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Corporate Credit Market Snapshot de Muzinich & Co.

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Extrait des commentaires au 30 juin 2016    

Etats-Unis
Le mois de juin a été volatil sur les marchés du crédit américains, suite à l’évolution des anticipations de la Fed quant à de nouvelles hausses de taux d’intérêt et dans le sillage du résultat du référendum sur le Brexit. Il est intéressant de noter que l’ensemble des segments du marché obligataire américain sont ressortis en nette hausse sur le mois, avec la surperformance de crédits plus risqués (énergie et CCC) au sein du marché high yield. Sur la période, les bons du Trésor américains à 10 ans ont généré les meilleures performances. En début de mois, les chiffres de l’emploi inférieurs aux attentes ont réduit les anticipations de remontée des taux d’intérêt, tirant à la hausse le secteur high yield. Puis, la Fed a commencé à ouvertement parler de la possibilité d’une hausse de taux au cours de l’été, mouvement qui a pénalisé le secteur high yield. Le sentiment de marché s’est de nouveau détérioré lorsque les sondages ont laissé entrevoir la possibilité d’un vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Le sentiment a évolué suite à l’assassinat de la députée pro-UE, Jo Cox, les investisseurs pensant que cet événement contribuerait à asseoir la victoire du camp favorable au maintien dans l’UE. Le résultat définitif du référendum en faveur de la sortie du pays a clairement pris les marchés par surprise. Bien que le marché high yield américain ait corrigé suite à la victoire du Brexit, la baisse n’aura été que de courte durée car les acheteurs sont revenus sur le marché sur des niveaux plus bas, rassurés par la réaction de la BCE. Les investisseurs se sont de nouveau concentrés sur la politique accommodante de la banque centrale et sur la baisse de probabilité d’une remontée prochaine des taux de la Fed. Le marché primaire est resté actif en début de période (tant sur les segments investment grade que high yield), mais a fortement ralenti au cours de la seconde quinzaine du mois suite au regain de volatilité. Sur le mois, les flux d’investissement sont ressortis en forte hausse pour le segment investment grade mais en territoire négatif pour le segment high yield(du fait de l’impact de la dernière semaine du mois). Selon nous, les investisseurs pourraient continuer de privilégier le crédit américain compte tenu des taux de base plus élevés, et de la possibilité d’un statu quo de la Fed sur le reste de l’année. 


Europe
Le Brexit aura constitué le principal événement de la période en Europe. Le marché des obligations d’entreprises européennes a particulièrement bien résisté au cours du mois, le segment high yield européen n’ayant enregistré qu’une légère baisse tandis que les obligations d’entreprises investment grade et le Bund sont ressortis en forte hausse. Il est intéressant de noter que le vote en faveur de la sortie de l’UE a éclipsé le lancement le 8 juin par la BCE de son programme d’achat d’obligations investment grade émises dans la zone euro. Alors que la BCE dépasse actuellement les attentes des investisseurs. Même si le marché ne s’attendait dans l’ensemble pas à une victoire du camp en faveur d’une sortie de l’UE, la plupart des investisseurs avaient adopté un positionnement prudent en amont du référendum. L’impact immédiat a été une importante correction sur les actions, tandis que les marchés du crédit ont subi une baisse plus limitée, avec même un fort rebond du marché des emprunts d’État de haute qualité. Il est encore trop tôt pour spéculer sur l’issue possible des négociations entre l’UE et le Royaume-Uni, mais il y a fort à parier que nous nous trouvons à l’aube d’une période hautement incertaine, en particulier au Royaume-Uni, ce qui risque d’affecter l’investissement et la croissance. Cette tendance est visible dans la dégradation de la notation de crédit du Royaume-Uni par les agences S&P et Fitch. Dans l’évaluation de la qualité de crédit d’une entreprise, nous chercherons à apprécier l’impact potentiel sur les bénéfices de la récente chute de la livre sterling. La Banque d’Angleterre a annoncé avoir mis à disposition une facilité de liquidité d’urgence, laissant entendre que de nouvelles mesures accommodantes étaient actuellement à l’étude. Alors qu’un volume supplémentaire d’une valeur de 1 000 milliards USD d’actifs obligataires est tombé en territoire négatif, le gisement souverain accessible par la BCE s’est de nouveau réduit et la banque centrale discute de la meilleure stratégie à adopter pour faire face à cette situation. Enfin, le gouvernement italien a demandé une suspension de 6 mois des règles européennes relatives aux aides publiques de sorte à permettre à l’Italie d’injecter du capital au sein de son système bancaire. Bien que l’UE n’ait pas accepté cette demande, elle a accordé à l’Italie une facilité de liquidité de 150 Mds€ pour soutenir ses banques. 


Marchés Emergents
Au sein des marchés émergents, les obligations d’entreprises high yield et investment grade ont bénéficié d’un vif rallye au cours du mois. À cet égard, le mois de juin aura été le meilleur en termes de performance sur les marchés émergents depuis 5 ans. Les secteurs des matériaux de base (pétrole/gaz et métaux/mines) ont surperformé, de même que les régions riches en matières premières telles que l’Amérique latine et la Russie. Nous sommes d’avis que le vote en faveur du Brexit a eu un effet globalement positif sur les marchés émergents, et ce pour 2 raisons :
- les banques centrales devraient rester durablement accommodantes et la Réserve fédérale américaine ne devrait pas remonter ses taux d’intérêt au cours de l’année ;
- les marchés émergents ont quasiment atteint un statut de valeur refuge, dans la mesure où le Brexit n’a qu’un impact très limité sur le monde émergent, en particulier en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient.
Les investisseurs étaient, dans l’ensemble, sous-pondérés sur les marchés émergents, mais commencent à revoir leurs allocations. Le segment high yield a bénéficié de facteurs techniques robustes, en particulier d’une pénurie d’émissions, tandis que le segment investment grade a été soutenu par le rebond massif des emprunts d’État. Par ailleurs, le Nigeria a libéralisé sa devise. Les relations entre la Russie et la Turquie semblent être en voie d’amélioration, suite aux excuses présentées par la Turquie pour l’incident de l’avion russe abattu, tandis que la Russie a accepté de lever son interdiction à ses ressortissants de se rendre en Turquie à des fins de tourisme. 

http://www.muzinich.com/

 

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