Connexion
/ Inscription
Mon espace

Marchés obligataires : 35 ans de baisse des taux… et après ?

ER - Analyses de marchés
ABONNÉS

Il y a quelques jours, Swiss Life AM réunissait investisseurs et partenaires, à l’occasion d’une table ronde sur les enjeux des marchés obligataires. Alors que la remontée des taux d’intérêt se confirme, l’équipe de Swiss Life AM a livré sa stratégie en vue d’amortir un potentiel « choc » obligataire.

Invité à s’exprimer en qualité d’investisseur du monde de la prévoyance, Michel Manteau, Responsable du Service Gestion de Portefeuille de la CARMF* a tout d’abord évoqué les enjeux structurels auxquels son institution est confrontée. « Le vieillissement de la population et, d’autre part, la faiblesse des taux au cours des dernières années, ont pesé sur l’équilibre actif-passif des mutuelles et instituts de prévoyance. Nous devons trouver des réponses à l’augmentation des prestations à verser aux souscripteurs, alors même que les sources de rendement permettant de servir nos engagements se sont raréfiées. Globalement, nous avons d’ailleurs dû revoir à la baisse nos espérances de rendement à moyen terme ».

Au sein de sa poche obligataire, la CARMF a créé deux couvertures overlay :
- l’une sur les emprunts souverains, en raison des incertitudes sur l’évolution des taux à moyen terme,
- l’autre sur le crédit, via une macro-couverture sur le compartiment investment grade.
« Cette stratégie doit pouvoir nous permettre de limiter la volatilité et de protéger notre portefeuille, en cas de stress lié à la hausse des taux d’intérêt » précise Michel Manteau.

Dimitri Andraos, Responsable de la Gestion Taux et Crédit chez Swiss Life AM, estime que l’ensemble des indicateurs conjoncturels militent en faveur d’une prochaine hausse de l’inflation et des taux nominaux. L’économie américaine est en plein emploi, les augmentations salariales approchent 4% en rythme annuel outre-Atlantique, tandis que les prix énergétiques et des matières premières sont en cours de correction, après les excès baissiers de 2015. « Dans ces conditions, la Fed sera dans une perspective de remontée des taux directeurs dès le mois de décembre et pour 2017. Nous tablons sur une hausse d’au moins 75 points de base l’année prochaine. De leur côté, les autres grandes banques centrales sont en train de modérer leurs mesures accommodantes. La BCE devrait ainsi se montrer beaucoup plus neutre dans son discours ».


Les ‘floaters’ et les obligations indexées sur l’inflation, des actifs protecteurs dans le contexte actuel

Compte tenu des niveaux historiquement bas atteints par les taux obligataires ces derniers trimestres, une remontée aurait un impact significatif sur la performance des actifs. Une obligation à taux fixe de 0,5% à 5 ans, verrait son rendement se déprécier de 5%, en cas d’une hausse des taux de 100 points de base. Il faudrait un peu plus de 3 ans pour retrouver le montant du capital investi. Quelle est l’alternative pour les investisseurs ? Pour Dimitri Andraos, « les ‘floaters’, ces obligations à taux variable dont le coupon est indexé sur une référence monétaire ou obligataire, offrent une bonne protection. Ils permettent un portage de crédit sans le risque de taux ».

Une autre stratégie consiste à exposer le portefeuille obligataire aux points-morts d’inflation qui sont, en quelque sorte, les taux d’inflation anticipés par les marchés à un instant donné. « Pour les investisseurs, l’exposition au risque d’inflation repose sur un mécanisme synthétique : il s’agit d’acheter des obligations indexées sur l’inflation, tout en les couvrant par la vente de contrats futures sur obligations nominales ». Cette stratégie à l’avantage de comporter une couverture quasi intégrale contre l’évolution des taux et contre le risque de devise.

Enfin, sur le marché du crédit, le compartiment high yield affiche également quelques atouts. « Ses vertus, non seulement de diversification au risque de taux, mais aussi de décorrélation aux autres compartiments obligataires, nous semblent particulièrement attrayantes » indique Gilles Frisch, Responsable de la Gestion Asset Opportunities chez Swiss Life AM. L’équipe surpondère le high yield américain, en particulier le segment noté BB, dont les spreads sont plus intéressants qu’en zone euro. « De plus, nous conservons actuellement 15% de liquidités pour amortir d’éventuels mouvements de repricing et réinvestir. Nous serons d’ailleurs attentifs à la reprise de l’activité du marché primaire américain au début de l’année 2017, où des opportunités pourraient émerger » conclut-il.

* CARMF : Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France

www.swisslife-am.com

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

averone@agencefargo.com, 

Lire la suite...


Articles en relation

ER - Analyses de marchés
ABONNES
[Abonnés] Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les gérants misent… prudemment sur un retour à meilleure fortune   Plus le temps passait, plus les cours de Bourse baissaient. Les petites valeurs françaises, notamment, ont capitulé. C'est un vers de La Fontaine qui revenait à l'esprit : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. » La remontée des taux directeurs américains a sonné le glas de ce qui restait de l'optimisme chez les investisseurs à l'issue d'un exercice – annus horribilis ! – déjà marqué par nombre d'inquiétudes...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Annonces présidentielles : quelles conséquences fiscales et budgétaires ?

Suite à l'intervention télévisée du Président de la République le 10 décembre dernier en réponse aux protestations du mouvement des gilets jaunes, Eric Pichet, Professeur et Directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier (IMPI) à KEDGE, analyse les conséquences fiscales et budgétaires de ces annonces. « Les mesures de soutien au pouvoir d'achat des actifs dès le 1er janvier 2019 s'inscrivent dans la droite ligne du projet présidentiel pour faire en sorte que le travail paie sans...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les marchés face à une liquidité réduite et à une volatilité augmentée La direction des marchés ne correspond pas toujours à celle qu'attendent les investisseurs. Avec l'accalmie sur le front de la guerre commerciale sino-américaine, un mieux semblait se dessiner, mais l'arrestation de la directrice financière de Huawei a jeté le trouble. Le groupe chinois serait soupçonné d'avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran… Des actifs pestiférés « Deux préoccupations majeures se sont...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Les conséquences du Brexit pour le secteur financier français et européen

Extrait du discours de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France et Président de l'ACPR. Mesdames et Messieurs, … Je salue l'accord qui a été trouvé la semaine dernière entre les négociateurs européens et britanniques et nous espérons tous que celui-ci franchira les prochaines étapes jusqu'à sa finalisation. Mais dans un contexte encore incertain, la prudence s'impose : même si nous ne la souhaitons pas, nous devons aussi nous préparer à faire face à une situation...