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La politique monétaire est dans l’incapacité d’insuffler un nouvel élan à la croissance

ER - Analyses de marchés
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Par Patrice Gautry, Chef Economiste de l’UBP

Sans surprise, la BCE a laissé sa politique monétaire inchangée. Les achats d’obligation d’entreprises commenceront le 8 juin et les TLTRO le 22 juin.

- Les prévisions de la BCE sont légèrement revues à la hausse pour la croissance en 2016 de 1,4 à 1,6%. Celles concernant 2017 sont inchangées à 1,7% tandis que les perspectives 2018 sont un peu revues en baisse, de 1,8 à 1,7%.

- La croissance devrait se modérer à court terme, après un 1er trimestre fort, ce qui est en ligne avec les derniers indicateurs. Les perspectives restent néanmoins positives pour le futur, avec une certaine confiance sur la croissance de la demande domestique et de la consommation en particulier.

- La faiblesse de la croissance dans les pays émergents, les ajustements des bilans de certains secteurs (les banques) et la lenteur des réformes structurelles pèsent sur le rythme de la reprise (voir la France et l’Italie).

- Les prévisions d’inflation sont inchangées globalement. Les chiffres pour 2016 sont revus en hausse de 0,1 à 0,2%. Malgré les mesures prises, les prévisions d’inflation pour 2017 et 2018 sont stables à 1,3 et 1,6% et apparaissent encore inférieures à 2%, objectif de long terme de la BCE.

- Mario Draghi a de nouveau insisté sur l’importance des politiques structurelles, le besoin de propulser la productivité et d’investir encore plus dans les infrastructures. Mais comme ces domaines échappent à la politique monétaire, il ne semble plus en attendre de grands résultats à court terme.

- Les préoccupations des marchés restent à court terme autour des prochains achats de la BCE (crédit et TLTRO), mais le fait que l’inflation projetée par la BCE reste faible envoie un signal très prudent voire trop prudent. Il signifie que la politique de la BCE restera très accommodante très longtemps, bien au-delà de la fin des TLTRO attendue pour mars 2017, ce qui est plutôt positif.

- Mais, d’autre part, cela donne l’impression que la politique monétaire est dans l’incapacité d’insuffler un nouvel élan à la croissance. Cela met indirectement la pression sur les gouvernements et les politiques budgétaires, ce qui n’est pas vraiment une bonne nouvelle car les priorités et le but des politiques monétaires et budgétaires manquent de convergence en Europe.

www.ubp.com

 

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