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[Tribune] Obligations - Le bal masqué

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Par Nicolas Forest, Directeur de la gestion obligataire chez Candriam

Si la fête n'est pas encore tout à fait finie, les banquiers centraux du monde entier s’affichent désormais masqués. Après des baisses de taux en fanfare et des programmes d’achats d'actifs massifs, le message des banques centrales du monde développé tend à changer progressivement.

La Banque du Japon tout d'abord a été la première à déguiser la fin de son programme de QE par un nouvelle politique de ciblage des taux longs. Rappelée à l'ordre par le secteur bancaire, elle a  ainsi mis fin à l’escalade des baisses de taux. Et, de facto, elle est condamnée à ralentir son rythme d’achats d'actifs. Un tel changement, bien que non-explicite, est la preuve d’une prise de conscience des limites des politiques actuelles. La Banque centrale d'Angleterre est tout autant dans l'embarras. Confrontée à une baisse massive de sa devise, le maintien d’une politique super-accommodante entraine une remontée de l'inflation et, indirectement, des taux longs. Combien de temps pourra-t-elle tenir ? La FED avance tout aussi masquée dans son cycle de resserrement. Tétanisée en septembre, elle devra remonter son taux directeur en décembre, tout en gardant une communication accommodante. L’exercice de normalisation monétaire s’avère laborieux car il aura fallu 2 ans à Madame Yellen pour monter les taux de 0,50%.

Reste la BCE qui dans le bal des banques centrales n'a pas été la moins active. Dernière arrivée dans le quantitative easing, elle fait partie des plus extrêmes dans sa politique de taux négatifs. Pourtant les rumeurs de tapering et d'extension ont largement alimenté les marchés les dernières semaines. Ce qui justifie dans son meeting d’octobre une communication équilibrée qui laisse penser qu’elle annoncera en décembre à la fois une extension des achats (sans doute de 6 mois) et une réduction de son rythme d’achat. Confrontée à une inflation en hausse (ce que Mario Draghi a reconnu) et à un secteur bancaire vulnérable, la BCE doit adapter progressivement sa politique monétaire. Et favoriser ainsi une courbe plus pentue. 

Les banques centrales restent néanmoins accommodantes, la fête n'étant pas encore tout à fait finie. Pourtant, de plus en plus de signaux laissent penser que le cycle entamé depuis 2008 touche à sa fin. L'investisseur obligataire doit en prendre acte en favorisant des obligations de moins longues durations ou liées à l’inflation. 

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