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Warren Buffett, 85 ans, et Charlie Munger, 92 ans, en visioconférence mondiale par Internet

ER - Analyses de marchés
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Billet mensuel du Docteur Leber, fondateur d’Acatis, société de gestion indépendante allemande

Le mois de mai est toujours la période de l’assemblée générale de Berkshire Hathaway : Warren Buffett et Charlie Munger étaient cette année en visioconférence mondiale par Internet avec traduction simultanée en mandarin. Quelques opinions importantes retenues de l’assemblée générale :

L’ère des rendements élevés est terminée
La malédiction de la grandeur : la taille importante de Berkshire l’oblige de plus en plus à se rapprocher de secteurs fortement capitalisés et très réglementés et à s’éloigner des résultats sensationnels pour privilégier les résultats satisfaisants.


Les sociétés de Berkshire exigent des investissements élevés

- Berkshire Hathaway investit massivement dans l’énergie éolienne et produira dans quelques années 85% de son électricité à partir d’énergies renouvelables. Les prix de l’électricité sont nettement moins élevés que ceux des énergies fossiles concurrentes. Conséquence : le faible niveau des prix de l’électricité favorise l’installation de grappes de serveurs qui, à leur tour, favorisant la création.
- Les sociétés de chemin de fer nécessitent également des investissements élevés qui dépassent les amortissements. Elles sont touchées de manière durable et structurelle par la baisse de la consommation de charbon. Buffett souhaiterait malgré tout acheter une nouvelle société ferroviaire.
- American Express : le groupe est « under attack » (Munger). De nombreuses sociétés, qui étaient autrefois exceptionnelles, ne le sont plus aujourd’hui. C’est le cas des producteurs automobiles, des secteurs de transformation (Kraft) et même du groupe American Express.
- Des baisses de revenus sont anticipées du côté des activités de réassurance en raison d’une pression concurrentielle élevée de la part des hedge funds et cat bonds ainsi que de la baisse des revenus d’intérêt générés par les investissements financiers. Les positions Münchener Rück et Schweizer Rück ont été vendues.
- Berkshire réagit lentement aux mutations technologiques. Cela concerne la commercialisation par internet (les aspirateurs Kirby continuent, comme depuis des dizaines d’années, d’être vendus au porte à porte) et l’utilisation des techniques IT pour la segmentation de la clientèle (exemple de l’assurance automobile : Progressive est nettement en avance sur Geico, la société de Berkshire). Buffett s’est montré étonné de l’adoption d’internet par des clients, notamment les plus âgés, et a mentionné à plusieurs reprises Amazon. Pour mémoire, en l’an 2000, Munger déclarait : internet n’est qu’un effet de mode passager. Visiblement, il a revu cette opinion depuis.


Acquisitions

- Philips 66 (société US spécialisée dans l’énergie) et Wells Fargo : Berkshire a acheté ces deux sociétés du fait de leur bonne gestion et non en raison d’anticipations optimistes en matière de prix du pétrole ou d’évolution du secteur bancaire. 90% des banques ne satisfont pas à ses exigences.
- Precision Castparts (leader mondial de pièces pour avions) est déjà si bien implanté en tant que fournisseur de l’aéronautique que les concurrents peinent à s’imposer.


Catastrophes

- Donald Trump : il ne pourra pas nuire à Berskhire Hathaway. Le système économique est si performant pour produire de la richesse (bien qu’il ne soit pas si bon pour la redistribuer) qu’aucun président ne peut changer cela.
- Les dangers CNBC : attaques cybers, nucléaires, biologiques, chimiques : ces dangers sont réels et très importants, c’est juste une question de temps. Jusqu’à présent, nous avons simplement eu de la chance.
- Prix du pétrole : la chute des prix affecte plus les producteurs que les consommateurs. Les avantages qu’en tirent les Etats-Unis parviennent lentement, au fil du temps.


Et quelques informations en provenance de Berkshire

- Pourquoi le conseil de surveillance de Berkshire ne présente-t-il pas plus de diversité ? Buffett a trois critères de composition du conseil de surveillance qui sont aujourd’hui satisfaits. La réponse est contenue dans la non-réponse à la question : Buffett ne s’intéresse pas à ce que lui disent des conseillers.
- Le programme de rachat d’actions (1,2x la valeur comptable) sert à éviter une distribution de dividendes (aucun versement de dividendes depuis 51 ans). Les rachats d’actions initiées par d’autres sociétés avec un budget de rachat, mais qui en fin de compte ne se produisent pas, devraient être considérés négativement.
- Comptabilité : Berkshire n’a jamais fait figurer à son bilan de poste « Charges de restructuration ».

http://www.acatis.de/

 

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