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Sanso IS appuie sur l’accélérateur

Il y a trois mois à peine, Sanso Investment Solutions et Convictions Asset Management annonçaient être entrés en négociation en vue d’un rapprochement. L’absorption de Convictions AM par Sanso IS sera effective au 31 décembre 2018. L’activité du groupe dans son nouveau périmètre démarrera au 1er janvier 2019.

« Le rapprochement avec Convictions AM permet à Sanso IS un renforcement des équipes, un élargissement de l’offre de produits, un enrichissement mutuel des expertises et des savoir-faire ainsi qu’une diversification de la base de clientèle (institutionnels, retail, distribution intermédiée, family offices…), souligne David Khalfon, président de Sanso IS. Nous avons débuté avec 30 millions d’euros. Ce ne serait plus possible aujourd’hui. Il faut, en effet, des montants désormais bien supérieurs pour atteindre assez rapidement une taille critique, grâce à la croissance organique et à la croissance externe. »

Air pur

« Nous avons décidé, indique-t-il encore, de mettre dès l’origine l’investissement responsable et durable au centre de nos préoccupations. La thématique est à la mode. Chaque jour, il y a un nouveau pionnier de l’ESG [environnement, social, gouvernance] qui émerge ! Chez nous, il y a une équipe qui travaille sur le sujet depuis de nombreuses années. Nous appliquons les critères ESG non seulement à nos portefeuilles, mais aussi à nous-mêmes. Cela se traduit par un alignement des intérêts, avec une implication de nos collaborateurs, d’une part, et par un soutien à la Fondation Akuo (accès à des sources d’énergie renouvelables, à l’éducation et à l’eau potable, préservation de la biodiversité), d’autre part. »

Avec l’apport de Convictions AM (150 millions d’euros) et la collecte 2018 de Sanso IS (50 millions d’euros), les encours sous gestion du nouvel ensemble atteignent 900 millions d’euros. L’équipe comprend une vingtaine de professionnels. Nicolas Duban, ex-président de Convictions AM, devient conseiller de Sanso IS, dont le directeur général est Benoit Magnier. Rappelons que Sanso IS est le résultat du rapprochement, en 2017, de trois sociétés de gestion entrepreneuriales, elles aussi complémentaires : Amaïka AM, Cedrus AM et 360Hixance Asset Managers. En japonais, sanso signifie « oxygène ». Le terme évoque l’air pur. En outre, il est proche du mot « sens ». Les clients, institutionnels et particuliers (notamment les plus jeunes d’entre eux), s’intéressent de plus en plus à la façon dont sont utilisés les capitaux qu’ils confient à un gestionnaire. C’est pourquoi, au-delà des critères financiers traditionnels, Sanso IS applique les filtres ESG.

 

Deux lancements

François L’Hénoret, directeur du développement commercial, ajoute que la société, qui revendique un statut d’acteur de référence pour tout ce qui a trait à l’investissement responsable et durable, publie l’empreinte carbone de ses portefeuilles, les notes des émetteurs et – plus rare dans le marché – la part du chiffre d’affaires des sociétés sélectionnées qui contribue aux objectifs de développement durable définis par les Nations unies. En termes d’offre, Sanso IS se développe autour d’un esprit de service au client, de fonds classiques et de supports dédiés sur mesure. La moitié des encours est d’ailleurs constituée de véhicules dédiés.

Sanso IS propose sept fonds. Les trois fonds de Convictions AM vont être intégrés à la gamme, avec sans doute deux absorptions (Convictions Multiopportunities, ex-Convictions Premium, par Sanso Opporunités et Convictions Multiflex, ex-Convictions Europactive, par Altiflex). Convictions Multifactoriels devrait être renommé. Tout cela se fera progressivement. Un nouveau produit va être lancé : Sanso Objectif Durable 2024. Ce fonds d’obligations (investment grade et high yield), qui comprendra plus de 70 lignes, intégrera toutes les dimensions de l’ISR et de l’impact investing. Il vise une performance annuelle de 4 % sur cinq ans. Il se veut une alternative aux fonds en euros et aux produits structurés. A noter que 10 % de ses frais de gestion seront reversés à une association de défense de l’environnement.

Go !, Epargne Entreprise, une offre d’épargne salariale novatrice – sur un marché de 140 milliards d’euros dont Sanso IS rêve de capter ne serait-ce que 1 % ! – va également être mise en place, et ce en partenariat avec Axa Epargne Entreprise (teneur de comptes, conservateur des parts, gestion administrative), le cabinet de courtage Henner (actuellement spécialisé dans la santé et la prévoyance) et Cedrus Partners (interlocuteur des DRH), à destination, notamment, des PME et des ETI. Ses atouts : simplicité, prix, proximité. Une Sicav axée sur le développement durable se déclinera en trois compartiments : court terme, moyen terme, long terme.

 

Adapter les portefeuilles

S’agissant des marchés, Michel Menigoz, responsable de la gestion actions et diversifiée, fait observer que l’année 2018 a été « véritablement délicate » et qu’aucune classe d’actifs, en dehors des actions américaines, n’a battu l’inflation. « Ce qui contraste avec l’année 2017, précise-t-il, où toutes les classes d’actifs ont rapporté plus que l’inflation. Le secteur de la santé a progressé et celui de la finance a reculé. Les valeurs de croissance ont une nouvelle fois fait mieux que les valeurs de rendement décotées. Les grandes valeurs se sont distinguées au détriment des petites et moyennes actions. Les matières premières, elles, ont pris le chemin de la baisse mi-2018. En ce qui concerne les technologiques américaines, nous ne sommes pas face à un phénomène de bulle. L’analyse de ces valeurs est plus fiable qu’en 2000 et ce segment de la cote, qui se normalise, a encore des perspectives de forte croissance. En termes de dynamique bénéficiaire des entreprises, nous devrions assister à un arrêt de la dégradation dans les pays émergents et à une stabilisation dans les pays développés. » Pour lui, l’efficacité énergétique, le développement humain et la gestion des ressources naturelles sont des thèmes d’investissement attrayants pour les années qui viennent.

De son côté, Cyriaque Dailland, analyste gérant, ne s’attend pas à une « catastrophe » en 2019 : « Nous ne nous situons pas dans le scénario d’un cataclysme économique, même si les prévisions risquent d’être revues en baisse. Les probabilités que la croissance mondiale ralentisse sous les 3 % (recul de la croissance non contrôlé en Chine, erreur de politique monétaire, guerre commerciale, crise politique, récession aux Etats-Unis), se maintienne entre 3 % et 4 % (banques centrales accommodantes, activité modérée avec inflation stable, stabilisation des économies émergentes, relance budgétaire limitée) ou qu’elle soit supérieure à 4 % (accélération dans les pays émergents et aux Etats-Unis, rebond des matières premières, relance budgétaire, nouvelle impulsion franco-allemande) sont respectivement de 20 %, de 70 % et de 5 %. Nous ne voyons pas de nouvelle crise arriver en 2019 comme cela s’est produit en 2008. La probabilité que les Etats-Unis entrent en récession en novembre 2019 est, selon Morgan Stanley, de 16 %. Tactiquement, à nous d’adapter les portefeuilles pour les exposer aux sources de surperformance ou pour les protéger en cas de secousses dans les marchés. »

Les dirigeants de Sanso IS ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils souhaitent au moins doubler leurs encours dans les trois ans. D’autres intégrations de « petites » sociétés ne sont donc pas exclues…

Michel Lemosof

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