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Craintes et fragilité

ER - Analyses de marchés
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Par Valentijn van Nieuwenhuijzen, Directeur de la stratégie et du Multi-Asset chez NN Investment Partners

Au début de l’année, la volatilité des marchés a de nouveau augmenté en raison des craintes grandissantes relatives à la faiblesse de la croissance chinoise, aux tensions géopolitiques et à un nouveau repli des prix pétroliers. Bien qu’une grande partie des mauvaises nouvelles soient déjà intégrées dans les cours, nous préférons conserver un positionnement prudent.

 

Des facteurs de crainte bien connus ont refait surface…

Après une période de fin d'année un peu plus calme, les investisseurs auraient pu penser à l’issue des premières séances boursières de l’année qu’ils participaient au remake du film « Un jour sans fin ». À de nombreux égards, les facteurs de crainte qui ont dominé en 2015 ont refait surface. Les marchés restent fragiles comme l’illustre leur nouvel accès de volatilité à la suite des craintes grandissantes relatives à la faiblesse de la croissance chinoise, aux tensions géopolitiques et à la chute des cours pétroliers. À l’image également de ce qui s’est passé l’année dernière, l’aversion généralisée des marchés pour le risque ne provoque pas de flux de capitaux massifs vers les marchés mondiaux d’obligations d’État. Les taux obligataires n’ont en effet affiché qu’un modeste repli et sont toujours peu éloignés de leur moyenne à 3 mois.
Cela signifie-t-il que rien ne changera en 2016 et que nous allons tous nous sentir comme Bill Murray traversant le village de Punxsutawney, avec une répétition sans fin des événements qui se sont déjà passés le jour précédent (l’année dernière dans notre cas) ? Nous ne pouvons bien sûr pas exclure ce scénario, mais il semble hautement improbable. Les marchés financiers en 2016 seront amenés à être chahutés et difficilement prévisibles.
Néanmoins, de nombreux facteurs semblent identiques à 2015 dans une perspective tant fondamentale que comportementale. La croissance mondiale est stable avec une influence positive des marchés développés, d’une part, et des risques dans les marchés émergents, d’autre part. La Chine reste l’élément déterminant pour le commerce mondial et les marchés de matières premières. L’absence de quotas de production sur le marché pétrolier continue à peser sur les segments sensibles aux matières premières (obligations à haut rendement américaines, obligations des marchés émergents, secteur de l’énergie et des matériaux). Enfin, le sentiment, les flux de capitaux et le positionnement des investisseurs reflètent toujours une attitude prudente.

…bien que le point de départ soit largement différent de celui de l’année dernière

Parallèlement, il existe quelques différences importantes qui sont susceptibles de pousser les marchés dans une nouvelle direction. L’une des principales différences est la plus grande divergence au niveau de la politique menée par les banques centrales : relèvement des taux par la Fed, poursuite de l’assouplissement monétaire par la BCE et la Banque du Japon et évolutions divergentes dans les marchés émergents. Par ailleurs, la situation s’est largement améliorée sur le marché du travail des économies développées, tandis que la reprise dans les pays périphériques de la zone euro est beaucoup plus solide (même l’indice PMI de la Grèce est repassé au-dessus de 50 !). Enfin, à la suite de la correction sur les marchés émergents et sur les actifs liés au cours du pétrole au cours de l’année écoulée, le point de départ est très différent de celui d’il y a un an, ou même six mois. Une grande partie des mauvaises nouvelles sont déjà intégrées dans les cours sur ces marchés, ce qui réduit le risque de contagion à d’autres marchés et à l’ensemble de l’économie.
Alors que ces différences permettent d’espérer un contexte de marché moins volatil durant l’année à venir, on observe l’apparition de nouveaux facteurs d’inquiétude. L’un de ces facteurs est l’intensification des tensions géopolitiques au Moyen-Orient (tensions entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, guerre contre l’EI et différend entre la Turquie et la Russie), tandis que la fragilité politique a aussi augmenté en Europe avec la crise des réfugiés qui renforce le succès des partis populistes dans de nombreux pays et qui a propulsé le risque d’un « Brexit » à des sommets sans précédent. En outre, la politique est de moins en moins claire en Espagne et au Portugal, alors que l’issue des élections américaines est plus imprévisible que jamais. Enfin, les perspectives pour la croissance bénéficiaire des entreprises sont moins brillantes qu’au cours des 3 dernières années.

Nous conservons une prise de risque limitée

Notamment en ce qui concerne notre allocation d’actifs. Alors que les signes d’une accélération à court terme de la croissance économique ou des bénéfices sont peu nombreux et que les signes suggérant un sentiment extrêmement prudent des investisseurs font toujours défaut (ce qui constituerait un signal contrariant), nous privilégions un positionnement plutôt défensif.

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