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L’Argentine revient sur les marchés en position favorable

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« L’Argentine est de retour sur les marchés… » Par Pierre-Yves Domeneghetti, Head of Global Markets activities France&Belux chez BBVA.

Le pays s’apprête à lever 12 Mds$ à l’occasion d’un placement obligataire. Une première depuis la faillite mémorable de 2001. Cette émission provoque un intérêt certain à travers la planète financière. On peut même parler « d’agitation » réelle de la part des investisseurs qui devraient envoyer un message de confiance à destination d’un pays éprouvé par des années de crise. Le marché des devises s’est activé en premier, avec de nombreux flux traduisant l’intérêt des entreprises pour le pays, c’est au tour du marché obligataire de se faire l’expression de l’intérêt et de la confiance des investisseurs internationaux envers l’Argentine.

Le gouvernement Macri a en effet donné un coup d’arrêt à l’effondrement économique de l’Argentine. Le nouveau pouvoir a enclenché un cercle vertueux en prenant des mesures courageuses et néanmoins douloureuses, notamment en libérant le flottement du Peso au prix d’une forte et immédiate dévaluation dont le cours officiel ne correspondait plus à la réalité économique du pays. Cet acte de transparence s’est accompagné de la volonté du gouvernement de trouver un arrangement avec les fonds dits « vautour » (Aurelius, NML etc.). L’accord signé en février était la condition préalable pour permettre à l’Argentine de revenir sur les marchés de capitaux. Par ailleurs, les marchés ont apprécié les gestes de bonne volonté et la main tendue aux multinationales de Mauricio Macri se tenant par exemple, à Davos après treize ans d’absence de l’Argentine, aux côtés de David Cameron, « l’ennemi » britannique d’hier. Ils révèlent la détermination du président argentin afin que son pays retrouve toute sa place dans la communauté internationale et sur les marchés financiers.

Un rendement de l’ordre de 8% ?

En restant à l’écart des marchés financiers internationaux, l’Argentine s’était placé dans une situation très délicate. Après des années de sous-investissement chronique, les infrastructures sont dans un état déplorable. En revanche, avec une dette publique inférieure à 50% du PIB, le pays est peu endetté. Par conséquent, les investissements vont pouvoir reprendre après cette émission. L’Argentine a touché le fond mais offre des perspectives attractives pour les investisseurs. Par chance, elle renfermerait des gisements de pétrole au potentiel considérable, comme celui de Vaca muerta. A Davos, le patron de Total a d’ailleurs promis des investissements conséquents dans le pays.
L’Argentine devrait émettre des obligations proposant des rendements de l’ordre de 8%. Dans un contexte où les liquidités sont abondantes sur les marchés, les investisseurs à la recherche de rendement n’ont aucune raison de ne pas plébisciter un tel placement. Les alternatives rémunératrices ne sont pas si nombreuses. Or, l’Argentine (tout comme l’Iran et Cuba) fait partie de ces cibles potentielles recherchées par les investisseurs car offrant un profil de pays « en retournement », au passé douloureux, mais avec des perspectives favorables.

L’émission va servir à payer en partie le solde du contentieux avec les fonds « vautours » et remettre ainsi l’Argentine sur le chemin du « droit ».
Si le pays a été présenté à l’opinion publique comme une victime, ces fonds exigeaient simplement le respect des engagements de l’Etat argentin.

Avec le président Macri et ses décisions depuis son élection de novembre, la confiance est de retour et l’Argentine redevient un emprunteur « de parole ».

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