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Gestion d'actifs responsable : Blackrock et la gouvernance d'entreprise

  • Le président-directeur général de BlackRock prend la plume

Laurence D. Fink, président de BlackRock, a rédigé une lettre sur la gouvernance d’entreprise, courrier qu’il a adressé aux dirigeants des sociétés dans lesquelles la firme aux 6.000 milliards de dollars sous gestion a investi pour le compte de ses clients. « Nous promouvons des pratiques qui nous semblent favoriser à la fois une croissance et une rentabilité durables à long terme, indique-t-il en préambule. A l’aube de 2019, l’engagement pour une approche à long terme est plus important que jamais. Le contexte mondial est de plus en plus incertain et, par conséquent, sujet à des comportements court-termistes des entreprises et des gouvernements. »

« L’incertitude s’est généralisée sur les marchés et la confiance s’est détériorée, fait-il remarquer. Nombreux sont ceux qui perçoivent un risque accru de ralentissement conjoncturel. La colère des peuples, le nationalisme et la xénophobie se propagent partout dans le monde, attisés par des années de stagnation des salaires et par les répercussions de la technologie sur l’emploi ainsi que par l’incertitude devant l’avenir. Face à ce problème, certaines des plus grandes démocraties au monde subissent un dysfonctionnement politique dévastateur, qui a exacerbé les frustrations plutôt que de les apaiser. La confiance dans le multilatéralisme et les institutions officielles s’effrite. »

 

Le plus grand transfert de richesse de l’histoire

Usée par les profonds changements qui ont eu lieu au sein de l’économie et l’incapacité des gouvernements à fournir des solutions pérennes, la société s’attend de plus en plus à ce que les entreprises – publiques comme privées – s’attaquent aux problèmes sociaux et économiques les plus urgents. Ses préoccupations incluent, notamment, la protection de l’environnement et la retraite, ainsi que l’égalité homme-femme et de tous, quelles que soient les origines. De plus, les entreprises doivent composer avec les complexités d’un environnement financier en fin de cycle économique, dont la volatilité accrue peut inciter à privilégier les rendements à court terme au détriment de la croissance à long terme.

Pour Larry Fink, la « raison d’être » est bien plus qu’un slogan. C’est ce sur quoi une entreprise s’appuie chaque jour afin de créer de la valeur pour l’ensemble de ses parties prenantes. Il ne s’agit pas de l’unique recherche de bénéfices, mais de la force motrice permettant de les réaliser. « Les bénéfices, insiste-t-il, ne sont en aucun cas en contradiction avec la raison d’être. Ils y sont intrinsèquement liés. Faire des bénéfices est essentiel pour que l’entreprise soit au service de l’ensemble des parties prenantes de manière pérenne : de ses actionnaires, mais aussi de ses employés, de ses clients et des communautés dans lesquelles elle vient s’inscrire. Si elle est réellement comprise et exprimée, la raison d’être favorise une discipline et une clarté des orientations stratégiques qui stimulent la rentabilité à long terme. Elle rassemble le management, les employés et les communautés. Elle favorise un comportement éthique et permet de s’assurer que les actions menées le sont dans l’intérêt de ses parties prenantes. »

Les entreprises qui accomplissent leur raison d’être et exercent leurs responsabilités en récoltent les fruits à long terme. Cette dynamique deviendra de plus en plus évidente à mesure que les Millennials – qui représentent aujourd’hui 35 % de la main d’œuvre – exprimeront de nouvelles attentes à l’égard des entreprises pour lesquelles ils travaillent, auprès desquelles ils achètent produits ou services comme consommateurs et dans lesquelles ils investissent. Dans une étude récente de Deloitte, 63 % des Millennials déclarent que le but premier des entreprises est d’améliorer la société plutôt que de générer du profit. « Dans les années à venir, indique le président-directeur général de BlackRock, le monde connaîtra le plus grand transfert de richesse de l’histoire : 24.000 milliards de dollars des baby-boomers aux Millennials ! Au fur et à mesure que cette richesse se transmettra et que les préférences d’investissement évolueront, les questions environnementales, sociales et de gouvernance auront un impact croissant sur l’évaluation des entreprises. »

En matière d’engagement actionnarial, les priorités du gestionnaire américain comprennent la gouvernance (notamment la diversité du conseil d’administration), la stratégie d’entreprise et l’allocation du capital, la rémunération, les opportunités et les risques environnementaux, et, last but nos least, la gestion du capital humain.

M. L.

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