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Inflation, la nouvelle donne ?

ER - Analyses de marchés
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L’expansion économique semble auto-entretenue, en particulier aux Etats-Unis, tandis que les données sur l’emploi outre Atlantique indiquent une hausse des salaires qui se matérialise enfin. Ces tendances encouragent-elles à réviser à la hausse les pressions inflationnistes ?

L’équipe de Groupama AM analyse les perspectives de croissance et d’inflation, ainsi que l’orientation des politiques monétaires des banques centrales.

Le scénario central de Groupama AM est celui d’une poursuite durable du cycle de croissance américain et global. La reprise économique observée depuis 2009 aux Etats-Unis se distingue par sa durée, assez singulière par rapport aux cycles de croissance passés. « Si le consensus craint de plus en plus un ralentissement conjoncturel, une forme d’ ‘épuisement par longévité’, nous pensons au contraire que l’expansion durera au moins deux ans encore », affirme Christophe Morel, Chef-économiste.

Car la reprise s’est aussi caractérisée toutes ces années par une croissance modérée mais robuste, sans excès. « Or, les cycles de croissance économiques meurent, le plus souvent, d’excès dans la production ». Aujourd’hui celle-ci reste très en retard par rapport à la consommation. « Nous anticipons ainsi une croissance robuste, autoentretenue et partagée, tant sur le plan géographique que sectoriel en 2018. Nous estimons son rythme à 2,5% aux Etats-Unis, 2,1% en zone euro et 3,6% à l’échelle globale », poursuit Christophe Morel.

Par ailleurs, l’impact positif du programme fiscal américain sur la croissance du pays est déjà perceptible. « Il pourrait être de l’ordre de 0,3% /an sur les 10 prochaines années. En revanche, il faut être conscient des conséquences de ce stimulus fiscal sur le ‘ Twin Deficit ’, autrement dit les déficits fiscal et courant du pays ». Cette politique de soutien comporte donc certains risques sur le plan de l’endettement fédéral.


Un processus « normal » de remontée de l’inflation, sans risque d’excès

Ces statistiques encouragent-elles à réviser à la hausse les pressions inflationnistes ? Après une si longue attente, la remontée de l’inflation dans le sillage de l’amélioration conjoncturelle et de la progression salariale, qui commence à se manifester outre-Atlantique, est un processus normal et même souhaitable. Des tensions sont observées sur le marché de l’emploi en zone euro (notamment en Allemagne et en France) et aux Etats-Unis, un déséquilibre propice à l’inflation salariale. « Il faut toutefois relativiser ce mouvement : il n’existe pas d’explosion des salaires à ce stade, le risque de surchauffe de la croissance et de l’inflation est aujourd’hui très faible », nuance Christophe Morel.

Le raffermissement de l’inflation est plus lent en zone euro qu’outre-Atlantique, une différence assez logique puisque l’Europe est moins avancée que les Etats-Unis dans le cycle d’expansion. « Nous pensons que la remontée progressive de l’inflation sous-jacente va se poursuivre tant aux Etats-Unis qu’en zone euro, mais nous nous démarquons du consensus avec des projections plus soutenues : respectivement 1,7% et 2,5% en zone euro et aux Etats-Unis en 2018 (contre 1,4% et 2,1% pour le consensus), puis 2% et 2,6% en zone euro et aux Etats-Unis en 2019 (contre 1,4% et 2,1% pour le consensus) ».


Fed : le relèvement des taux directeurs se poursuivra sur un rythme graduel

La Fed se montre confiante à l’égard des perspectives de croissance et d’inflation, selon ses dernières Minutes et les propos de Jérôme Powell, fin février. « Nous avons très tôt anticipé un scénario de trois hausses des Fed Funds en 2018. Nous envisageons désormais une probabilité accrue de voir 4 hausses plutôt que 3. Les déclarations de Jérôme Powell laissent entendre que le resserrement continuera sur un rythme graduel, avec un relèvement par trimestre » analyse-t-il.

« En zone euro nous pensons que la BCE mettra fin à son programme d’achats d’actifs en septembre prochain, qu’elle pré-annoncera officiellement lors de sa réunion monétaire de juin ». Trois raisons principales soutiennent cette hypothèse :
- 1/ les anticipations d’inflation se révèlent un peu plus élevées qu’anticipé par la banque centrale ;
- 2/ il devient de plus en plus difficile pour Mario Draghi d’obtenir des accords unanimes sur les décisions monétaires, au sein du conseil des gouverneurs ;
- 3/ la BCE est confrontée à une raréfaction des titres à acheter, après des années de quantitative easing sur un large spectre de segments obligataires. La banque centrale restera malgré tout accommodante, puisque son bilan sera maintenu.

www.groupama-am.com/fr/

 

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