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Le célèbre "whatever it takes" de Mario Draghi continue de façonner les perspectives de la zone euro

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Un commentaire de DWS Group

Il y a 6 ans, à Londres, le président de la BCE, Mario Draghi, s'était engagé à ce que la BCE fasse « tout ce qu'il faut » ("whatever it takes") pour maintenir l'unité de la zone euro. Ce discours avait marqué un tournant important dans la crise de l'Eurozone.
L'union monétaire européenne visait à l'origine à créer un espace monétaire commun, mais sans politique budgétaire commune, sans secteur bancaire commun, sans système de sécurité sociale commun, etc. L'entrée dans l'euro exigeait un haut niveau de discipline de la part des États membres. Comme nous l'avons découvert lors de la crise de 2008, de nombreux pays n'ont pas été capables de tenir cette discipline, notamment en ce qui concerne leurs finances publiques. Au cours de la première décennie de l'union monétaire, cela a conduit à des déséquilibres croissants. Les marchés financiers ont toléré cela pendant trop longtemps. Cependant, lorsque les points de rupture sont devenus de plus en plus visibles dans les premières années de cette décennie, la perte de confiance a entraîné une augmentation des primes de risque et donc du coût de refinancement de certains pays, menaçant d'étouffer leurs économies. Malgré d'innombrables sommets, les responsables politiques n'ont pas réussi à éteindre le feu. C'est dans ce contexte que le président de la BCE est finalement intervenu en déclenchant un tournant dans la crise.

Depuis lors, les primes de risque ont diminué et les conditions de financement se sont assouplies. Cela est particulièrement vrai pour les emprunts d'Etats. Le ministre italien des Finances doit désormais débourser une somme environ un tiers plus faible qu'en 2000 pour le service de la dette publique (comparé au PIB). Ceci est d'autant plus remarquable que la dette publique italienne est passée de 105 à 132% du PIB sur la même période. Le ministre des Finances allemand et son homologue français ont également dû consacrer moins d'argent au paiement des intérêts dans leurs budgets. Ceci nous a permis d'éviter les coûts économiques, sociaux et politiques d'un effondrement désordonné de l'euro, qui aurait certainement déclenché une grave récession.

Cependant, comme toujours, il y a un prix à payer : les frontières entre la politique économique, budgétaire et monétaire sont devenues floues à un point que nous n'aurions pas pu imaginer il y a 10 ans. Cela complique encore la politique budgétaire et monétaire dans la période post-crise déjà complexe. À l'avenir, cela pourrait devenir un nouveau casse-tête. Des progrès supplémentaires, notamment concernant l'intégration des marchés de capitaux européens, seraient les bienvenus.

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