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[Avis d’Expert] Nous maintenons notre confiance dans l’économie mondiale

Par Florent Delorme, Analyste Macro chez M&G Investments

L’indice Markit PMI ressort à 52.9 pour la zone euro en mai, ce qui atteste du rythme modéré de la croissance sur le continent européen. Aux USA la croissance annualisée au deuxième trimestre 2016 est pour l’instant évaluée à 2,9% par la FED d’Atlanta, après une croissance annualisée au premier trimestre de +0,8%.

L’hypothèse d’une récession mondiale peut être écartée, notamment car la consommation des ménages des deux côtés de l’Atlantique est robuste. Les ventes de détail ont progressé de 3% (YoY) en avril aux USA et de +2,1% (YoY) en mars en zone euro. L’immobilier et l’emploi confirment également la bonne tenue de l’économie américaine.
Mais l’industrie est en retrait, avec un indice Markit PMI manufacturier de 51,5 seulement en mai dans la zone euro et un ISM Manufacturing index qui s’établit à 51,3 en mai aux USA. Les résultats des entreprises en Europe et aux USA sont en recul par rapport au premier trimestre 2015. Les banques et les valeurs pétrolières ont notamment pesé sur les résultats d’ensemble.

Tant que la consommation des ménages se maintient, nous pouvons rester sereins car l’essentiel de l’économie en zone euro et aux USA est constitué par la consommation domestique. Un éventuel Brexit ou l’endettement en Chine ne nous semblent pas constituer des risques forts pour la croissance mondiale. Les derniers sondages au Royaume-Uni laissent planer le doute sur l’issue du scrutin. En cas de sortie de l’UE il est fort probable que les deux parties négocient dans les 2 ans qui viennent des accords commerciaux qui ne nuisent pas au commerce entre les deux blocs. La Grande Bretagne présente un déficit commercial vis-à-vis de la zone euro et on voit mal les Européens pénaliser leurs exportations vers l’Angleterre. Certains soutiennent l’idée d’un ralentissement durable des investissements étrangers au Royaume-Uni du fait de sa potentielle future non appartenance à l’UE : c’est omettre que le Royaume-Uni demeurera très attractif pour les entreprises du fait d’un cadre fiscal apprécié et d’un marché du travail flexible. A moyen terme l’économie du Royaume-Uni peut affronter un tel évènement mais il est vrai qu’à court terme les investissements dans le pays pourraient ralentir du fait de l’incertitude sur les conditions exactes de la sortie.

Quant à l’hypothèse d’une Chine au bord de l’implosion du fait de son endettement, elle nous semble excessive. L’endettement total en Chine atteint au total 246% du PIB, ce qui n’a rien d’exceptionnel au regard des chiffres américains (350% du PIB). Certes l’emballement récent de cet endettement, en particulier de la dette d’entreprise, est impressionnant, mais les autorités chinoises ont récemment fait part de leur intention de réduire la progression de cette dette. La croissance chinoise devrait donc ralentir, mais sans provoquer de choc systémique mondial. On évoque également souvent les créances douteuses du système bancaire : les banques étant sous emprise étatique, la question des créances douteuses devrait être gérée dans la durée. Enfin les réserves de change encore importantes de la Chine offrent des marges de manœuvre aux autorités chinoises.

Notre confiance se fonde également en partie sur l’activisme des banques centrales. En zone euro, la BCE est déterminée à maintenir des taux bas sur l’ensemble de la courbe, favorisant ainsi le financement de l’économie, des Etats et le soutien des valorisations des actifs plus risqués (dette d’entreprises et actions). Aux USA, la FED a des velléités de procéder à de nouvelles hausses de taux mais elle est attentive à ne pas prendre le marché à revers.


Dans ce cadre économique et monétaire, comment investir ?

Nous maintenons nos expositions aux actifs risqués, en particulier les actions européennes dont les valorisations demeurent attractives (le Price Earnings ratio de l’EuroStoxx 50 s’établit à 14), le crédit dont les spreads couvrent l’augmentation éventuelle des taux de défaut et certaines dettes émergentes (Argentine, Indonésie, Colombie) qui apportent du rendement aux portefeuilles. Dans le cas de notre fonds M&G Prudent Allocation, les allocations à ces classes d’actifs sont les suivantes : 20% actions, 11% dettes souveraines émergentes, 26% crédit. Pour autant nous ne sommes pas dans une logique d’augmentation de notre exposition aux risques : la fragilité du secteur industriel et la modestie de la croissance mondiale ne plaident pas pour des prises de risque supplémentaires.

http://www.mandg.fr/


 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

 

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