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Il est temps de revenir sur l’Europe

Britta Weidenbach, Responsable de la Gestion Actions Européennes au sein de Deutsche Asset Management, revient sur l’issue de l’élection présidentielle française.

Ce que nous considérions comme le principal risque politique en Europe pour l’année en cours a finalement été écarté avec l’issue de l’élection présidentielle française. Les courants populistes semblent donc marquer le pas, pour le moment du moins. Nous avons profité de cette opportunité pour ajuster notre exposition sur les actions européennes que nous surpondérons désormais dans nos portefeuilles. Nous sommes en effet convaincus que ce sont ces mêmes incertitudes politiques qui dissuadaient jusqu’ici les investisseurs, principalement étrangers, de réorienter leurs placements vers l’Europe.

Les avantages du Vieux Continent sont indéniables : outre la stabilité de l’environnement économique, la croissance des bénéfices des entreprises européennes plaide clairement en faveur d’investissements en Europe. Nous anticipons d’ailleurs, pour 2017, une croissance des résultats à deux chiffres par rapport aux niveaux enregistrés en 2016. Les publications de résultats depuis le début de l’année semblent valider nos anticipations positives sur les fondamentaux de l’économie européenne. Les actions européennes se négocient à des niveaux particulièrement raisonnables, surtout en comparaison de leurs homologues américaines. Alors même que de nombreux investisseurs affirment trouver l’Europe attractive, cela ne se reflète pas dans leurs allocations. 2017 devrait pourtant être une année charnière pour la zone : les bénéfices devraient y faire leur retour à des niveaux satisfaisants après 5 années complètement atones.
Avec l’élection d’Emmanuel Macron, c’est un allié pro-européen de choix qui se retrouve à la tête du plus important partenaire politique de l’Allemagne ; une succession qui pourrait venir soutenir les attentes des investisseurs autour d’une meilleure intégration européenne, notamment grâce à la mise en place d’une politique budgétaire plus intégrée et proactive.

L’Europe devrait donc terminer l’année sur une note plus positive qu’elle ne l’avait commencée : cette élection pourrait en effet contribuer à sa stabilisation. Evitons toutefois de nous laisser aveugler par son dénouement puisque les résultats du second tour révèlent simultanément une nette insatisfaction des Français à l’égard de leur classe politique et une perte de confiance à l’égard des partis traditionnels. Reste néanmoins un élément positif à retenir : les six derniers rendez-vous électoraux européens ont tous vu les candidats nationalistes enregistrer des scores en deçà de ceux qu’avaient suggérés les sondages.

Pour conclure : si nous assistons à un léger recul du risque politique à travers l’Europe, gardons à l’esprit que la sortie de la Grande Bretagne de l’Union va nécessairement générer des tensions et de l’incertitude. Nous nous attendons donc à ce que le Brexit pèse, au moins à court terme, non seulement sur l’économie outre-Manche mais aussi sur l’économie européenne dans son ensemble. Même si les négociations se déroulent sans heurts majeurs, au mieux, cela limitera-t-il les dégâts sans les faire disparaître pour autant. Le risque le plus aigu réside désormais dans la situation italienne avec un secteur bancaire fragile et une forte défiance des électeurs vis-à-vis du politique sur fond de croissance économique ralentie. La tenue de nouvelles élections ne devrait toutefois pas y intervenir avant le 4e trimestre 2017.

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