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Michel Rocard pessimiste quant aux perspectives de croissance en 2013.

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Près de cinq cents personnes étaient présentes le 10 janvier 2013 à Paris lors du Congrès Inaugural de Cerenicimo avec, pour invité principal, l'ancien Premier ministre, Michel Rocard. Se sont également succédés à la tribune Frédéric Dabi, Directeur Adjoint de l’IFOP, Jean-Louis Le Boulc’h, avocat fiscaliste, cabinet Agika’ et Benjamin Nicaise, Président de Cerinicimo.

Invité à livrer son analyse du contexte macroéconomique, l'ancien Premier ministre a déclaré qu'il ne croyait pas à un retour de la croissance en 2013 et a mis en exergue certains des maux à l’origine de cette analyse particulièrement sombre :

- Un marché de l’emploi en berne avec un taux de chômage atteignant les 10%.

- Une sphère de la finance privée aussi omniprésente que déconnectée de l’économie réelle, notamment à l’origine de la crise financière de 2008.

- Des finances publiques exsangues et des Etats à la limite de la faillite. La Grèce est à ce titre un cas emblématique, mais la soutenabilité du modèle de développement par la dette des Etats-Unis a également été pointée du doigt.

- Une chute sans précédent de la productivité française.

- Une modification des équilibres économiques mondiaux.

- Une coopération internationale en panne et la fin d’un certain « vouloir vivre ensemble ».

- Une pollution massive faisant peser un risque majeur pour l'humanité.

Sur les questions fiscales, Michel Rocard a rappelé qu'il fut hostile à la loi TEPA qu'il considère comme une insulte envers ceux qui gagnent peu. Il a également précisé désapprouver la création d'une taxation des revenus à 75%, car « il ne faut pas chercher la vengeance fiscale ».

Sur le dossier des retraites, complexe et particulièrement illisible, il juge l’état du système français « dramatique » et s’avoue particulièrement inquiet sur l’équilibre financier du système. Il a ainsi rappelé que, pour sauver les retraites, un préalable s’impose : une baisse du chômage, car un chômeur de moins est un cotisant de plus.

Une taxation renforcée des revenus, mais une « sanctuarisation du LMNP »

L'avocat Jean-Louis le Boulc’h (Agika’), a dressé un panorama des rares incitations fiscales encore présentes dans la Loi de Finances 2013 :

- La loi Duflot en faveur de l’investissement locatif (succédant au dispositif Scellier) a fait l’objet d’une présentation et d’une analyse détaillée. Le constat établi est plutôt pessimiste quant à la capacité de cette mesure à remplir ses objectifs (création de 500 000 logements, dont 150 000 sociaux) et à attirer les investisseurs. Avec des plafonds de loyers et de ressources plus bas, une coloration sociale plus marquée, des rendements immobiliers dégradés et une prime fiscale peu attractive, le succès du dispositif est loin d’être acquis.

- La prorogation du dispositif Censi-Bouvard jusqu’en 2016 a ensuite été évoquée. Cette mesure permet aux investisseurs d’obtenir une réduction d'impôt de 11% de l'investissement, mais au-delà « l'intérêt principal est qu'elle aboutit à sanctuariser le régime du Loueur en Meublé Non Professionnel », a déclaré Jean-Louis Le Boulc'h. En effet, la réduction d'impôt étant confortée, il n'a pas vocation à être remis en cause.

Ces rares incitations fiscales s’inscrivent dans un contexte modifié, celui des nouvelles règles de plafonnement des niches. Le plafond précédemment fixé à 18 000 €, a ainsi été ramené à 10 000 €. La conclusion est sans appel selon Jean-Louis Le Boulc'h : face à la fin de l’ère de la défiscalisation, le contribuable a de plus en plus intérêt à rechercher des revenus non fiscalisés. Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) s’impose comme l’une des rares sphères préservées du durcissement fiscal actuel.

Les comportements d’épargne des Français décryptés par IFOP pour Cerenicimo

Frédéric Dabi, Directeur Adjoint de l’IFOP, a ensuite présenté les principales conclusions de l’enquête IFOP Cerenicimo sur les attentes des Français en matière d'investissement.

- Une majorité de répondants anticipent une augmentation de l’inflation ;

- 81% craignent une hausse des prix au cours des 3 prochaines années ;

- 80% pensent que les pensions seront inexistantes ou insuffisantes.

Face à ce constat, la prudence est de mise et 66% placent la sécurisation du patrimoine investi en 1er critère de sélection d'un investissement et affirment privilégier une gestion en bon père de famille. A ce titre, les actifs réels sont plébiscités :

- 84% estiment que l'immobilier est une valeur refuge, et

- 90% se disent satisfaits du placement immobilier.

Cependant certaines solutions, pourtant performantes à l’image du LMNP, restent très largement méconnues des investisseurs : 70% des personnes interrogées avouent de pas connaître le principe des amortissements dans le cadre de l’immobilier géré.

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