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« Il est trop tôt pour revenir sur les marchés émergents »

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L'analyse de Michael Aflalo, directeur des gestions chez BFT Investment Managers

Les marchés émergents bénéficient actuellement d’une décote de valorisation mais la dynamique actuelle reste favorable aux pays développés. Le phénomène de décollecte observé au détriment des pays émergents n’est peut-être pas achevé.
Les marchés émergents suscitent désormais une certaine défiance suite aux suspicions concernant la santé de l’économie chinoise. La diminution des cours des matières premières ajoute une difficulté supplémentaire pour de nombreuses économies émergentes qui tirent une grande partie de leurs ressources des acticité d’extraction. Faut-il pour autant se désintéresser des marchés émergents ? Pour répondre à cette question, il convient de regarder les cycles sur longue période. Le dernier point haut favorable aux pays émergents (vs/marchés développés) remonte à 2010. Or, ces cycles durent en moyenne de 6 à 8 ans. On pourrait donc estimer que le point de retournement favorable aux émergents pourrait arriver dès l’an prochain.

Les PER (cours sur bénéfices anticipés à 12 mois) pour 2016 ressortent à 11,2 pour les marchés émergents et 15,8 pour les marchés développés. Nous observons donc une décote de valorisation en faveur des pays émergents. Idem pour les prévisions de croissance des bénéfices par actions (BNPA) qui montent à +10,3% pour les marchés émergents contre +8,7% pour les marchés développés. La décote de valorisation et le différentiel de croissance des BNPA constituent assurément deux critères importants mais non suffisants pour justifier une modification de son allocation d’actifs.

Il convient également d’examiner attentivement les flux : de janvier 2007 à février 2013, 220 Mds$ de flux nets se sont positionnés sur la classe émergente mais depuis février 2013, 137 Mds$ sont sortis des pays émergents. Alors que la Fed s’apprête à relever ses taux directeurs, on peut estimer que le phénomène de « décollecte » des marchés émergents n’est peut-être pas complètement achevé. Une décision préjudiciable qui pourrait accentuer encore pour quelque temps les flux sortants.


Dynamique toujours favorable aux marchés développés

L’écart de performance de croissance entre pays développés et pays émergents s’est également réduit depuis 2010. Le Brésil et la Russie connaissent des difficultés majeures liées à la baisse brutale des cours des matières premières et du pétrole. Ce sont des pays qui n’ont pas profité de cette manne pour réformer suffisamment leur économie pendant les années fastes. En revanche, la Chine, largement importatrice de matières premières, poursuit le recentrage de son économie initialement basée sur les activités exportatrices et des investissements de capacités, vers un renforcement de sa demande intérieure. L’objectif affiché par le pouvoir chinois est de réaliser au moins 6,5% de croissance annuelle au cours des 5 prochaines années.

La dynamique actuelle de croissance reste cependant favorable aux pays développés plutôt qu’aux pays émergents : aux Etats-Unis comme en zone Euro, le taux de croissance du PIB devrait se situer au-dessus de la croissance potentielle. La faiblesse du prix du baril, le ralentissement du commerce mondial et les difficultés structurelles vont continuer à pénaliser les pays émergents en 2016 alors que les pays développés profitent de cette baisse des cours du pétrole, de la hausse de la consommation et de la poursuite des politiques monétaires accommodantes par leurs banques centrales. A ce titre, il nous paraît ainsi encore trop tôt pour revenir sur les pays émergents.

www.bft-im.fr

 

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