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Les banques centrales en première ligne

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Le rééquilibrage de la croissance voulue par les autorités chinoises s’avère plus délicat que prévu et ses répercussions dans le monde sont plus importantes qu’initialement estimé. De ce fait, en se lançant dans une surenchère de mesures non coopératives, les banques centrales demeurent plus que jamais en première ligne.
En dépit des sommes titanesques injectées par les principales banques centrales et le plongeon des cours du pétrole (-57% depuis juin 2014), l’économie mondiale devrait enregistrer sa plus faible progression depuis 2009.
Un tel paradoxe peut s’expliquer par les piètres performances des deux plus grandes économies mondiales et de leurs ondes de choc sur le reste de la planète : ainsi, l’activité aux Etats-Unis a connu un fort ralentissement au 3ème trimestre (+1,5% en rythme annualisé après +3,9% au 2ème trimestre), ce qui ne devrait pas l’empêcher d’enregistrer sa meilleure performance de la décennie (+2,6% en 2015).

Toutefois, pour 2016, les nuages n’ont cessé de s’amonceler au-dessus de l’économie américaine même si l’éventualité d’un nouveau « shutdown » a été récemment écartée pour les deux prochaines années. Nous pensons que le rythme de progression des dépenses des ménages devrait s’assagir au fur et à mesure que les effets de base favorables de la baisse des cours du pétrole disparaitront.

Par ailleurs, la flambée du dollar continuera de pénaliser encore davantage un secteur industriel au bord de l’asphyxie. Ces facteurs nous contraignent à réduire notre prévision de croissance pour la première puissance économique mondiale de 2,8 à 2,4% pour 2016.
D’autre part, vu le flou autour de la communication de la Réserve fédérale quant à ses intentions de remontée des taux, les autres banques centrales ont décidé de réagir afin d’empêcher une appréciation de leur devise. En effet, avec une cohorte d’indicateurs économiques en berne, le nouveau plan quinquennal chinois ne semble pas être en mesure d’enrayer le ralentissement structurel de la croissance du pays.
Dans ces conditions, la faiblesse de inflation (+1,6% sur une année en septembre 2014) a permis à la Banque centrale de procéder à une sixième baisse de son taux directeur depuis novembre 2014.

D’autres baisses de taux sont à attendre à court terme en Chine mais aussi en zone Euro où la BCE a promis une baisse du taux repo et une augmentation de la stimulation monétaire. Cette divergence de politiques monétaires entre la Fed et ses principales consœurs devrait soutenir le dollar, ce qui exacerbera la pression sur les émetteurs de dettes libellées en dollars en dehors des Etats-Unis. De plus, la hausse du dollar risque d’être durable, ce qui va non seulement mettre sous pression les bénéfices des entreprises américaines mais aussi entraîner à la baisse les prévisions de croissance des Etats-Unis. Selon une étude de la Fed de New-York, une appréciation de 10% du dollar a pour conséquence une baisse de la croissance d’environ 0,5 point l’année où se produit la hausse et 0,7% point l’année suivante.

Or, il n’est pas du tout certain que l’extension du programme de stimulation monétaire au Japon et en zone Euro parvienne à compenser ce ralentissement américain. D’où les nombreuses révisions à la baisse de la croissance mondiale pour l’année 2016.

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