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Les coûts économiques d’un Brexit pour la Grande-Bretagne

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L’avis d’Edmond de Rothschild AM

Le Trésor britannique a publié en avril dernier un long document présentant différentes simulations sur l'avenir à long terme de l'économie de la GB en cas de sortie de l’UE. Il l’a complété le 23 mai d’une estimation centrée cette fois sur les deux premières années de ce scénario. Son analyse ne laisse aucun doute sur l'intérêt pour la GB d'avoir adhéré à l'UE et d'y rester.

Trois scénarios ont été retenus. Le document du Trésor montre que le régime des pays de l'Association européenne de libre-échange - AELE (Norvège, Islande et Liechtenstein) est le plus favorable.
Le gouvernement faisant officiellement campagne pour le maintien, un document émanant de l'administration a été suspecté d'esprit partisan. Toutefois, contrairement au Foreign Office, le Trésor a toujours été prudent sur l'Europe et avait pris position contre l'adhésion à l'euro en 1999. Il n'est d'ailleurs pas isolé dans son jugement (il rejoint les thèses du FMI, de l'OCDE et de bien d'autres) même si le débat reste très ouvert chez les économistes.

Compte tenu des incertitudes, les résultats chiffrés d'une modélisation sur 15 ans sont sujets à caution et la marge d'erreur est considérable. En réalité, il s'agit de comparer trois scénarios sur le plan de la relation échanges commerciaux / croissance et non de se livrer à un exercice de prévision bien aléatoire. L'approche est avant tout comparative ; ce qui apparaît comme un appauvrissement en termes absolus pour les ménages n'est qu'une évolution relative. En présentant ses chiffres comme un coût alors qu'ils constituent plutôt un manque à gagner, le Trésor a adopté un biais de présentation pour maximiser l’impact de ses conclusions

Les finances publiques sont un autre aspect de l'étude. En dépit des économies réalisées sur les contributions annuelles au budget de l'UE (£8 milliards), une croissance économique relative plus faible se traduira par de moindres recettes fiscales (£36 milliards par an, soit plus de 43 Mds€) et, comparativement, par des prélèvements supplémentaires. Ici encore, les modèles ne donnent qu'une approximation mais ils permettent de chiffrer l'échelle du phénomène.
Cet effort de clarification et d'évaluation fait d'ailleurs ressortir les divisions des partisans du Brexit quant aux modalités ultérieures de la politique économique et des relations avec l'UE.

Un Brexit ouvrirait une longue période d'incertitude sur l'accès de la GB à un marché européen de 500 millions de personnes. Les traités commerciaux sont d'une importance capitale car ils fixent les règles des échanges mais, en termes économiques, l'essentiel est ailleurs. Industrie, distribution, finance sont autant de secteurs où, à travers les chaînes logistiques ou les transactions, le fonctionnement au jour le jour de l'économie britannique est intégré à celui de l'UE. Il sera difficile et coûteux de revenir en arrière.
En retour, cette incertitude viendrait réduire l'attractivité de la GB en termes de commerce et d'investissements étrangers (la GB est leur première destination en Europe), freinant la croissance de sa productivité.

Enfin, la confiance souffrirait sur le plan interne (consommateurs, entreprises) comme sur le plan externe (investisseurs, entreprises étrangères). La campagne elle-même semble avoir cet effet. L'impact sur la City (10% du PIB) est difficile à mesurer car sa vocation est depuis longtemps internationale. Une sortie de l'UE lui ferait perdre un avantage qui a été décisif. Les banques internationales qui y sont installées pourraient reconsidérer leur implantation si la City devait pâtir de restrictions destinées à avantager Francfort ou Paris. Des institutions britanniques, elle est toutefois la mieux placée pour s'adapter.

Dans la dernière ligne droite avant le scrutin, les partisans du Bremain semblent avoir nettement gagné la bataille de l’économie. Les dizaines de rapports soulignant les risques des négociations, l’impact depuis le mois de février sur l’activité et la monnaie britanniques de la campagne référendaire ont sans doute fait basculer nombre d’indécis vers le statu quo. A l’inverse, le camp du Leave apparaît divisé entre protectionnistes et partisans d’une GB tournée vers le monde sans préférence continentale.

En bref, si la fameuse expression « The economy stupid ! » du stratège de campagne de Bill Clinton domine une fois encore dans l’esprit des votants, le Brexit sera évité.

http://www.edmond-de-rothschild.com/

 

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