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[Avis d’Expert] Soulagement pour la zone euro

ER - Analyses de marchés
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Par Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

La hausse brutale des marchés après le premier tour des élections françaises prend acte, avec raison, de l’amélioration des perspectives en zone euro. La quasi-élection d’Emmanuel Macron, après l’échec de l’extrême-droite aux Pays-Bas et la chute de l’AfD dans les sondages en Allemagne éloigne la menace populiste et fait émerger la perspective d’un groupe d’états du Nord, incluant la France, déterminé à assurer l’avenir de l’euro et à influer pour des réformes structurelles. Le soulagement est réel, car un autre candidat, dont les probabilités de succès électoral n’étaient pas nulles, plaidait au contraire pour une coalition du Sud et pour engager une confrontation hasardeuse avec l’Allemagne. Pour autant, le premier tour des élections a aussi montré l’enracinement des positions idéologiques anti-européennes et promet une résistance farouche au réformisme libéral d’Emmanuel Macron. Enfin, sa majorité parlementaire n’est pas assurée, car une partie de l’électorat de LR a voté en raison des affaires et rétablira ses préférences lors des législatives. Pour réellement peser, il lui faudra donc montrer autant de talent en tant que président qu’il n’en a eu comme candidat. Un défi que beaucoup de ses prédécesseurs n’ont pas su relever.

 


Trump n’a plus droit à l’échec

Attendue comme le point d’orgue du programme économique de Donald Trump, l’annonce préliminaire de la réforme fiscale américaine a manqué son plein effet. Le fond y était pourtant :
- réduction du taux d’impôt sur les sociétés de 35 à 15%,
- taux attractif (à déterminer) pour permettre de rapatrier le cash off-shore des sociétés,
- réduction du nombre de tranches de l’impôt sur le revenu et diminution de certains de leurs taux.

Mais ce plan peine à convaincre les marchés car son impact sur le déficit pourrait empêcher qu’il recueille la majorité nécessaire des représentants. Une partie des parlementaires républicains, notamment l’aile droite, est hostile à une hausse des déficits. Or, en l’absence d’effet sur la croissance, il impliquerait (selon le CRFB) un supplément d’endettement de 3 à 7 Trds à horizon 10 ans, des niveaux qui alarmeront les faucons républicains. La maison blanche avance que le supplément de croissance effacera totalement la baisse de revenus mais il aura du mal à convaincre, au vu notamment de la situation de plein emploi de l’économie américaine. Il faudra donc que Donald Trump tire rapidement la leçon de son échec sur l’obamacare pour aboutir rapidement sur ce dossier. En cas de succès, c’est l’économie globale qui bénéficierait d’un supplément de demande en provenance des US.


La BCE garde la tête froide

Mario Draghi ne s’est pas laissé presser par l’euphorie ambiante causée par le soulagement politique et l’apparente embellie économique. Il a concédé du bout des lèvres que les risques baissiers sur l’économie avaient diminué. Il faudra donc attendre probablement le mois de juin pour entrevoir ce que sera le calendrier de normalisation de la politique monétaire de la zone euro. En tout état de cause, les conditions financières resteront donc très favorables cette année, avec des niveaux de taux réels très faibles (inférieurs à -1% sur le 10 ans allemand), ce qui soutiendra les actifs risqués.

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