Connexion
/ Inscription
Mon espace

Inocap Gestion : trois métiers complémentaires et de la croissance en perspective

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNÉS

Inocap Gestion est une société de gestion entrepreneuriale créée en 2007 par Olivier Bourdelas, qui en est aujourd’hui le président. Elle gère 600 millions d’euros d’actifs et vise clairement la croissance afin d’être mieux référencée, notamment auprès des assureurs. Elle est au service des investisseurs et de l’économie réelle.

« La société continue à se développer à un rythme très maîtrisé, souligne Olivier Bourdelas. Nous sommes actuellement vingt et une personnes, dont dix gérants. Nous avons certainement le ratio le plus important de la place ! Nos secteurs d’activité sont bien orientés. » Inocap Gestion exerce trois métiers complémentaires : la gestion fiscale de FIA (fonds d’investissement alternatifs), qui est à l’origine de la société, la gestion collective d’OPC (organismes de placement collectif), et la gestion privée (150 millions d’euros), sur laquelle l’accent va être mis. En effet, en gestion privée, les clients sont plus stables.

Ne pas changer de politique

Dans le domaine des fonds fiscaux « ISF » (impôt désormais supprimé) et « IR », Inocap Gestion a remboursé tous les porteurs dans les temps, sans prorogation. En onze ans, treize fonds dédiés à l’innovation (drones, réalité augmentée, impression 3D…) sont ainsi parvenus à échéance sans encombre, ce qui représente 100 millions d’euros, avec un fort taux de résultats positifs. Il faut savoir que le retour sans faille aux souscripteurs constitue une particularité dont Olivier Bourdelas, légitimement, est plutôt fier. Jusqu’au 31 décembre, le FCPI QI 2018, éligible à la réduction « IR », est ouvert. Ce fonds privilégiera des sociétés majoritairement cotées sur des marchés de faible capitalisation qui font de l’innovation de rupture le cœur de leur développement. Il permet d’obtenir une réduction de l’impôt sur le revenu de 18 % des montants investis, en contrepartie d’un risque en capital et d’une durée de blocage d’au minimum six ans. Le niveau d’investissement est au minimum de 70 %. Souscription minimale : 1.000 €. Droit d’entrée : 5 % (maximum). Frais de gestion : 3,65 %. Valorisation : semestrielle.

Depuis quatre ou cinq ans, Inocap Gestion s’est concentrée sur la gestion de fonds à vocation générale, qui constitue un relais de croissance. Le lancement de nouveaux produits est d’ailleurs envisagé. La gamme comprend actuellement quatre supports : Quadrige France Smallcaps, Quadrige Rendement France Midcaps, Quadrige Europe Midcaps et Quadrige Multicaps Europe. Celui qui est le plus important en terme de taille (139 millions d’euros), Quadrige Rendement est aussi celui qui, malheureusement, déçoit le plus fortement depuis la fin de l’année dernière (– 22,9 % à mi-octobre).

Pour autant, Pierrick Bauchet, directeur général, directeur de la gestion, n’entend pas changer son fusil d’épaule. Et de rappeler : « Nous investissons dans des entreprises qui ont su conquérir une place de leader mondial sur des activités de niche à forte valeur ajoutée et dont les investissements, significatifs, permettent le déploiement d’un avantage concurrentiel et le gain de parts de marché à l’international. Notre approche de stock picking, basée sur l’analyse des fondamentaux, se concentre sur les pure players dont l’actionnariat familial impliqué assure une vision industrielle de long terme. Nous mettons en œuvre une gestion de conviction. Chacun de nos fonds comprend de trente à quarante valeurs. »

Pierrick Bauchet reconnaît avoir commis des erreurs dans un marché très difficile, sans chercher d’excuses. Il cite, par exemple, deux valeurs : Derichebourg, dont le cours de Bourse dépend des prix des métaux, et Guerbet, qui a été pénalisée par l’offensive de la concurrence. « D’habitude, ajoute-t-il, nous avons tendance à avoir raison deux fois sur trois. Or, au cours des derniers mois, le marché nous a donné tort deux fois sur trois ! Mais cela devrait se corriger. La progression des cours n’est pas linéaire et les sociétés que nous avons en portefeuille affichent une croissance annuelle de leurs profits de 15 % à 20 %. » Exemples d’investissements : MGI Digital Technology, Evolis, SES-Imagotag, Orège, PCAS, Solocal, Haulotte Group, Infotel, Chargeurs, Tarkett, Robertet, Dermapharm, Barco, Spie et HelloFresh.

Selon une récente étude, les trois quarts des sociétés de gestion entrepreneuriales gèrent moins de 350 millions d’euros. Olivier Bourdelas estime qu’il faut au moins 500 millions d’euros pour être crédible auprès des partenaires et des clients. Comme 80 % de l’activité passent par les assureurs, convaincre plus de professionnels de cette branche, très exigeants, est une nécessité. Inocap Gestion travaille déjà avec une quinzaine d’assureurs et compte quatre cents partenaires distributeurs. Les institutionnels ne sont pas légion dans la clientèle de la société, mais rien n’est exclu. Le partenariat avec Norges Bank Investment Management est l’exception qui confirme la règle ! Un autre dossier est à l’étude… Quant à un adossement à un groupe (un phénomène qui se généralise dans le secteur), les dirigeants de la société en écartent, du moins pour l’instant, l’éventualité, car il y a encore beaucoup de travail à faire dans le cadre de leur indépendance, surtout que la société est rentable et que la génération de cash flow est au rendez-vous.

Michel Lemosof

Lire la suite...


Articles en relation