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L'expansion économique mondiale va se poursuivre indépendamment des chocs politiques ou protectionnistes

ER - Analyses de marchés
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Par John Greenwood, Economiste en chef chez Invesco

Les doutes croissants sur la capacité de Donald Trump à mettre en œuvre ses projets de politique budgétaire en faveur de la croissance ont mis un terme au « rally lié à la reflation » qui a soutenu les marchés boursiers dans le monde développé et émergent au cours des quatre derniers mois. Cela pourrait stopper net l'élan du marché, qui marquerait alors une pause. Cependant, l’élément de soutien le plus important des marchés boursiers à long terme reste l’orientation du cycle économique aux États-Unis, car il offre l'espoir d'une reprise prolongée qui pourrait encore durer plusieurs années, indique John Greenwood, l'économiste en chef d'Invesco dans ses Perspectives économiques trimestrielles pour le 2ème trimestre 2017. Les États-Unis sont si importants et si dominants, non seulement en termes de PIB, mais aussi en termes d'impact financier sur le crédit, les marchés actions, l'immobilier et les autres marchés financiers développés et émergents, que cela a des implications extrêmement importantes au niveau de l'économie mondiale.

« Dans chaque cycle économique, la valeur des actions et de l'immobilier est fondamentalement déterminée par le niveau de l'activité - ou les anticipations concernant cette activité », explique John Greenwood. « À cet égard, le contexte économique hérité par le président Trump lors de son arrivée au pouvoir est singulièrement favorable ». Les banques américaines et les ménages qui ont été surendettés avec la crise de 2008/2009 ont à peu près terminé de remettre sur pied leur bilan, l'inflation est faible et la Fed a pu commencer sa normalisation des taux d'intérêt à court terme. L'économiste en chef d'Invesco voit donc très peu de risque menaçant la poursuite du cycle économique actuel aux États-Unis.

La question centrale qui se pose, explique-t-il, sera de voir si la croissance de la masse monétaire et du crédit peut être maintenue à 6/8% par an, comme cela était le cas en 2015/16. Si la Fed, les banques commerciales et les marchés de capitaux sont en mesure de maintenir ces taux de croissance de la masse monétaire et du crédit, même si les marchés obligataires et actions sont temporairement affectés par des chocs politiques ou protectionnistes, les économies américaine et mondiale devraient être capables d’absorber la normalisation progressive des taux d'intérêt aux États-Unis, et de continuer àcroître durant plusieurs années avant que le cycle économique n'atteigne un pic. John Greenwood attend une croissance du PIB réel aux États-Unis de 2,3% en 2017 et de 2,6% en 2018.

Dans la zone euro, l'environnement à court terme va continuer d'être dominé par la politique - élection présidentielle française en mai et allemandes en septembre alors que les négociations sur le Brexit vont se prolonger. Selon John Greenwood, les perspectives économiques de la zone euro, qui restent modérées à court terme, sont loin d’être robustes à long terme. La croissance du PIB réel reste stable à environ 1,5/1,7%, et bien que l'inflation globale ait augmenté temporairement à 2% en février, elle devrait régresser au cours des prochains mois. L'économiste en chef d'Invesco s'attend à ce que l'économie de la zone euro affiche une croissance de 1,6% en 2017.

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

En Grande-Bretagne, les avancées ou les reculs dans les négociations sur le Brexit avec l'UE se refléteront directement dans le cours de la livre sterling, qui sera inévitablement volatil. Cela dit, l'inflation importée par la dépréciation de la livre sterling réduira les dépenses des consommateurs en termes réels au Royaume-Uni, alors que l'incertitude générale sur les conditions de sortie va peser sur l'investissement direct étranger. Cependant, les exportateurs du Royaume-Uni commencent à bénéficier de la baisse de la livre et, globalement, la performance de l'économie britannique a constamment contredit les prédictions d'un ralentissement économique post-Brexit, grâce notamment à la stabilité de la masse monétaireet la croissance du crédit. « Tant que l'économie continue de croître et que lesvents sont favorables aux exportations grâce à la dépréciation de la monnaie, les investissements resteront robustes », souligne John Greenwood. Il prévoit une croissance du PIB réel de 1,9% au Royaume-Uni en 2017.

Au Japon, la consommation et l'investissement domestique restent faibles et ne devraient pas accélérer en 2017. La dépréciation du yen a stimulé les exportations et les bénéfices des entreprises, mais il est peu probable que l'augmentation des profits bénéficie aux travailleurs sous la forme d’augmentation des salaires. La politique des "Abenomics" n'a toujours pas permis de relancer significativement l'économie nationale et l'inflation globale demeure très basse à 0,3% alors que l’assouplissement quantitatif mal conçu de la Banque du Japon n'a pas réussi à produire une croissance significative de la masse monétaire ou du crédit. L'économiste en chef d'Invesco s'attend à ce que la croissance du PIB réel japonais atteigne en moyenne 1,1% en 2017, alors qu’un recul du yen devrait porter l'inflation globale à 1,0%.

En Chine, John Greenwood considère qu’une reprise interne régulière sur les prochains mois est peu probable compte tenu du ralentissement brutal de la croissance du crédit sur l’année passée et des problèmes liés à l'accumulation de l'endettement en Chine. En conséquence, les perspectives pour les économies émergentes exportatrices de matières premières restent également médiocres pour toute l’année 2017. Les plus petites économies manufacturières d'Asie de l'Est qui sont fortement impliquées dans l'approvisionnement régional - notamment de la Chine - dépendront beaucoup plus de la croissance des exportations liée au cycle de reprise qui est en cours aux États-Unis, que d’un retournement dans l'économie domestique chinoise, estime M. Greenwood.

« Une demande émanant de la zone euro, du Japon et du Royaume viendra progressivement renforcer la demande finale provenant des États-Unis, qui resteront la locomotive économique dans ce processus », note John Greenwood.

www.invesco.fr/


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