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Impact investing et Objectifs de développement durable

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Chronique de Masja Zandbergen, Responsable de l'intégration ESG chez Robeco

Si vous êtes dans l'investissement (durable) et que vous n'avez pas encore entendu parler des Objectifs de développement durable (ODD), c'est que vous étiez probablement en congé sabbatique depuis un an et demi.

Ils sont en effet partout. Les grands fonds de pension ont déjà fixé des objectifs assez ambitieux et les gérants d'actifs développent des produits qui leur sont liés. L'impact investing prend ainsi une nouvelle dimension. On passe d'une niche à une pratique courante, d'investissements illiquides à des investissements liquides et de projets et investissements à impact direct à viser à comprendre l'impact de l'ensemble des entreprises et pays. Il est donc grand temps de donner quelques précisions sur les principes élémentaires de l'impact investing.

La définition de l'Impact investing est la suivante : « Investissements réalisés dans des entreprises, organisations et fonds, dans l'intention d'avoir un impact sur le plan social et environnemental en même temps que de générer de la performance financière. » Il comprend 3 éléments clés :

- Intentionnalité : l'investissement doit chercher à avoir un impact social et/ou environnemental positif
- Retour financier : l'investissement devrait selon toutes attentes générer de la performance financière
 Mesure de l'impact : les impacts visés et non visés doivent être mesurés et faire l'objet d'un compte rendu.

Avant d'investir, il est donc nécessaire de définir clairement quel est l’impact visé par le fonds, ainsi que le rendement attendu (et le risque). À partir de cette intention, des mesures de l'impact peuvent être définies et surveillées.


Les ODD fournissent un bon cadre de départ

Les ODD constituent un cadre adéquat permettant de déterminer l'impact social et environnemental visé d'un investissement ou d'un projet. Ils ont été lancés en septembre 2015 pour succéder aux Objectifs du millénaire pour le développement, lequel comportaient 8 objectifs. Si de gros progrès ont été accomplis, de nombreux problèmes de dimension mondiale doivent encore être résolus.

En lançant les ODD, les Nations Unies ont spécifiquement invité les entreprises et les établissements financiers à contribuer à ce que les objectifs soient atteints. Certains des plus grands fonds de pension et gérants d'actifs ont relevé ce défi. Les 17 objectifs sont indiqués dans l'aperçu accessible ici

Ils ne sont pas tous investissables de manière égale et ils ne sont pas tous pertinents pour l'ensemble des organisations. Certains investisseurs ont donc décidé de se concentrer sur quelques-uns, tandis que d'autres les ont regroupés dans des objectifs de niveau supérieur à viser. Ces objectifs se sont toutefois révélés être un cadre pratique pour déterminer l'impact qu'un investisseur vise à avoir.

Les Nations Unies ont fourni pour chaque objectif des orientations quant à l'impact visé pour chacun d'entre eux. Par exemple, l’ODD 3 vise à promouvoir la bonne santé et le bien-être et inclut des cibles à long terme pour l'éradication de maladies graves telles que le paludisme. Sur un plan plus fonctionnel au quotidien, il vise à faire en sorte que chacun puisse bénéficier d'une couverture sanitaire universelle et à un coût abordable, mais aussi à réduire de moitié à l'échelle mondiale le nombre de décès et de blessures dus à des accidents de la route. 

C'est dans ces domaines que les entreprises peuvent s'engager directement. Si l'on examine ces objectifs spécifiques de plus près, il est clair que l'évaluation de l'impact d'une entreprise sur cet ODD est moins évidente qu'il n'y paraît. Par exemple, toutes les entreprises du secteur de la santé ne contribuent pas automatiquement à la réalisation de l'ODD 3 : une plus grande attention devrait être portée aux activités visant à combattre certaines maladies et d'un point de vue régional, celle-ci devrait plus cibler les pays en voie de développement.
De plus, les entreprises du secteur de la santé ne sont pas les seules à pouvoir contribuer à cet objectif. Les sociétés des secteurs des transports et de la finance peuvent par exemple elles aussi y participer. Dans le même temps, des entreprises peuvent aussi contribuer de manière négative à l'objectif par le biais de la pollution ou de produits qui ne sont pas bons pour la santé. Il est nécessaire de prendre en compte cet aspect négatif, car lorsqu'il s'agit de mesurer la contribution globale pour un produit spécifique, la difficulté réside souvent dans le fait de mettre en balance son effet positif et l'effet parfois négatif engendré par son processus de fabrication.


Des retours financiers restent nécessaires

La plupart des investisseurs institutionnels exigent un rendement financier attractif pour leurs investissements d'impact. Néanmoins, ce qui consistait en des initiatives traditionnelles d'impact investing devient une approche plus courante et ce domaine étant relativement nouveau, les investisseurs devraient aussi tenir compte du fait qu'ils pourraient réaliser des investissements dont les rendements n'ont pas été avérés. Investir dans des entreprises qui apportent des solutions à des problèmes mondiaux me semble tout simplement être une bonne stratégie d'investissement !

Par ailleurs, étant donné que le but de l'impact investing est de faire une réelle différence sur le plan social ou environnemental, nous devons également mesurer cet impact de nos investissements. Actuellement, ce sont généralement les résultats qui sont mesurés (émissions de CO2, engagement du personnel, etc.). Les mesures d'impact concernent des résultats tels que l'augmentation de la biodiversité, un impact plus faible en matière de changement climatique et la croissance économique générée. Les fonds traditionnels d'investissement d'impact ont déjà mis au point des méthodologies pour mesurer leurs résultats : dans la microfinance, par exemple, on mesure le degré d'accessibilité pour les femmes et dans les zones rurales, ainsi que le nombre d'emplois créés.

Au sein des entreprises, un autre exemple intéressant, le fabricant d'ingrédients alimentaires, Christian Hansen cible les ODD. Cette société produit des micro-organismes et enzymes alimentaires, des produits nutritionnels et de santé, ainsi que des colorants naturels. Elle a déterminé que 81% de ses produits contribuaient directement, et de manière positive, aux ODD 2, 3 et 12 en encourageant l'agriculture durable, en améliorant la santé mondiale et en réduisant les déchets alimentaires.
Dans le milieu universitaire, de nombreux cadres scientifiques ont en outre été établis afin de mesurer l'impact. Les scientifiques et le secteur financier doivent travailler main dans la main pour apporter des solutions pratiques à cette difficulté en termes de mesures.

Même si les enjeux et obstacles sont nombreux, il est nécessaire que l'impact investing cesse d'être une niche et se généralise. Le secteur financier doit relever ces défis afin de montrer que l'impact investing peut réellement être mis en œuvre à grande échelle pour apporter un changement, là où un changement s'impose.

www.robeco.com/fr

 

 

 

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