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L'ALFI constate un maintien des actifs sous gestion dans un contexte difficile et instable

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Communiqué d’ALFI (Association of the Luxembourg Fund Industry)

En 2018, l’industrie luxembourgeoise des fonds d’investissement a maintenu ses actifs sous gestion à un niveau élevé de 4 065 Mds€, malgré des fluctuations de marché tout au long de l’année et un contexte international instable. A la fin de l’année, le secteur des fonds luxembourgeois se présentait comme suit :

- Avec 105 Mds€ des émissions nettes, le Luxembourg a réussi à attirer 45% de l'ensemble des ventes nettes de fonds en Europe - un témoignage de la confiance continue des investisseurs dans le domicile luxembourgeois. (statistiques CSSF, novembre 2018
- Le nombre de fonds ETF luxembourgeois a augmenté de 30%, les actifs sous gestion des ETF de 56%.
- Très forte progression du nombre de FIAR (fonds d’investissement alternatif réservé, RAIF en anglais), avec un total de 575 fonds.
- Alors que les OPCVM restent le produit phare du Luxembourg, les classes d'actifs alternatives enregistrent une forte croissance :

  • Augmentation de 17% des actifs sous gestion des fonds capital-risque
  • Les fonds de titres de créance ont augmenté de près d'un quart
  • Le Luxembourg reste le domicile européen privilégié pour les fonds immobiliers réglementés multi géographiques et multisectoriels.

Selon Denise Voss, Présidente de l'ALFI : « En 2018, l'industrie luxembourgeoise des fonds est restée assez stable malgré la volatilité des marchés. Le Luxembourg maintient ainsi sa position de premier centre pour fonds d’investissement en Europe et deuxième au monde, et reste le leader mondial de la distribution transfrontalière de fonds. En raison de l’environnement géopolitique actuel, nous nous attendons à ce que la volatilité se poursuive et donc que la croissance soit sous pression, mais restons confiants que le Luxembourg saura garder ses atouts. »  Elle continue : « Le FIAR a renforcé l'attrait du Luxembourg également en tant que domicile pour les fonds alternatifs - 248 nouveaux RAIF ont été créés au cours de l'année. »


A - Les priorités définies par l’ALFI pour 2019

L’ALFI constate que le programme gouvernemental a retenu dans une large mesure les priorités privilégiées par l’ALFI, notamment celle du soutien aux nouveaux créneaux porteurs comme suit :

1/ La finance durable

L'ALFI a été un pionnier dans la promotion des opportunités que représente le créneau de la finance durable pour les gestionnaires d'actifs. Convaincue du rôle clé que peuvent jouer les gestionnaires d'actifs dans le développement de la finance durable, l'ALFI soutient le « Plan d'action de la Commission européenne sur la finance durable » et suit de près les premières propositions réglementaires concrètes dans ce contexte.

« Les choses s’accélèrent dans le domaine de la finance durable, ce qui est très positif, car il y a urgence à progresser, notamment sur les questions liées au climat. En 2019, les travaux sur la réglementation relative à la finance durable constitueront une priorité absolue pour l'ALFI. commente Anouk Agnes, directeur adjoint de l’ALFI. Notre ambition est d'encourager la croissance de ce marché, tout en veillant à ce que les textes législatifs fonctionnent dans la pratique. Il est essentiel que ceux-ci ne deviennent pas excessivement normatifs et qu’ils freinent ainsi un marché par ailleurs très innovant. »

Le Luxembourg a un pas d’avance, étant déjà le premier domicile européen pour les fonds responsables, avec 31% des fonds et 39% du total des actifs sous gestion dans les fonds d'investissement responsable en Europe.
L'ALFI se réjouit des premières propositions législatives de la Commission européenne publiées le 24 mai 2018, car elles visent l’amélioration de la transparence et plus de clarté sur le marché. L'exactitude et la confiance sont à la base du développement continu du marché de la finance durable et de la lutte contre les informations trompeuses (« green-washing »).

L'ALFI estime en effet que les facteurs de durabilité doivent être pris en compte dans les décisions d'investissement lorsque cela sert le meilleur intérêt du client. La considération des risques émanant de facteurs environnementaux, sociaux ou de gouvernance est en outre un outil de gestion des risques qui permet de mieux apprécier la performance des investissements sur le long terme. Toutefois l’univers d’investissement pour les gestionnaires d'actifs et pour les fonds de l'UE ne devrait pas être limité en raison des exigences réglementaires et créer ainsi des conditions de concurrence inégales par rapport aux gestionnaires et aux fonds non européens.

2/ La digitalisation dans le secteur financier

La technologie financière (FinTech) et la technologie en général ont été au centre des préoccupations de l'ALFI. Le Forum Digital/FinTech de l'association vise à sensibiliser l'industrie des fonds, à identifier les défis et à développer les opportunités inhérentes aux nouvelles technologies numériques. En 2018, le Forum s’est penché sur le RegTech et la distribution numérique.
En 2019, un nouveau groupe de travail sur la cybersécurité élaborera les meilleures pratiques dans ce domaine, avec l’objectif d’aboutir à une compréhension commune de l’industrie sur la responsabilité des chefs d'entreprise en matière de cybersécurité.
L'ALFI poursuivra également son interaction régulière avec les acteurs FinTech afin de suivre et de contribuer au développement des outils « RegTech » et « Blockchain »,  ce qui permettra de réduire les coûts et d'améliorer l'efficacité dans l'industrie, au bénéfice des investisseurs.

3/ Le produit de retraite personnel paneuropéen (PEPP)

L'ALFI accueille favorablement le PEPP et y voit une opportunité intéressante pour les gestionnaires d’actifs. Les ménages européens doivent assumer une responsabilité de plus en plus grande pour leur sécurité financière et l’épargne à long terme, y compris la retraite. En même temps, si l'économie européenne doit être renforcée, la mobilité des travailleurs doit également être facilitée. Reste que la fragmentation entre les marchés nationaux et la portabilité limitée des produits de retraite individuelle rendent cette tâche difficile.

Denise Voss explique : « Le projet de la Commission européenne de créer un produit paneuropéen normalisé de retraite individuelle (PEPP) arrive au bon moment. Le PEPP liera le produit d'investissement à un individu plutôt qu'à une relation d'emploi et offrira des opportunités intéressantes non seulement pour les travailleurs et les demandeurs d'emploi, mais aussi pour l'industrie de la gestion d'actifs. Ce qui est intéressant c’est que les fonds eux-mêmes pourront se structurer comme des fonds de pension, donc il s’agit d’une excellente opportunité pour l'industrie de la gestion d'actifs. Nous pensons que le Luxembourg, avec son expertise de longue date dans la distribution transfrontalière de produits d'investissement de détail, est un centre idéal pour les prestataires et fournisseurs de PEPP. »

4/ Education de l’investisseur

L'ALFI se réjouit des avancées au niveau de la mise en œuvre du programme national et de retrouver cet élément dans le programme gouvernemental. En 2018, l’association a dévoilé la nouvelle version de son site web de formation des investisseurs www.understandinginvesting.org. Elle s'est également engagée à apporter un soutien financier et technique au programme luxembourgeois de sensibilisation à l'éducation financière « Fit for Life », mené par Jonk Entrepreneuren dans les écoles du pays.

« Rassembler les acteurs luxembourgeois impliqués dans la promotion et la dissémination de l'éducation financière était l’un de mes objectifs personnels de longue date. J’ai été ravie de constater que le sujet figure désormais dans le programme gouvernemental. L’ALFI contribuera aux efforts menés au niveau national et en coopération avec d’autres organismes s’engageant dans ce contexte », noteDenise Voss déclare.


B - Autres priorités réglementaires

1/ Le Brexit et la révision des pouvoirs des autorités européennes de surveillance (ESA review)

L'ALFI continue de collaborer avec les décideurs politiques sur des questions clés telles que la révision des pouvoirs des autorités européennes de surveillance et de suggérer des solutions pour les gestionnaires d'actifs dans le contexte du Brexit. En 2018, l'ALFI a répondu à 15 consultations publiques et a produit 15 publications dont des recommandations, des livres blancs et des études - sur des sujets aussi variés que le règlement européen sur les produits dérivés (également connu sous le nom de EMIR ), les nouvelles règles d’information sur les produits «packagés» (PRIIP), le règlement général de protection des données (RGPD), la gestion des risques, la loi sur la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme et la fiscalité - non seulement pour expliquer l'opinion du secteur sur ces sujets, mais également pour aider ses membres dans la mise en œuvre des exigences légales, réglementaires et opérationnelles.

Denise Voss ajoute : « La plupart des intervenants se sont préparés au Brexit pendant les dernières mois et ont mis en place des plans pour chaque scénario, y compris une sortie sans accord. Toutefois, il convient de garder à l'esprit qu'à partir de fin mars, les OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières, ou UCITS) britanniques deviendront des fonds alternatifs en cas d'absence d’accord. C'est un casse-tête supplémentaire pour les sociétés de gestion de fonds dont les produits incluent des produits britanniques.
Cette dernière poursuit : Le Luxembourg entretient des relations de partenariat de longue date avec le Royaume-Uni. Ainsi plus de 18% des actifs sous gestion dans les fonds luxembourgeois sont gérés par des gestionnaires d'actifs basés au Royaume-Uni. Les initiateurs de fonds britanniques restent très actifs au Luxembourg, puisqu'ils représentent 41% du nombre de fonds créés en 2018. Nos efforts se concentrent sur la façon dont nous pouvons continuer cette relation constructive même après le Brexit. »

23 sociétés de gestion d'actifs basées au Royaume-Uni ont annoncé publiquement qu'elles créeront ou renforceront leur présence au Luxembourg afin de garantir la pérennité de leurs activités.
L'ALFI se réjouit que la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF, le régulateur luxembourgeois) ait confirmé par un communiqué de presse que la coopération sera assurée avec son homologue britannique, the Financial Conduct Authority (FCA) avant la date buttoir du Brexit, le 30 mars 2019. Déléguer la gestion de portefeuille à des gestionnaires d'actifs basés au Royaume-Uni restera donc possible, à condition toutefois que ceux-ci répondent aux exigences réglementaires.

Bien qu'en principe distincts, le lien entre la proposition de la Commission européenne de revoir le rôle des autorités européennes de supervision (en septembre 2017) et les négociations autour du Brexit est indéniable. 

Denise Voss explique : « L'ALFI n'a jamais vu les avantages de ces propositions pour l'investisseur final. Nous ne sommes donc pas favorables à une surveillance directe par l'ESMA.  A notre avis,  grâce au contrôle direct des produits et des participants au marché,  les autorités nationales compétentes garantissent le niveau le plus élevé et le plus efficace de protection des investisseurs et du marché.
En outre, nous sommes très préoccupés par la proposition d’inclure ESMA dans le processus d’autorisation de la délégation vers des pays tiers. Ceci introduirait un niveau supplémentaire de réglementation, des coûts supplémentaires et des délais de mise sur le marché. La délégation est une pratique qui a fait ses preuves dans l'industrie des fonds depuis 30 ans, et il n'y a aucune preuve de défaillance du marché résultant de la délégation. La pratique de la délégation représente une pierre angulaire du succès mondial de l'industrie européenne de la gestion d'actifs et, en tant que tel, elle permet aux investisseurs d'accéder à une gestion d'actifs recourant aux experts en la matière dans le monde entier.
Nous n'avons cessé d'appeler à un changement significatif dans la proposition de la Commission et nous nous sommes engagés auprès des principaux intervenants en Europe et au niveau international pour exprimer nos préoccupations concernant cette proposition. »

2/ Promotion et distribution internationale

« L'un des temps forts de 2018 a été le 30ème anniversaire de l'ALFI, une occasion de célébrer le travail accompli pour faire du Luxembourg le premier centre mondial des fonds d'investissement transfrontaliers. Encore aujourd’hui, nous continuons d'explorer les marchés à travers le monde et d'ouvrir de nouvelles opportunités pour les fonds. Cette année, nos plans de déplacement pour promouvoir la place luxembourgeoise incluent les Etats-Unis, l'Amérique Latine, l'Australie et un certain nombre de pays d'Asie du Sud-Est », annonce Le directeur général de l'ALFI, Camille Thommes.
L'intérêt pour les OPCVM ne cesse de croître sur les marchés du monde entier. Les marchés non européens représentent 24% des actifs des OPCVM, dont 13% en Asie.
Nous prévoyons que les fonds seront l'un des principaux bénéficiaires du lancement de l'Union des marchés des capitaux (CMU), qui vise à accroître les investissements et les choix offerts aux investisseurs privés et institutionnels et à transférer une partie de la vaste réserve d'épargne dans des placements. Le succès mondial des OPCVM sera certainement utile au cours de la prochaine décennie, car les populations de bon nombre des nouveaux marchés sont encouragées par leurs gouvernements à prendre en charge leurs retraites.

« Comme par le passé, l'ALFI sera à l'avant-garde de toutes ces opportunités pour accroître la distribution des OPCVM dans le monde. Les fonds de pension australiens, brésiliens, mexicains et d'autres pays montrent de l'intérêt et nous les visiterons régulièrement pour les tenir au courant des développements réglementaires et commerciaux », conclut Camille Thommes.

Récemment, en reconnaissance de la coopération de longue date entre le Luxembourg et Hong Kong, la Securities and Futures Commission (SFC) de Hong Kong et la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) du Luxembourg ont signé un protocole d'accord qui fournit un cadre pour la reconnaissance mutuelle des fonds offerts, promus et commercialisés à Hong Kong et aux investisseurs particuliers au Luxembourg.

 

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