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Des marchés bousculés par les politiques

Analyse des marchés d’actions et de taux d’intérêt, extraite de la lettre de la Gestion Privée du mois de Juillet 2018 de Gogefi Gestion

Les multiples sujets politiques ont confirmé, jusqu’à ce début juillet, la fébrilité des marchés observée au premier trimestre. C’est en premier lieu le protectionnisme de Donald Trump, en amont des élections de mid-term de novembre, qui s’est intensifié tant à l’égard de la Chine que de l’Europe. Les émergents en ont pâti, touchés aussi par le resserrement des conditions financières américaines. Les déboires politiques européens s’y sont ajoutés avec la montée du populisme en Italie, la sortie prématurée de Mariano Rajoy à la suite d’une motion de censure en Espagne, et enfin la fragilisation de la coalition allemande. Dans un contexte où la phase d’accélération de la croissance économique mondiale semble derrière nous, ce climat anxiogène a fait craindre un scénario de retournement de cycle. La prime de risque du marché s’est ainsi sensiblement accrue. De fait, l’environnement n’a permis, ni au marché action, ni à l’obligataire, de prendre durablement de la hauteur. Le premier a été pénalisé par l’accroissement de la volatilité, et le second a poursuivi son enlisement au gré de la montée des risques.

S’il est envisageable que la guerre commerciale initiée par le président Trump s’apparente à des négociations plus qu’à une réelle volonté d’appliquer un protectionnisme dur, ces agissements sont préjudiciables pour les actifs financiers. Ils entament en effet le climat de confiance, font craindre des dérapages lourds, et une réduction des investissements, de la consommation et donc potentiellement de la croissance. Des premiers signes négatifs sont déjà apparus avec la révision en baisse des perspectives de progression de l’économie allemande comme française, et un affaiblissement des indicateurs manufacturiers dans le monde cependant toujours sur des niveaux élevés. Une reprise rapide des négociations, encore très aléatoires, serait un facteur important de réduction de la prime de risque.

En Europe, si la défiance dans les formations politiques traditionnelles s’est poursuivie, retenons que c’est souvent en situation de crise que des avancées peuvent être obtenues. C’est le cas à ce stade sur les flux migratoires avec les accords annoncés lors du conseil européen, ou encore avec le compromis trouvé par la coalition allemande. En Italie, le gouvernement affiche dorénavant davantage de rigueur budgétaire et une politique économique plus soutenable qu’initialement annoncées.

Du coté des pays émergents, les évolutions relatives à la guerre commerciale seront déterminantes. La croissance chinoise reste sous contrôle des autorités, qui continuent à faire évoluer leur modèle économique vers plus de services et moins de manufacturier.

En toute logique, la politique continuera à avoir un impact déterminant sur les marchés au second semestre. La volatilité restera forte, et imposera de « naviguer » avec réactivité et agilité au gré de l’évolution de la prime de risque. Dans un tel contexte, nous diminuons l’exposition aux actions, et privilégions les valeurs présentant une grande visibilité.


Les choix d’investissement

Regain de volatilité et retour d’une certaine aversion au risque ont caractérisé ce second trimestre. L’influence d’un contexte politique à nouveau troublé en Europe (élections italiennes) et le déclenchement par les États-Unis d’une guerre commerciale aux effets incertains ont pesé sur les marchés.

Dans ce contexte, les perspectives optimistes de croissance mondiale ont été remises en cause et les thématiques de marché quelque peu bousculées. Cette moindre visibilité nous a conduits à adopter une allocation plus prudente et constituer davantage de liquidités dans les portefeuilles.

Concernant la partie actions, le poids des titres sensibles à un ralentissement de l’activité et aux effets de la guerre commerciale a été réduit pour laisser davantage de place aux titres de croissance avérée et aux technologiques que nous conservons pour leur attrait de moyen long terme. Cette stratégie plus prudente sur les marchés actions s’apprécie également au regard du potentiel de performance en tout état de cause limité à court terme.

Sur le front des taux d’intérêt, la période aura été marquée à nouveau par des épisodes de forte volatilité. Si les taux des emprunts d’État se sont resserrés, restant sur les niveaux de fin 2017, le crédit a contribué négativement sur le trimestre. Toutefois, les fondamentaux restent toujours bien orientés et devraient permettre à la partie la plus courte (en termes de maturité) de bénéficier d’une stabilisation du marché.


Secousses sur le marché du crédit

Par Fabien Vieillefosse, Gérant, Responsable de la Gestion Taux chez Cogefi Gestion   

Les perspectives de « guerre économique » et les tensions politiques en Allemagne ou en Italie ont fait vaciller le marché du crédit. Les rendements des emprunts d’État de la zone euro (sauf ceux de l’Italie) ont servi de valeurs refuges, restant sur les niveaux bas de fin 2017. Dans ce contexte de défiance, le High Yield a connu une phase d’écartement très violente sur les secteurs les plus cycliques et les dettes financières (majoritairement les dettes subordonnées).

Cependant, nous ne voyons pas de remontée du taux de défaut à court ou moyen terme, les résultats des entreprises restant bien orientés. La période de publication de résultats du 2ème trimestre, qui démarre en juillet, sera à regarder avec intérêt, d’autant que les valorisations sont actuellement attractives. Nous considérons que le marché ne prend pas assez en compte les fondamentaux des entreprises.

Le marché des taux souffre d'un excès de pessimisme qui pourrait se résorber sur les prochaines semaines, même si la volatilité perdurera. Les expositions les plus courtes, y compris sur le High Yield, devraient pouvoir bénéficier d’un réajustement de valorisation.

www.cogefi.fr/fr

 

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