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Brexit : pourquoi le Royaume-Uni a vraiment besoin d’un accord commercial de transition avec l’UE ?

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Selon Euler Hermes, leader mondial de l’assurance-crédit, sans accord de transition sur le commerce de biens et services entre l’UE et le Royaume-Uni, les défaillances d’entreprises britanniques pourraient fortement augmenter en 2019.

En effet, en 2019, le Royaume-Uni quittera officiellement l’UE, mais il faudra certainement plus de temps aux deux parties pour s’entendre sur un accord définitif de libre-échange. Un accord commercial de transition permettrait alors de prolonger les négociations bilatérales jusqu’en 2021. Durant cette période, le Royaume-Uni pourrait garder son accès au Marché Unique. En contrepartie, il continuerait à verser ses contributions à l’UE, se conformerait à certaines réglementations, et garantirait l’absence de contrôles migratoires entre les deux zones.

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Dans sa dernière étude « The Taming of The Brexit », Euler Hermes prévoit différents scénarios pour l’économie britannique.

Dans le pire des cas, si le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord de libre-échange dès 2019, 3 300 défaillances d’entreprises britanniques supplémentaires pourraient être enregistrées cette même année. Cette hausse de +15% porterait le nombre total de défaillances britanniques à 25 100 en 2019.

Si toutefois un accord transitoire de libre-échange est signé entre les deux parties, l’impact négatif pourrait être bien moindre. Les défaillances d’entreprises britanniques ne croîtraient que de +3% en 2019 (1 000 défaillances additionnelles), après une hausse de +5% en 2017 et +6% 2018. En parallèle, les investissements étrangers devraient reculer de -2,5%. Les exportations en valeurs continueraient de croître, de +1,6%. Une performance relativement faible, mais qui reste positive, compte tenu de la dépendance des entreprises britanniques aux biens importés et de la dépréciation de la livre.

Si aucun accord de transition n’est trouvé, et que le divorce définitif est prononcé, les pertes à l’export pour le Royaume-Uni en 2019 s’élèveraient à -30 Mds £ dans le secteur des biens et à -36 Mds £ dans les services. Cela équivaudrait à une contraction des exportations britanniques de -6% par rapport à 2018. Le niveau d’investissements étrangers devrait lui aussi être affecté, et chuter de -8%.

Le Royaume-Uni entrerait en récession dès 2019 en cas de Brexit sans accord de libre-échange avec l’UE, avec un PIB qui se contracterait de -1,2%, selon Euler Hermes. En revanche, un accord de libre-échange transitoire déboucherait sur un ralentissement, mais l’économie britannique continuerait de croître à +0,9%.


La France doit-elle espérer la signature d’un tel accord ?

Les entreprises françaises commerçant avec le Royaume-Uni, ou implantées au Royaume-Uni, seront forcément affectées par le Brexit, quelle qu’en soit l’issue, via trois canaux principaux :
- la dépréciation de la livre,
- le ralentissement de l’économie britannique,
- la hausse des défaillances d’entreprises attendue au Royaume-Uni dans les années à venir.

« En cas de signature d’un accord commercial transitoire, la France serait relativement épargnée par le Brexit. En 2019, dans un tel scénario, les pertes à l’export pour les entreprises françaises s’élèveraient à -600 M€, et les investissements croisés entre les deux pays seraient amputés de -1 Mds €. En revanche, si le divorce entre le Royaume-Uni et l’UE est prononcé dès 2019 sans accord de libre-échange, l’addition sera bien plus lourde pour la France : les pertes à l’export représenteraient -2,9 Mds € en 2019, et les investissements croisés se contracteraient de -5,7 Mds € cette même année. Finalement, pour limiter l’impact du Brexit, les entreprises françaises doivent aussi espérer la signature d’un accord commercial provisoire », commente Ana Boata, économiste en charge de l’UE chez Euler Hermes.

Plus d’information: www.eulerhermes.com

 

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