impulsés par le digital, le rapprochement entre acteurs traditionnels, FinTechs et InsurTechs semblent inéluctables pour construire des méga-plateformes TechFin capables de faire face aux GAFA et BATX »,

En Europe, 2019 marque donc le début d’une lente transition vers ce nouveau modèle avec la mise en application de la DSP2 et l’obtention de licences de monnaies électroniques par Google, Facebook et Amazon.

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