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Boom des ETF obligataires : les investisseurs privés doivent également s’y intéresser

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Par Houda Ennebati, responsable de la gestion passive de Deutsche AM

Au premier abord, cela sonne comme une contradiction : alors même que les taux d’intérêts sont au plus bas sur ces dernières années, les investisseurs continuent d’investir massivement dans les produits obligataires, et plus spécifiquement via les ETF (Exchange Traded Funds).En 2011, le montant des investissements en ETF obligataires avoisinait 43 Mds€. Ce volume est depuis en augmentation constante, allant jusqu’à dépasser les 140 Mds€ depuis septembre 2016. Sur la même période, la part des ETF obligataires dans le marché global est quant à elle passée de 21% à près de 30%. Les ETF obligataires ont donc vu leur part progresser bien plus significativement que celle d’autres classes d’actifs, qu’il s’agisse d’actions ou même de matières premières.

Comment expliquer ce boom des ETF obligataires ? Ils offrent nombreux avantages dont les investisseurs privés peuvent eux aussi profiter, à savoir :

1/ Un accès à des segments de marché intéressants : même si le rendement de certaines obligations souveraines évolue déjà en territoire négatif, il existe encore quelques belles opportunités à saisir dans l’univers obligataire. La dette d’entreprise américaine, par exemple, offre un rendement à maturité de 3,1%. Or, il est difficile (voire quasi impossible) pour les investisseurs privés d’investir en direct sur ces supports obligataires: ils ne peuvent être achetés que par des intervenants de marché spécialisés. L’utilisation d’ETF permet d’accéder à ces marchés avec une liquidité quotidienne, sur des montants même faibles. En général, l’investissement minimum se limite à une simple part d’un ETF coté sur le marché réglementé.

2/ Davantage de transparence : traditionnellement, la plupart des obligations sont échangées directement entre brokers spécialisés. Il est dès lors extrêmement difficile pour les outsiders de pleinement appréhender la profondeur du marché pour chaque type d’obligation ou segment obligataire. Avec un ETF, cela est complètement transparent : les investisseurs peuvent suivre la performance sur la période qui les intéresse et décider du timing de leur investissement. Par exemple, les obligations d’entreprises de la zone euro basées sur l’indice Iboxx € Liquid Corporate 100 TR Index, ont affiché une performance de +4% sur les 12 derniers mois. Aussi, la construction de l’ETF est complètement transparente. L’ETF investit en direct dans tout ou partie des obligations composant l’indice de référence. A tout moment, les investisseurs peuvent accéder, sur les sites des fournisseurs d’ETF, à la composition détaillée des fonds.

3/ Une large diversification : comme pour tout autre investissement, il est conseillé de diversifier son portefeuille obligataire. Une large diversification permet en effet de réduire l’impact d’une baisse de valorisation ou d’un défaut, d’une obligation en particulier. Parce que la plupart des obligations sont émises sur des valeurs faciales très importantes (10 000€ ou plus), il semble qu’on ne puisse réellement diversifier ses investissements que sur un montant très élevé d’investissement global. Les ETF obligataires contournent cet écueil : ils reflètent la performance d’un indice ; certains de ces indices peuvent contenir jusqu’à 1000 obligations ou plus. Ainsi, à travers un seul et même ordre, les investisseurs peuvent investir dans un portefeuille d’obligations largement diversifié où le risque de défaut d’un titre individuel est considérablement réduit.

4/ Focus sur la liquidité : au cours des dernières années, les marchés obligataires ont connu de grands changements. Des acteurs du marché tels que les banques d’investissement ont réduit leur activité de trading alors que les banques centrales s’engageaient, dans le même temps, dans des achats massifs de titres obligataires. De ce fait, les volumes négociés et le nombre de transactions se sont réduits. C’est précisément ici que les ETF peuvent fournir une solution. Les ETF sont des paniers standardisés d’obligations qui sont directement échangés entre les investisseurs en bourse. A cet égard, ils offrent aux investisseurs un accès additionnel et liquide au marché. Historiquement, ce marché secondaire des ETF obligataires a pu contribuée à améliorer la fluidité des échanges entre investisseurs. Le 11 décembre 2015, le marché high yield a été extrêmement perturbé aux Etats-Unis. Il est apparu que les volumes échangés sur le marché secondaire - où s’échangent les ETF - ont atteint les 5,5 Mds$ US. Inversement, les rachats de parts d’ETF, sur le marché primaire, se sont établis à 0,56 Md$ seulement ce même jour. Cela signifie que durant cette phase de stress du marché, 90% des parts se sont échangées entre investisseurs sans impacter le marché primaire, et donc le marché sous-jacent. Et cela devient de plus en plus évident ces dernières années : dans des environnements de marchés difficiles, les investisseurs tendent à se reporter sur les ETF, avec, pour corollaire, une augmentation du volume d’échanges.

5/ Des indices qui se concentrent sur la qualité : les indices obligataires traditionnels sont rigoureusement structurés autour du niveau d’émission de chaque obligation. Cela présente l’avantage de refléter parfaitement le marché. Toutefois, cela conduit à une situation où l’entité la plus endettée (celle qui émet le plus d’obligations) représente la plus large part de l’indice. Les indices pondérés selon la qualité de crédit privilégient une autre approche : leur préférence va aux titres de pays très stables économiquement. Cela peut s’avérer crucial, notamment dans l’univers des marchés émergents où le fossé qui sépare les économies prospères de celles agitées par des crises est conséquent. L’indice iBoxx Emerging Sovereigns Quality Weighted Index pondère ainsi les pays en fonction de plusieurs facteurs tels que la croissance économique ou la compétitivité globale. Investir sur les marches émergents offrant les plus hauts rendements permet de réaliser jusqu’à 4,16% de performance (soit des rendements significativement plus élevés que ceux des marchés développés6). A noter également : investir sur une sélection “pays” avec une approche qualitative contribue, en retour, à réduire le risque.

https://deutscheam.com/


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