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Après le choc du « Brexit », le soulagement des banques centrales

ER - Analyses de marchés
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Une analyse de Michael Aflalo, Directeur des Gestions chez BFT IM

Rares étaient les voix à prédire une sortie du Royaume-Uni de l’UE. Les marchés qui avaient joué « le maintien » ont commencé par dévisser : Tokyo a perdu près de 8%, car le yen, valeur refuge, est fortement remonté face au dollar, tandis que la livre a fait le grand plongeon à -11%, touchant  1,32 $ (un point bas depuis 1985). De même les indices européens ont cédé près de 8%.

L’onde de choc du référendum britannique a continué de peser sur le moral des opérateurs, mais ils se sont raccrochés à l’espoir que les grandes banques centrales soutiendront les marchés si nécessaire. La Banque du Japon, celle de la zone euro et même la FED sont sur le qui-vive, prêtes à dégainer leur arsenal. Idem pour la Banque d’Angleterre, dont le gouverneur, Mark Carney, a évoqué, un possible assouplissement monétaire cet été. En Bourse, la réaction a été immédiate, tant sur le front des devises, la livre sterling tombant à son plus-bas depuis mars 2014, que sur celui des actions britanniques, qui ont accéléré leur hausse. Ces dernières ont aussi profité des habillages de portefeuille de fin de semestre.

Peu après, des menaces très concrètes sont apparues en Europe : la crainte d’une crise immobilière se profile en Grande-Bretagne et une déroute financière menace plusieurs banques italiennes, dont les bilans sont fragilisés par des montants importants de créances douteuses. Aux Etats-Unis, la publication du Beige Book de la Fed confirme la poursuite du redressement de la croissance à un rythme modeste. Toutefois, la réserve fédérale se laisse le temps d'observer les conséquences du Brexit.

C’est dans le contexte de la hausse des indices boursiers et de l'extrême complaisance des investisseurs face à des niveaux de valorisation important que Wall Street s’apprête à entrer dans la période des publications de résultats trimestriels, qui permettront de juger si les niveaux actuels de valorisation sont justifiés. En effet, le S&P 500 se situe actuellement à 17,3 fois les bénéfices attendus, contre une moyenne de 14,7 sur les 10 dernières années. Les actions européennes se traitent sur un multiple de 14,7x, contre une moyenne historique de 12,8x (depuis 2002). Constatant ces niveaux très élevés de valorisation, nombreux sont les investisseurs qui se tournent vers le crédit, qui a le grand avantage de bénéficier des mesures de soutien de la BCE et de son programme d’achats d’actifs, et où les spreads se sont récemment écartés (sans toutefois atteindre des niveaux de stress excessif.

La décollecte des fonds actions s’est accélérée post referendum britannique, avec un pic le lundi suivant, à -9,5 Mds$, soit la 7ème plus forte journée de rachats en 10 ans et a entrainé l’indicateur technique de Bank of America Merrill Lynch (le « Bull & Bear ») vers un signal d’achat sur les actifs risqués.

Enfin, l’aversion au risque a oscillé entre forte à normale depuis le 23 juin. Dans ce contexte, nous maintenons notre exposition prudente sur les actions et notre préférence pour le marché du crédit européen qui présente encore des opportunités grâce à l’intervention directe de la BCE sur le marché de la dette d’entreprises et un contexte macroéconomique plutôt favorable pour la situation financière des entreprises européennes.

Enfin, nous avons renforcé notre exposition au marché de taux pour équilibrer le risque de nos portefeuilles.

www.bft-im.com

 

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