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ER - Analyses de marchés
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Brexit et guerre commerciale au menu du 1er semestre

Billet mensuel du Docteur Leber, fondateur d'ACATIS, société de gestion value indépendante allemande.

La guerre commerciale de Trump et l’imminence du Brexit sont les principaux thèmes du 1er semestre 2019.  

A notre avis, Trump est « apprivoisé ». Nancy Pelosi l’a remis à sa place en pointant du doigt l’échec politique et la catastrophe économique du shutdown. Trump apparaît donc maintenant comme un boxeur à terre subissant la procédure de comptage. Ses partisans doivent maintenant décider s’ils veulent rester à ses côtés ou s’ils souhaitent gagner les prochaines élections. Trump ne cessant d’exiger de la loyauté sans pour autant en donner en retour, le nombre de ses opposants déçus augmente. C’est ce qu’indiquent les nombreuses fuites d’informations confidentielles, telles que divers livres de divulgations tout comme la publication de son agenda personnel. L’enquête du procureur Mueller se poursuit en parallèle. Le nœud se resserre et l’opposant politique a désormais des outils en main depuis les élections. La guerre commerciale avec la Chine nuit aux deux nations et il serait intelligent d’y mettre fin par une baisse bilatérale des droits de douane. La Bourse réagirait très positivement à un tel signal.  

Le Brexit reste un problème majeur. Contrairement à environ la moitié des acteurs du marché, nous pensons qu’un Brexit ordonné n’a aucune chance de se produire. Les politiciens britanniques se complaisent dans leur attitude démagogique destructive; préférant démolir l’adversaire plutôt que sauver le pays. Le projet de traité existant ne rassemble pas de majorité et aucun nouvel accord n’est en vue (même pas une proposition qui permettrait à l’UE de réagir): tout cela annonce un Brexit désordonné et par conséquent à la fois onéreux et déstabilisant. Tout va être détruit: de  la chaîne de télévision à la ligne électrique en passant par les droits d’atterrissage des avions, l’homologation de médicaments, le travail des artisans polonais ou des saisonniers pour les récoltes, l’exportation de produits agricoles…. Tout va, dans un premier temps, s’arrêter. Nous sommes sceptiques. 

On pourrait souhaiter que pendant ce temps-là, le reste de l’UE mène une politique moderne. Mais ce n’est pas le cas. La fusion Siemens-Alstom est interdite. En Allemagne, notre gouvernement fédéral délègue à une commission l’arrêt de l’exploitation de lignite au lieu de prendre des décisions comme l’arrêt du charbon il y a 20 ans et la sortie du nucléaire il y a près de 10 ans. Et cette commission peut fixer le montant dont elle sera dotée pour opérer une sortie en douceur. Le gouvernement discute de l’introduction d’une pension de retraite minimum, indépendamment de tout revenu. Un choc pour ceux qui ont cotisé toute leur vie. Et Monsieur Altmeier (ministre fédéral de l’économie et de l’énergie) souhaite introduire une politique industrielle. Ce que l’Italie et la France ont déjà essayé sans succès. Le résultat a été des aciéries improductives dans le Sud de l’Italie et des Alfasuds sensibles à la rouille sortant des usines de démonstration. Cette politique, déjà surnommée «merkelantilisme», s’apparente plus à une économie planifiée qu’à une économie de marché moderne. L’économie n’a plus besoin de plus de pilotage, mais de plus de liberté. L’État devrait établir des lignes directrices mais sans intervenir. Le marché est capable de trouver seul des solutions peu coûteuses: le lignite par exemple s’exclurait tout seul du marché si la politique de l’UE en matière de négociation des quotas d’émissions avait été plus courageuse en 2005. Un économiste de marché ne peut que secouer la tête devant cette approche stupide et onéreuse.  

Au final, un tableau mitigé: sceptique pour l’Europe, positif pour les Etats-Unis.

 

 

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