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Après la bulle sur les dettes souveraines, la BCE ne va-t-elle pas en créer une sur les obligations d’entreprises ?

ER - Analyses de marchés
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L’analyse d’Emmanuel Petit, Responsable de la gestion obligataire chez Rothschild & Cie Gestion.

L’impact des mesures exceptionnelles de la BCE sur le marché des obligations d’entreprises réduit encore davantage les opportunités de rendement pour les investisseurs. Les maturités longues du compartiment investment-grade sont de plus en plus sensibles au risque de taux.

Deux mois après l’annonce de la BCE d’étendre son programme d’achats d’actifs aux obligations d’entreprises, les émetteurs continuent de se ruer sur le marché primaire européen. La semaine passée, le montant des nouvelles émissions s’est approché d’un niveau record, à plus de 30 Mds€. « Le fameux CSPP* de la banque centrale, qui n’entrera en vigueur qu’à partir du mois de juin, a dynamisé le marché obligataire primaire. Mais l’afflux des entreprises sur le marché se concrétise essentiellement par des émissions de maturité longue de 10, voire 15 ans, dans le compartiment investment-grade » remarque Emmanuel Petit. « En tant qu’investisseurs, nous restons très prudents vis-à-vis de ces nouvelles émissions investment-grade » précise-t-il.


Déformation de la courbe de taux

L’initiative de la BCE a d’ores et déjà renforcé l’aplatissement de la courbe de taux corporate dans sa partie longue, dégradant ainsi le profil rendement-risque des titres. Les obligations du compartiment investment-grade sont en train d’emprunter la même trajectoire que celle des titres souverains au cours des dernières années, avec des rendements à 10 ans relativement faibles, pour une sensibilité au risque de taux de plus en plus élevée. « Avec 250 M€ d’achats d’obligations corporate par jour, la BCE aura les moyens d’envoyer les taux longs du marché du crédit au tapis. Les obligations investment-grade à 10 ans nous semblaient déjà trop chères avant que la BCE annonce ce programme, elles le sont encore plus aujourd’hui ».

La déformation de la courbe de taux à laquelle sont confrontés les investisseurs impose une gestion active des maturités, ainsi qu’une grande sélectivité dans le choix des titres. « Nous maintenons notre stratégie de désensibilisation au risque de taux. Nous cherchons à capter des primes de risque attrayantes sur des maturités 3/5 ans, en particulier dans l’univers cross-over » indique Emmanuel Petit.

*Corporate Sector Purchase Program : programme d’achats d’obligations d’entreprises

https://www.rothschildgestion.com/fr/


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