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L’inflation revient au cœur des stratégies obligataires

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L’analyse d’Eric Bertrand, directeur des gestions taux et diversifiées chez OFI AM

Le plan Trump de relance budgétaire pourrait potentiellement relancer l’inflation aux Etats-Unis. De son côté, la zone euro est sortie du risque de déflation. Le relèvement des anticipations inflationnistes redevient ainsi une thématique à privilégier sur les marchés obligataires.


L’inflation fait-elle son grand retour ?

Aux Etats-Unis, l’économie approche de la fin d’un grand cycle de reprise. Si le plein-emploi est une réalité, les embauches concernent dans l’ensemble des postes peu qualifiés. Mais nous observons un vrai effet de second tour sur le niveau des salaires dont la hausse atteint 2,5% en rythme annuel. Cette revalorisation touche tous les niveaux de salaires et soutient donc directement la consommation. Par conséquent, les conditions d’un regain inflationniste aux Etats-Unis se dessinent clairement. Pour autant, à 2,5% en rythme annuel, l’inflation ne fait que revenir vers une situation normale, conforme aux moyennes historiques.

En Europe, le taux d’inflation reste plus modeste et devrait se maintenir autour de 1,6-1,8% au cours des prochains mois. On ne peut pas parler pour autant de retour de l’inflation car les effets de second tour sur les salaires restent pour le moment très limités, même si nous sommes sur une tendance de baisse du chômage au niveau européen. Le taux de chômage harmonisé ressort à 9,6% dans la zone euro : 3,9% en Allemagne, 9,6% en France, 12% en Italie et 18,4% en Espagne. La France et l’Italie ne sont pas dans une dynamique positive, contrairement à l’Allemagne et l’Espagne qui ont vu leur taux de chômage baisser durablement grâce à la mise en place de réformes structurelles. Dans ces pays, les négociations salariales ont récemment abouti à de premières augmentations. Au final, la croissance devrait se maintenir autour de 1,5/1,6% en zone euro. Le risque de déflation semble écarté.

Facteur clé expliquant le regain d’inflation global, les prix du pétrole sont repassés durablement au-dessus des 50$, soutenus par les accords de limitation de la production, décidés à Alger fin novembre, entre les membres de l’OPEP et la Russie. La sortie de récession de plusieurs pays émergents - Russie, Brésil - devrait également soutenir la demande mondiale en 2017. Pour autant, l’envolée des cours n’aura pas lieu car au-delà d’un certain niveau de prix, les producteurs de pétrole de schiste nord-américain commencent à revenir sur le marché.

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Contexte favorable pour les obligations indexées sur l’inflation

Le plan de relance budgétaire promis par Donald Trump, pour autant qu’il soit implémenté, devrait inciter la Fed à augmenter ses taux plus rapidement que prévu et entraîner une hausse de la prime de terme. En conséquence, le dollar a toutes les raisons de poursuivre son appréciation. La hausse du billet vert pourrait davantage pénaliser les pays émergents que l’économie américaine elle-même, modérément sensible au niveau des exportations.

En revanche, une baisse de l’euro aura des effets positifs plus marqués sur l’activité, l’économie européenne étant davantage ouverte sur l’extérieur. Dans ce contexte, si la BCE devrait piloter une normalisation graduelle des taux et réduire progressivement son plan d’achat d’actifs (QE), la menace inflationniste reste moindre. Mais la poursuite à un rythme élevé de cette politique non conventionnelle pourrait engendrer la formation de bulles.

Ainsi, ces différents facteurs devraient conduire à une hausse du rendement des emprunts d’Etat et au relèvement des anticipations inflationnistes. Le contexte nous semble donc favorable à une stratégie visant à performer dans la hausse des anticipations d’inflation en se protégeant de risques de remontée des taux réels (stratégie de break-even inflation). Un potentiel de rattrapage existe encore en zone euro, malgré le retour du risque politique et un « timing » compliqué à court terme. Le risque d’un relèvement brutal des taux en Europe est pour le moment inexistant et le potentiel d’appréciation des anticipations d’inflation est plus fort de ce côté-ci de l’Atlantique où les anticipations d’inflation sont encore éloignées de la cible de la BCE (1,25% vs 2%) à la différence des Etats-Unis.

www.ofi-am.fr

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