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« Les investisseurs devraient se préparer à une nouvelle phase de volatilité »

Par John Greenwood, Economiste en chef chez Invesco

Les divergences persistantes de politiques monétaires entre les États-Unis et le Royaume-Uni d'une part, et entre la zone euro et le Japon d'autre part, vont probablement impliquer un maintien de la volatilité sur les marchés des devises, les marchés obligataires et actions, estime John Greenwood dans ses perspectives économiques pour le 2ème trimestre 2016. Ses anticipations de croissance et d'inflation restent modérées dans un contexte de très faible augmentation de la masse monétaire et du crédit ces dernières années. Si John Greenwood ne prévoit pas de récession ou de faiblesse de la croissance sur les marchés émergents qui pourraient enrayer la modeste reprise des économies développées, il met en garde sur le fait que certaines entreprises tout comme certains secteurs ne pourront pas éviter d'être affectés par les problèmes des marchés émergents.

John Greenwood prévoit que la croissance du PIB réel devrait reprendre une trajectoire de progression modérée aux États-Unis où la FED a entamé un processus de normalisation de ses taux d'intérêt, et anticipe une croissance "régulière, mais sans éclat" au Royaume-Uni où il pense que la Banque d'Angleterre va maintenir ses taux d'intérêt inchangés cette année.
En revanche, il anticipe pour la zone euro et le Japon, qui continuent de renforcer leurs programmes d’assouplissement quantitatif (QE), une croissance toujours inférieure à la normale, dans un environnement proche de la déflation avec des taux d'intérêt négatifs. Comme John Greenwood le souligne, le point de vue officiel de la FED reste plus restrictif que ce qu'anticipe le marché à la suite du report de la hausse des taux d'intérêt américains initialement attendu en mars. Cela laisse la porte ouverte à de nouvelles surprises sur les taux d'intérêt dans les mois à venir, alors que les principaux moteurs de la reprise économique américaine restent présents, explique-t-il.

Bien que les États-Unis et le Royaume-Uni soient en meilleure posture que la zone euro et le Japon grâce au succès de leurs opérations de QE et à une amélioration des bilans plus avancée, ils doivent maintenant essayer de repartir pour dégager une croissance plus soutenue dans un environnement qui est affecté par des faux pas en matière de politique économique dans la zone euro et au Japon. « Ces problèmes vont continuer de peser sur la croissance mondiale en 2016 et 2017 », explique John Greenwood. Il prévoit pour 2016, une croissance du PIB réel de 2,2% aux États-Unis et au Royaume-Uni, et de 1,5 et 0,8% dans la zone euro et au Japon, respectivement. L'économiste anticipe en outre des mesures d'assouplissement monétaire en Chine cette année, les autorités chinoises étant confrontées à une croissance ralentie et une évolution de la balance des paiements défavorable alors qu'elles veulent conserver une devise stable. « Compte tenu de la nécessité de désendetter l'économie après sept années de croissance du crédit très rapide et de la faible croissance du commerce avec ses partenaires les plus développés, une reprise significative de la croissance en Chine semble inconcevable à court terme », estime John Greenwood. Il anticipe un ralentissement de la croissance du PIB réel en Chine à 6,6% en 2016.

Dans les économies émergentes, les gigantesques politiques de relance adoptées à la suite de la crise financière mondiale ont conduit à une croissance excessive de la masse monétaire et du crédit et à la nécessité de se désendetter. En outre, l'effondrement des cours des matières premières continuera de peser sur les revenus de nombreuses économies émergentes qui restent très dépendantes des exportations de matières premières. Selon John Greenwood, le récent rebond des prix des matières premières ne constitue qu'une lueur d'espoir trompeuse sur les cours des matières premières alors que les fondamentaux ne se sont pas améliorés. « De nombreuses industries de base ont des capacités excédentaires très importantes, ce qui va probablement peser sur les volumes du commerce mondial au moins l'année prochaine, voire au-delà », explique John Greenwood. « De plus, les producteurs de matières premières dans les pays émergents risquent de faire face à de nouvelles dépréciations de leurs devises, alors que l'industrie manufacturière dans les pays émergents devraient commencer à bénéficier de la reprise soutenue aux États-Unis ».

http://www.invesco.fr/


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