Connexion
/ Inscription
Mon espace

Prix des matières premières : les marchés à la baisse en 2017 ?

ER - Analyses de marchés
ABONNÉS

L'analyse de Daniel Gerino, Président et Directeur de la gestion de Carlton Sélection et Stratégiste d’Intersélection.

La hausse des matières premières depuis l’élection de Donald Trump est un pari spéculatif des investisseurs, qui attendent beaucoup du plan sur les infrastructures censé stimuler la demande des « commodities ». Attention aux déceptions qui pourraient entraîner un retournement des cours, surtout si la croissance mondiale s’avère plus décevante que prévu.

Le constat est sans appel, l’élection de Donald Trump a été bien accueillie par les marchés actions mais aussi du côté de nombreux marchés de matières premières, en particulier pour les métaux. La perspective d’un grand plan d’infrastructures mis en place par la nouvelle administration Trump a amplifié la hausse des prix à partir de novembre, dans un contexte économique global mieux orienté. Or, les marchés ont anticipé un plan très ambitieux, se basant sur les promesses de campagne du candidat républicain alors que ses modalités précises ne sont pas encore connues et sa mise en œuvre n’aura que peu d’impact cette année. Cette frénésie spéculative concernait en particulier le cuivre, le zinc et le fer et a permis d’atteindre des niveaux jamais vus depuis plus de 10 ans : entre le 21 octobre et le 25 novembre, le prix du cuivre a ainsi bondi de 28% et retrouvé ses niveaux élevés de 2005.

Confrontées à d’autres paramètres (demande mondiale moins cyclique mais facteur climatique déterminant du côté de l’offre), de nombreuses matières premières agricoles (sucre, cacao, coton) ont fortement monté en 2016 alors que ces marchés étaient globalement déprimés depuis 5 ans. Deux matières premières, le maïs et le blé, n’ont toutefois pas participé à ce mouvement général. D’excellentes conditions météorologiques ont permis d’obtenir une production abondante. Entre le sommet atteint le 8 juin et la fin novembre 2016, le prix du blé a ainsi baissé de 28% ! Il a remonté de 14% depuis début décembre. Les stocks de blé restent abondants et par conséquent, il y a peu de raisons pour que les prix évoluent à la hausse cette année.


Un baril qui ne devrait pas s’installer durablement au-dessus de 55 dollars

Du côté des prix de l’énergie, le redressement a été spectaculaire. Le prix du gaz naturel a bondi de plus de 50% au cours de l’année mais le rebond a été tardif, à partir du mois d’août. De leur côté, les prix du pétrole affichent une performance annuelle comparable. Le baril se négocie désormais au-dessus de 50 dollars grâce au compromis historique trouvé, le 30 novembre à Vienne, entre les membres de l’OPEP et la Russie pour parvenir à un recul maîtrisé de la production. L’accord qui a pris effet le 1er janvier prévoit une baisse de la production de 1,2 million de barils/jour. L’effort principal est consenti par l’Arabie Saoudite (-500.000 b/j), l’Irak (-200.000 b/j), les Emirats Arabes Unis (-140.000 b/j) etc. L’Iran a obtenu le droit de produire jusqu’à 3,8 millions b/j. Quant à la Russie, elle est prête à faire un effort de réduction de sa production de 300.000 b/j mais étalé sur plusieurs semestres.

Toutefois, la hausse des prix du pétrole permet aux producteurs américains de gaz de schiste non concernés par l’accord de Vienne de revenir en force sur le marché en remettant en état de fonctionnement des puits qui n’étaient plus rentables auparavant. Dans ce contexte de retour du pétrole de schiste sur le marché, le baril n’a aucune raison de s’installer durablement au-dessus des 55 dollars.

L’année 2017 sera donc riche d’incertitudes sur le front des « commodities ». Une croissance mondiale en deçà des prévisions, un accord de Vienne qui ne permettrait pas de faire baisser durablement l’offre de pétrole disponible, un plan Trump sur les infrastructures qui ne tiendrait pas ses promesses etc., les marchés qui font preuve, jusqu’à présent, d’un optimisme à toute épreuve, s’exposent au risque d’un retournement des cours en cas de scénarii moins favorables que prévu.

http://www.carltonselection.fr/

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Lire la suite...


Articles en relation

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les marchés face à une liquidité réduite et à une volatilité augmentée La direction des marchés ne correspond pas toujours à celle qu'attendent les investisseurs. Avec l'accalmie sur le front de la guerre commerciale sino-américaine, un mieux semblait se dessiner, mais l'arrestation de la directrice financière de Huawei a jeté le trouble. Le groupe chinois serait soupçonné d'avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran… Des actifs pestiférés « Deux préoccupations majeures se sont...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Les conséquences du Brexit pour le secteur financier français et européen

Extrait du discours de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France et Président de l'ACPR. Mesdames et Messieurs, … Je salue l'accord qui a été trouvé la semaine dernière entre les négociateurs européens et britanniques et nous espérons tous que celui-ci franchira les prochaines étapes jusqu'à sa finalisation. Mais dans un contexte encore incertain, la prudence s'impose : même si nous ne la souhaitons pas, nous devons aussi nous préparer à faire face à une situation...

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
[Les entretiens d'Esteval] Bruno Colmant, Degroof Petercam

« Nous devons retrouver une économie solidaire et basée sur l'intérêt général » Débats télévisés, émissions de radio, couvertures de presse : le livre de dialogue entre Bruno Colmant, chef économiste de Degroot Petercam, et le prêtre Eric de Beukelaer, ancien proche collaborateur du cardinal Lustiger à Rome, fait un carton en Belgique (1). Il est vrai que leur conversation aborde des sujets qui nous concernent tous, au croisement de la morale et de l'économie. « Le capitalisme anglo-saxon...

ER - Patrimoine et placements
ABONNES
[Abonnés] Notre sélection de fonds de boutiques

Notre liste de fonds de boutiques victime du krach larvé sur les petites et moyennes valeurs Depuis le 4 juillet, notre liste de fonds de boutiques a reculé de 14,8 %. C'est la première fois qu'un repli aussi important est enregistré entre deux mises à jour. Les carnets d'ordres à la vente sur les petites et moyennes valeurs ont été très étoffés. Il s'agit d'un krach larvé. Il faut désormais voir au-delà de la vallée. Heureusement, personne n'investit en actions à trois mois… Les meilleurs...