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Reprise mondiale synchronisée = investisseurs optimistes

ER - Analyses de marchés
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Pour Lukas Daalder, Directeur de l’investissement Robeco Investment Solutions : “Une reprise synchronisée de l'économie mondiale rend les investisseurs plus optimistes. Des risques subsistent toutefois pour les actions...”

En février, le Dow Jones Industrial Average a réussi à afficher 12 niveaux record consécutifs et le sentiment positif provoqué par la solidité des données économiques ne montre aucun signe d'affaiblissement. Toutefois, en raison de l'approche d'un calendrier politique chargé et de l'inquiétude persistante face aux déclarations imprévisibles du président américain Donald Trump, Robeco reste pour l'instant neutre sur les actions.

Selon Lukas Daalder, les données sous-jacentes sont restées principalement positives dans l'ensemble des régions et l'Europe a en particulier surpris à la hausse. « On assiste pratiquement partout à une reprise des dépenses de consommation et les indicateurs de confiance des producteurs et des consommateurs sont à des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis un certain temps. » 

Nous sommes en présence d'une reprise économique synchronisée. Il n'est donc pas étonnant que les actifs risqués affichent de bonnes performances. Un momentum positif généralisé de cette magnitude n'avait plus été observé depuis 2009, au moment où l'économie mondiale rebondissait enfin après la profonde récession.

L'accélération du momentum de croissance est telle que les marchés actions sont fortement enclins à accepter tous les obstacles éventuels, aussi bien l'incertitude liée aux élections en Europe, les derniers projets (et tweets) de Donald Trump ou les menaces de plus en pesantes sur la mondialisation. Rien de tout cela ne semble en mesure de porter un coup au sentiment positif observé actuellement dans les segments risqués des marchés financiers.

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 


Même Donald Trump a un effet positif

Cette situation a même bénéficié du soutien de Donald Trump, dont le ton s'est fait plus conciliant lors de son discours prononcé devant le Congrès américain. D'après Lukas Daalder, le nouveau président a d'un seul coup assuré son soutien à l'OTAN, s'est abstenu de parler des fausses informations et a même semblé prêt à tendre la main à ses opposants. Cela a provoqué un soulagement et les actions ont progressé sous l'effet d'une diminution des tensions.

Pour Lukas Daalder, il n'y a qu'une seule chose qui cloche dans ce scénario : les actions ne faisaient au départ l'objet d'aucune montée des tensions. La volatilité a été quasi-inexistante, les actions se négociant la plupart du temps dans une fourchette très étroite.

Par conséquent, si les actions ne reculent pas en raison des risques croissants, mais qu'elles progressent lorsque ces risques semblent quelque peu avoir diminué, la conclusion est bien simple : les marchés actions veulent être à la hausse et se cherchent des raisons de le faire. Toutes sortes de scénarios désagréables sont bien sûr possibles, mais tant qu'ils ne se concrétisent pas, les marchés actions semblent pour l'instant tout à fait prêts à les ignorer.


« Le côté obscur de la Force »

Selon Lukas Daalder, ces « scénarios désagréables » ne doivent pas être ignorés. Il y a un autre aspect à prendre en compte : si les marchés actions peuvent choisir d'ignorer les dernières déclarations imprévisibles de Donald Trump, il est clair que les décisions d'investissement des entreprises se font sur la base de considérations plus solides.

Lukas Daalder explique qu'un certain nombre d'incertitudes qui pourraient être d'une importance cruciale pour toute décision d'investissement continuent de planer sur le marché. « Aux États-Unis, figurent parmi elles les tarifs douaniers et autres menaces liées à Donald Trump. En ce qui concerne l'Europe, nous sommes confrontés à l'éventuelle menace de la montée en puissance de mouvements plus populistes lors des élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. S'ajoute à cela le déclenchement de l'Article 50 par le Royaume-Uni pour entamer le processus du Brexit. »

Lukas Daalder est également convaincu que les données économiques qui ont alimenté le rallye des actions pourraient être proches d'un point d'inflexion. L'indice des directeurs d'achat (PMI) a jusque-là systématiquement dépassé la barre des 50, le niveau indiquant une expansion. Le rallye a en grande partie été basé sur le fait que les données ressortaient supérieures aux prévisions générales des économistes et des analystes, une tendance mesurée par l'indice Citi Surprise.

Toutefois, le potentiel de bonnes surprises a nettement diminué : l'indice Citi Surprise finit toujours par revenir à la moyenne, et avec un indice systématiquement supérieur à 50 et nettement au dessus de 70 dans la zone euro, le risque de voir le vent commencer à tourner est bien présent. « La solidité du contexte macroéconomique actuel aura-t-elle un momentum suffisant pour porter les actions à la hausse, même si les données n'apportent plus de surprises ? »

Et commenceriez-vous réellement à investir alors que toutes ces questions restent en suspens ou préféreriez-vous avoir un peu plus de certitudes ? Libre à certains d'investir, mais de manière général, la situation actuelle ne semble pas être un parfait exemple de boom de l'investissement. Il faudrait pour cela plus de clarté. C'est pourquoi nous sommes pour l'instant neutres sur les actions. »

https://www.robeco.fr/


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